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Que voulons-nous dire

en disant « je suis chrétien » ?

 

What Do We Mean When We Say, "I am Christian?"

 

Fred Plumer

pasteur de l’Église Unie du Christ
Irvine, Californie, États-Unis
président de
Progressivechristianity.org

 

 

14 août 2010

Il y a plus de dix que j’ai entendu pour la première fois l’étonnante interpellation : « Je ne me considère plus comme chrétien mais comme un disciple de Jésus ».
Interpellation d’autant plus étonnante qu’elle était proférée par un important bibliste et professeur d’histoire du christianisme primitif dans une faculté de théologie. A l’issue d’une conférence sur les premiers siècles du christianisme, au cours de laquelle il avait souligné les forces politiques et économiques qui ont marqué le développement et la nature de la première Église, une question lui fut posée :
- « Après tout, vous considérez-vous encore comme chrétien ? »
Les commentaires de sa réponse furent extrêmement intéressants. Nous étions presque tous des pasteurs libéraux et, à part un ou deux d’entre nous qui s’interrogeaient sur la formation que ce professeur devait donner à ses étudiants en théologie, nous étions foncièrement d’accord avec lui et affrontés au même problème.

Nous en sommes arrivés à nous demander si nous nous dirions nous-mêmes chrétiens si l’on nous poussait un peu. Nous reconnaissions que nous ne parlions guère de notre foi dans nos relations sociales et même que la plupart d’entre nous hésitions à dire que nous étions pasteur lorsque nous étions en vacances ou voyagions en avion par exemple.
Nous nous sommes demandé comment nous choisirions de nous nommer si nous en étions libres. « Disciples de Jésus » prêterait à malentendu. « Jésuites » nous aurait plu mais c’était déjà pris. « Christ-istes » comme on dit « bouddh-istes » aurait pu aller mais on nous a fait remarquer qu’il y avait déjà une secte - très fondamentaliste et conservatrice - qui s'appelait ainsi.
Bref, nous sommes tous finalement convenus que cette discussion avait été fort intéressante et je parie que la moitié d’entre nous en a tiré un ou deux sermons pour sa paroisse.

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Il faut aussi mentionner la déclaration publique de la romancière bien connue Anne Rice qui a dit :
- « Je demeure attachée au Christ comme avant mais je ne veux plus être "chrétienne" ni être membre de la "chrétienté". Je ne peux plus "appartenir" à ce groupe tracassier, méchant, discutailleur, et dévastateur. J’ai essayé pendant 10 ans. Je n’ai pas réussi. Je demeure marginale. Ma conscience ne me permet rien d’autre. »

Depuis une quinzaine d’années, je rencontre un nombre croissant de prêtres et de pasteurs troublés de voir leurs paroisses mourir et de se trouver en conflit avec elles parfois à propos de l’homosexualité ou de la politique mais plus souvent  à propos de la théologie. La plupart du temps les prédicateurs ne peuvent pas enseigner ce qu’ils ont appris durant leurs études et la manière dont ils ont été amenés à comprendre eux-mêmes la foi chrétienne, la Bible et la foi. Le résultat est une prédication incolore, inodore et sans saveur.
C’est peut-être pourquoi, selon plusieurs sondages récents, les Églises traditionnelles continuent à décliner de plus en plus rapidement et pourquoi le nombre de ceux qui se disent « spirituels et non religieux » s’accroît de manière exponentielle. De plus en plus de gens abandonnent les religions organisées et trouvent d’autres voies pour répondre à leurs besoins spirituels.

 

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Michael Rowe écrivait dans un article récent du Huffington Post :
- « Comme Anne Rice, nous nous sommes sentis enchaînés à des groupes de croyants qui ne représentent plus en rien ce que nous croyons et même qui incarnent le « contraire » de l’enseignement du Christ. »
Il serait facile d’en rendre responsables ces « groupes de croyants » mais nous en sommes nous aussi responsables d’une certaine manière. Ce que je crains c’est que trop de pasteurs se contentent de prendre des positions modérées dans le but de maintenir le calme dans leurs paroisses, mais ces demi-mesures ne peuvent, semble-t-il maintenant plus durer.

Il y a quelques mois, Richard Dawkins, leader du Mouvement des Nouveaux Athées (New Atheist movement) a écrit un article sur le mal et le trouble qu’il voit le christianisme apporter au monde :
- « Vous, les gentils pasteurs à la théologie modérée et aux sermons béatifiants, vous récusez le télévangéliste Pat Robertson lorsqu’il dit que les Haïtiens sont punis pour avoir fait un pacte avec le diable. Mais vous prêchez un homme-Dieu qui "chasse les démons", même si ce n’est pas ce que vous croyez vous-mêmes, c’est bien ce que vous laissez croire à vos paroissiens. Vous leur laissez croire que Jésus a vraiment guéri un fou en envoyant les "démons" qui le possédaient dans un troupeau de cochons qui s’est jeté du haut d’une falaise : charmante histoire qui encourage et inspire... »

 

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La déclaration de Anne Rice a provoqué d’intéressantes réactions. Certains la discréditent sous prétexte qu’elle vient de la tradition catholique. Mais les commentaires les plus fréquents sont :
« Si Anne Rice était venue dans notre Église, elle aurait vu que nous ne sommes pas comme elle dit ».
C’est d’ailleurs très bien car ces gens ont dû apprécier davantage encore leur Église après avoir écrit cela.

Il n’en demeure pas moins que la question demeure de savoir ce que l’on veut réellement exprimer en disant être chrétien. Qu’en est-il réellement de notre foi en un « homme-Dieu », en la vérité de la Bible ? Que disons-nous concrètement du salut par le sacrifice substitutif du Christ ?

La bonne nouvelle est qu’à l’instar de la discussion qui a suivi le professeur dont je parlais et des critiques du Mouvement des Nouveaux Athées, la déclaration de Anne Rice provoque un grand mouvement où les gens se mettent à lire, à écrire et à discuter entre eux et dans les Églises en une grande réflexion sérieuse sur le sens du christianisme pour notre 21siècle.

Il en est grand temps.

 

 

Traduction Gilles Castelnau

 

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