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Pâques est la révélation de Dieu


Michel Leconte

 


4 avril 2024

Combien de fois n’avons-nous pas entendu proclamer Christ est ressuscité ou dans le Credo : « a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort et a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour est ressuscité des morts, est monté aux cieux ». Jésus n’est pas ressuscité, c’est Dieu qui, pour se manifester, l’a ressuscité.

La foi chrétienne en la résurrection ne s’identifie pas simplement à une croyance en une survie de Jésus, un au-delà comme le laisserait supposer la compréhension commune de la résurrection de Jésus dont elle serait, pour les hommes, la prémisse. La croyance en la survie n’est pas spécifiquement chrétienne. L’évangile n’est pas hanté par l’espoir d’un retour au paradis perdu.

 

Toutes ces formules sont erronées. On met l’accent Jésus pour aux dépens de Dieu, c’est-à-dire le Christ Jésus aux dépens de l’objet de son message et de ses actes : son Père des cieux, celui qui fut la passion de toute sa vie, l’objet de ses actions et de ses gestes de guérison, celui pour qui il est allé jusqu’à la croix. Jésus n’est pas le centre de gravité de la résurrection. Celui qui est ressuscité avait été dangereux. C’est pourquoi les autorités religieuses de son peuple l’ont fait mourir. Le danger que Jésus représentait était celui d’un Dieu autre, peu conforme aux représentations de ses contemporains. C’est le Dieu de Jésus qui s’est attesté par la résurrection de son envoyé.

 

Luc, dans les Actes des apôtres corrige cette façon de proclamer la résurrection. Il précise : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus que vous aviez livré et que vous aviez refusé en présence de Pilate décidé, quant-à lui, à le relâcher. Vous avez refusé le Saint et le Juste, et vous avez réclamé pour vous la grâce d’un meurtrier. Le prince de la vie que vous aviez fait mourir, Dieu l’a ressuscité des morts — nous en sommes les témoins. » (Ac 3, 13-15). Dieu est bien l’auteur de la résurrection de Jésus et, en même temps, il en est l’acteur essentiel. C’est Dieu qui s’y manifeste.

 

Luc insiste fort justement : Jésus n’est pas ressuscité tout seul, c’est Dieu qui l’a relevé d’entre les morts car Dieu seul pouvait le faire. Pourquoi Dieu a-t-il ressuscité Jésus ? Parce que Jésus a bien parlé de lui par ses paroles et ses actes. Dieu s’est identifié au Dieu qu’avait effectué Jésus. Par conséquent la résurrection de Jésus est en fait la résurrection de ce Dieu serviteur qui attend le retour du fils prodigue pour le restaurer héritier de ses biens, un Dieu qui ne cautionne pas une Église dont l’identité exclut les autres, mais qui annonce le salut pour tous, y-compris les pécheurs, ce Dieu que les religieux de ce temps voulaient faire disparaître en assassinant son envoyé. La résurrection de Jésus est par conséquent la révélation définitive de Dieu par Dieu lui-même.

 

 

                         


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