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Confesser ses péchés
avant le repas du Seigneur ?
Danger de cette confession




 


 Michel Leconte

 


6 octobre 2023

 

Certes, l’Être humain est marqué par ses limites et sur le fait que nous ratons très souvent la cible de l’idéal. Cependant que penseriez-vous de quelqu’un que vous avez eu la joie d’inviter à un repas qui vous dirait avant de s’assoir à table, il faut que je m’humilie et vous dise tout ce que j’ai pu faire contre vous et parfois pour vous nuire ? Je pense que cela attristerait notre hôte.

 

Jésus, lui, invitait les pécheurs à sa table sans rien leur demander sur les fautes qu’ils avaient commise. Il nous a révélé un Dieu à l’amour inconditionné. C’est notre culpabilité infantile intrinsèque qui nous pousse à confesser nos fautes en préalables à ce qui préfigure le banquet du Royaume : le partage eucharistique. Il serait beaucoup mieux de présenter à Dieu nos actes de bonté comme le préconise Gilles Carbonnel dans la dernière publication de son blog.

 

J’ajoute que cette déclaration de culpabilité nous donne de l’importance à l’égard de notre hôte susceptible d’avoir été blessé de par notre péché, car nous tenons à avoir le pouvoir d’offenser, de blesser Dieu. La culpabilité naît de cette illusion.

 

Jésus a montré en maintes occasions qu’il n’avait pas peur du péché ni de l’impureté, péché auquel nous donnons une importance à la mesure de notre orgueil. Les péchés n’ont pas une telle importance devant Dieu.

 

Il ne s’agit pas de ne pas se reconnaître pécheur devant Dieu, nous sommes loin d’être des anges, mais l’eucharistie n’est pas le meilleur moment pour confesser ses fautes. Il s’agit de se réjouir d’être invité à ce qui préfigure le banquet du Royaume.

 

D’autre part, c’est une stratégie très courante de pathologiser la culpabilité pour affirmer qu’il y en a une qui serait toujours légitime. Ainsi on refoule et on oublie tout ce qu’il reste d’infantile inconscient dans tout humain, le plus psychiquement sain, qui le pousse à exhiber sa culpabilité devant Dieu, ce que la clinique psychanalytique présente couramment.

Hamartia, Du grec ancien ἁμαρτία qui a donné le mot péché, signifie simplement manquer la cible ou ratage ou erreur, ce qui n’a rien à voir avec un péché communément conçu à l’instar d’un quasi-crime.

 

La stratégie de notre culpabilité se fonde sur notre désir de toute-puissance, d’être comme des dieux (cf. Gn 3, 1-23), mais Dieu n’a pas peur de ce désir.

 

 




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