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Ascension



 Michel Leconte

 


23 mai 2023

 

Les anciens situaient la présence de Dieu dans les hauteurs des cieux selon leur conception d’un monde à trois étages constitué du ciel où Dieu demeurait, de la terre des hommes et des enfers qui étaient le lieu des puissance du mal. Dès lors, l’ascension de Jésus au ciel voulait indiquer la présence de Jésus à « la droite de Dieu » ainsi que l’affirme l’Écriture (pour les premières communautés chrétiennes, Jésus n’était pas Dieu, mais recevait ainsi la gloire divine, Dieu le faisait Seigneur et Christ comme le dit Pierre à la fin de son discours le jour de la Pentecôte (Ac 2,36).

 

Aujourd’hui nous dirions que Jésus est entré dans la transcendance divine pour nous donner son Esprit qui est l’Esprit du Père. C’est pourquoi le Jésus de l’Évangile de Jean affirme : « Il est bon pour vous que je m’en aille… » (Jean 16,7). La disparition du Jésus terrestre était indispensable pour nous prémunir d’une adoration idolâtre qui élève un homme marqué par la finitude au rang de l’infini divin au profit d’une inspiration par l’Esprit de Dieu qui l’animait lui-même durant son parcours terrestre.

Les protestants, en particulier réformés refusent l’affirmation selon laquelle Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu et disent que si Dieu se fait homme, c’est pour que l’homme devienne véritablement, authentiquement humain, et non pas pour qu'il devienne Dieu.

 

C’est l’absence du Jésus empirique qui ouvre à la possibilité de l’espace de la présence de Dieu. Espace que fermerait au contraire, en la comblant, tout objet empirique dont on prétendrait qu’il est l’équivalent ou le substitut de Jésus : Église, Écriture, Eucharistie ou un Jésus conçu comme pouvant faire partie de notre monde historique concret.

La foi chrétienne, c’est affirmer que Dieu est seul à être Dieu et à vivre de son Esprit révélé par son fils Jésus reconnu comme le Christ.

 

 

 



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