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Vers un réveil du christianisme


Hugues Lehnebach


pasteur de l'église protestante unie



Société des Écrivains

172 pages – 17 €



22 septembre 2022

Le pasteur Hugues Lehnebach a une maîtrise de sociologie en plus de sa maîtrise de théologie, ceci signe fort de son ouverture à la réalité de la société, de son évolution tout au long du passé jusqu’à la situation actuelle. Les importants groupes de réflexion qu’il a suscités jusqu’à tout récemment et bien au-delà de sa retraite pastorale réunissaient des croyants de diverses tendances lui ont donné une profonde connaissance de la manière dont nos contemporains vivent en réalité aujourd’hui leur spiritualité.
Dans cet important livre écrit dans un langage clair et vivant, il nous fait prendre conscience de l’évolution de la pensée religieuse dans le passé. Il passe notamment en revue Descartes, les philosophes des Lumières, Nietzsche, Spinoza, Feuerbach, Max Weber.
Il précise nos connaissances en ce qui concerne le courant théologique de la Mort de Dieu, la pensée de Paul Tillich et la théologie du Process, écoles théologiques qu’il connaît et comprend bien.
Il nous propose la mise à jour de notre catéchisme en ce qui concerne la Résurrection, la mort du Christ et la doctrine de son sacrifice expiatoire.
Il expose ce qu’il nomme « le cataclysme de la postmodernité » avec les méfaits du capitalisme, le nouvel ordre néolibéral, le totalitarisme économico technicien et... « le crépuscule de l’universel ».
Il culmine sa réflexion avec des perspectives d’avenir du christianisme, qui donnent effectivement le sens à son titre « Vers un réveil du christianisme » : le christianisme en difficulté, les épreuves du catholicisme, la disruption de l’Église, les Église émergentes, l’espérance apportée par l’évêque américain John Spong, la contribution de J.Moingt, celle du pasteur Laurent Schlumberger, ancien Président de l’Église protestante unie.
Nul doute qu’il intéressera vivement tous ceux qui recherchent le sens que peut avoir pour eux aujourd’hui la foi chrétienne et qu’il fera prendre conscience à tous qu’ils ne sont pas seuls à réfléchir – et parfois à désespérer – et qu’un peu de connaissance théologique les apaisera et les encouragera dans leur démarche de foi.
Que le pasteur Hugues Lehnebach soit remercié pour cette œuvre qui s’avérera bien utile pour beaucoup.

En voici quelques passages.



.


De l’antiquité vers la modernité

Le changement de paradigme

Modernité contre tradition

Comme l’a dit Max Weber, le monde s’est désenchanté. La raison critique et la libre expression du sujet individuel s’affirme. L’individu devient le législateur de sa vie. Le passé n’est plus considéré comme indépassable. Le changement est facteur de progrès. Il y a rupture avec le monde traditionnel, affirmation peu à peu de l’autonomie, de l’individualisme.


[...]

Contrecoup de la modernité sur la piété protestante


A l’opposé, un néo protestantisme, ou protestantisme libéral, se met alors peu à peu en place. Au milieu du 18e, le protestantisme effectue une rupture avec Luther et Calvin. Certains vont même juger les réformateurs archaïques, trop attachés aux pères de l’Église. Des petites brochures paraissent et soutiennent que le protestantisme est moderne, en phase avec la culture du temps. Au même moment Pie IX déclare la guerre à la modernité par la publication d’une encyclique, le Syllabus. Le courant des libéraux ou des novateurs naît à peu près à la même période. Ils veulent repenser et reformuler les doctrines pour dire la foi dans les catégories et le vocabulaire de leur temps, en tenant compte des réalités culturelles, scientifiques, philosophiques. Le libéralisme refuse l’autoritarisme, le dogmatisme, l’esprit d’orthodoxie.



Évolution de la notion de Dieu


Image de Dieu dans la théologie du process

Relation Dieu-monde

Pour les théologiens du process, Dieu est pensé comme une force de nouveauté et de créativité qui transforme le monde et qui ne cesse de l’ouvrir sur de nouvelles possibilités. Ces transformations visent à le rendre plus harmonieux, moins déchiré et torturé. John Cobb écrit : « Dieu est un amoureux du monde qui attire celui-ci toujours plus loin, au-delà de ce à quoi il est parvenu, en affirmant la vie, la nouveauté, la conscience et la liberté, encore et toujours. Dieu nous attire vers un avenir ouvert et non depuis un passé établi ».

Intervenant dans le monde, Dieu se laisse lui-même transformer par ce qui s’y produit. C’est sans doute là que réside la plus grande originalité de la théologie du Process. Dieu n’est pas impassible, lointain et indifférent. Il est affecté par les événements de l’histoire et de notre existence. Sa capacité à susciter une nouveauté est toujours en partie déterminée par l’état du monde présent et par l’ouverture des entités du réel aux forces persuasives de Dieu. Celui-ci ne peut en effet transformer le monde à sa guise. Il rencontre des résistances, s’affronte aux immobilismes et connaît des échecs. À défaut de pouvoir nous contraindre, il ne peut que nous persuader. C’est ainsi que, pour les théologiens du process, Dieu permet une nouveauté et se trouve lui-même renouvelé.

 


Mise à jour du catéchisme


Les origines du salut adopté par le christianisme

Très souvent, on entend dans les prédications une interprétation sacrificielle de la mort de Jésus : Jésus serait un sacrifice offert à Dieu pour qu'il nous pardonne. Les rituels de fa Sainte Cène et de l'eucharistie en sont la commémoration. Dieu exigerait une compensation pour tout le mal qui est dans le monde causé par nos fautes, et sa justice demanderait que les pécheurs paient le prix de leur péché par leur propre mort. Or, Jésus accepte de payer pour nous tous en mourant à notre place. Ainsi, Dieu se satisfait de la mort de son Fils à la place de la nôtre. Elle est le sacrifice d'une valeur infinie offert à Dieu pour le pardon de tous. Cette théologie est effroyable. Dieu serait-il alors un Dieu pervers ? Nous allons donc vérifier d'où peut venir cette étrange doctrine du salut. C'est à partir d'une réflexion de Spong que nous pouvons franchir les étapes de la quête du salut qui nous conduisent des récits bibliques au XXIe siècle.

 


 

Le cataclysme de la postmodernité



Le crépuscule de l’universel

Des idéologies différentes

Chacun d'entre les pays musulmans, asiatiques, russes, africains a sa propre culture, sa propre conception holistique du fonctionnement idéal de la société à laquelle il appartient. Chacun d'entre eux a une raison particulière de s'opposer à l'idéologie occidentale. Certes, chacun de ces pays cherche à obtenir ce qu'il trouve désirable : le progrès technique, médical, la recherche scientifique, mais il rejette tout ce qui va à l'encontre des fondements de sa culture. Ces pays réclament et cherchent à imposer une modernité d'un tout autre type que celui de I'Occident. Ils ne se revendiquent pas héritiers des Lumières, de la raison et du progrès, mais seulement disciples des économistes du néolibéralisme.

 



Perspectives d'avenir du christianisme


La disruption de l’Église


Dieu sans religion

Le renouveau de I’Église s'annonce donc dans la démultiplication de ces nombreuses rencontres que l'on voit vivre et dans lesquelles se partage l'annonce de l'Évangile dans les cercles qui se réunissent par exemple dans les Réseaux du Parvis, dans les petites paroisses sans pasteurs, dans les cercles d'Évangile et Liberté, et dans des centaines d'autres associations composées de chrétiens catholiques ou non qui se réunissent hors des institutions cléricales.


 

Les quelques jalons du réveil

Le parcours effectué jusqu'ici permet de repérer quelques indications sur les raisons d'espérer que se lèvent les initiatives qui susciteraient un réveil des Églises, un retour aux sources de l'Évangile. Le père Moingt insiste dans son testament spirituel sur un ressourcement dans l'Esprit du christianisme. Les espoirs et les propositions ne manquent pas pour assurer un renouvellement du christianisme. J. S. Spong privilégie la prise de conscience de l'erreur qui consisterait à en rester à une conception théiste totalement déconnectée de la culture contemporaine.

Il est celui qui insiste le plus pour éradiquer toute expression théiste du vocabulaire employé par les Églises. Dans de nombreux ouvrages, il démontre par ailleurs l'importance d'un renouvellement de l'exégèse.

Schlumberger se joindrait à eux deux pour dire que toute réforme de l'institution ne servirait à rien. Inutile donc de changer la liturgie, de mettre des hautparleurs en place pour diffuser une musique entraînante, d'imiter les évangéliques pour grossir les auditoires.

Accorder la prêtrise aux femmes ne serait pas une révolution dans l'Église catholique puisque la hiérarchisation de la prêtrise demeurerait avec l'inégalité de fait de la structure cléricale. L'emprise cléricale est un carcan qui justifie l'inégalité des fidèles.

On l'a vu dans notre citation des Eglises émergentes, des évangéliques rejoignent des théologiens libéraux comme Vouga, en démontrant qu'un retour au comportement de l'Église primitive, à la démultiplication des petits groupes de réflexion et de partage spirituel est une piste de réflexion prometteuse.

 


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