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Priska et Aquilas

Le temps des persécutions


Francis Willm

pasteur de l'Église protestante unie

 



Éd. Lulu.com et Amazon.com
230 pages

 

recension Gilles Castelnau

 



24 septembre 2021

Le pasteur Francis Willm poursuit ici de manière dynamique et colorée la saga de la famille chrétienne (imaginaire) de Priscilla et Aquilas.
Imaginaire car ces personnages n’existent que dans la créativité romanesque de l’auteur – et dans la nôtre évidemment lorsque nous avons lu leurs aventures et partagé leur quête spirituelle.
Mais justement Francis Willm en vrai pasteur, émaille ses récits des questions – et des réponses ! – religieuses qui faisaient la vie des anciens Romains, chrétiens ou non, et montre qu’elles rejoignent bien de nos réflexions.
Il met en scène les auteurs des évangiles et notamment Jean, en montrant bien leurs motivations et la réalité de leurs textes.
Nous sommes arrivés avec ce quatrième tome à la fin du 1er siècle de notre ère et Willm nous fait prendre conscience de l’évolution de la foi et de l’organisation de l’Église primitive.
Tout ceci se lit effectivement comme un roman, avec bonheur, intérêt et édification à la fois biblique et spirituelle.

En voici des passages


Rome

- Et ton livre, Luc, où en est-il ?
- Eh bien ! Il est terminé, les deux parties. Il en existe déjà plusieurs copies, grâce à des fidèles de nos assemblées qui se sont mis au travail. Et je vais vous faire un cadeau, parce que je vous aime bien, et aussi parce que je sais que cela vous sera très utile à l'avenir.
Luc va chercher sur une étagère un gros paquet de parchemins : en fait il a pu les faire relier pour former deux livres, c'est plus facile à lire et à transporter ! Les jeunes gens le remercient chaleureusement.
- Nous avons déjà le livre de Marc sur Jésus, dit Olivia. Moi je l'ai lu et relu, et j 'incite Phil. à le lire aussi.
- J'ai commencé, coupe Philippe en riant, c'est vrai que c'est très intéressant et j'apprends plein de choses sur ce Jésus au destin si curieux. Il y a des moments où j'ai l'impression que c'est Dieu qui veut me dire quelque chose à travers tel ou tel passage !
- Oui. Continuez, mes amis. Je connais le livre de Marc et je m'en suis souvent inspiré. Lui, il a écrit plutôt pour des communautés chrétiennes venant de la religion judéenne. Moi je m'adresse plutôt à celles venant du paganisme. Je sais que le livre de Marc circule dans les assemblées depuis plusieurs années, même depuis le désastre de Jérusalem et de la Judée.

 

 

Johan

L'automne est maintenant bien établi, avec ses matinées fraîches, ses couleurs parfois flamboyantes, ses journées de plus en plus courtes, mais toujours lumineuses. De temps en temps surgit du Midi une tempête, mue par un vent chaud et humide, accompagnée d'orages qui peuvent être violents. La vie à Ephèse est toujours aussi trépidante, le monde intellectuel bouillonne d'idées nouvelles ou anciennes. Le peuple croyant soupire après ses divinités et multiplie les rites et fêtes pour s'en approcher et quérir quelque bénédiction ou pardon... Les travailleurs de la terre s'activent pour recueillir les derniers fruits et préparer la nature à affronter un nouvel hiver.

La mer se met parfois en colère et il arrive que des pêcheurs imprudents y périssent. Les activités portuaires sont au ralenti, mais on en profite pour faire des travaux, réparer, innover, récurer les canaux qui conduisent vers le large. La police romaine reste toujours omniprésente mais discrète. La population semble paisible mais beaucoup vivent dans l'anxiété, en particulier les chrétiens, qui se savent particulièrement surveillés. De temps en temps la terre tremble, rappelant aux hommes leur fragilité. Enfin, au début de l'hiver des épidémies apparaissent et font beaucoup de victimes, surtout parmi la population âgée ou malade.

Aquilas et Priscilla savent qu'ils font partie de celle-ci. Ils ont tous deux atteint les soixante et dix ans et sont déjà reconnaissants d'avoir vécu tant d'années, si bien remplies. Ils ont eu très peur récemment avec la maladie de Priscilla, mais, Dieu merci, c'est du passé, quoiqu'elle-même reste bien fragile. Elle se dit qu'elle a réchappé plusieurs fois à la mort, mais rien de comparable avec ce qu'a vécu Paul. Elle n'oubliera jamais la tempête en mer, les accidents sur la route, les agressions, et surtout l'éruption du Vesuvius Mons ! Alors avec son cher mari ils font attention à leur santé, à leurs relations et aussi à leur comportement social, mais sans faire de concessions aux caprices de l'empereur. Comme avait dit l'apôtre Pierre aux magistrats qui l'avaient arrêté : « il vaut mieux obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes. »

[...]

Au cours de l'hiver, une fois assez remis pour pouvoir circuler et travailler, Philippe se consacre surtout à son travail juridique, dans une école réputée d'Ephèse. Il lui faudra sans doute aller à Rome pour faire certifier ce cursus d'études et être un avocat reconnu. Il ne va donc pas souvent chez Johan, mais se promet de participer à son petit groupe de travail théologique dès qu'il sera plus libre. A côté de ses études, il lit beaucoup les trois livres sur Jésus, les étudie, les compare et les recopie. Quand il voit Johan, il lui demande souvent de lui parler de son expérience de jeunesse, les moments passés aux côtés de Jésus et de ses disciples. Johan s'était fortement lié à Mariam, la mère du Seigneur, surtout après le décès de Joseph.

Après la résurrection, les frères et sœurs de Jésus s'étaient dispersés et la plupart s'étaient consacrés à l'évangélisation, parfois assez loin de la Judée. Jacques, lui, était resté à Jérusalem et avait pris la responsabilité de l'Église de Judée. Alors Johan était venu s'installer à Ephèse avec Mariam que Jésus, sur la croix, lui avait confiée. Il en parle à Philippe avec beaucoup d'affection, et sa mort lui avait causé une très grande peine. Sa discrétion, son humilité et sa disponibilité l'avaient beaucoup touché. Elle s'était toujours considérée comme « l'humble servante du Seigneur ».

 

[...]

Tu sais mon cher Phil que la vie a changé, depuis la destruction de Jérusalem et du Temple. Les Judéens semblent s'être séparés totalement de nous et sont plus agressifs. Les Romains aussi sont souvent violents, depuis l'avènement de Domitien. Tu es trop jeune, mais tes grands-parents ont bien remarqué que les chrétiens se refroidissent, ils sont moins disponibles à l'action de l'Esprit saint. s'attachent plus aux structures des communautés et attendent de moins en moins l'avènement du Règne de Dieu. Ceux qui viennent de la foi judéenne sont un peu perdus et décontenancés, depuis qu'ils sont rejetés des synagogues. Il faut donc les faire réfléchir, les réveiller et les recentrer sur l'essentiel : le salut que Dieu nous offre. par Jésus. De plus, des courants plus ou moins hérétiques se développent. On commence à trouver ici et là des groupes qui refusent de reconnaître la pleine humanité de Jésus de Nazareth et ils sèment le trouble dans nos assemblées... Dans une des communautés que j'accompagne, un certain Diotrephes me donne beaucoup de soucis ! Mais hélas il n'est pas le seul, c'est quand même navrant que même dans l'Eglise on trouve ainsi des opposants parfois violents...

 

Tentations


Par une belle journée d'hiver, les deux hommes partent courir sur un chemin après les remparts, entre les vignes et les oliveraies. La récolte des olives est terminée et certains commencent à tailler les arbres. Le temps est doux, l'atmosphère paisible. Au bout du chemin, ils s'assoient sous un olivier. Philippe, après une prière secrète, entame la conversation :
- Tu pratiques une religion, toi ? Et ta famille ?
- Ma mère est très fidèle au culte d'Artémis. Elle va souvent à des cérémonies, récite des prières... Mon père est d'origine judéenne mais n'est pas croyant. Les événements de Judée l'ont complètement écarté de toute religion. Moi, quand j'étais jeune, je suivais ma mère, sans beaucoup de conviction. On peut dire que je suis athée, comme de plus en plus d'intellectuels aujourd'hui. J'avais un frère plus jeune, qui est hélas mort dans un accident, il était plutôt attiré par la religion judéenne, à cause de copains d'école... Ce décès m'a définitivement éloigné de toute croyance en Dieu, comme le départ de mon amie.
- Et ta sœur ?
- Oh ! Je pense qu'elle se raccroche plutôt à la religion de notre mère. On n'en parle jamais. Et toi, Philippe ?
- Tu ne dis rien, le sujet te gêne ?
- Eh bien moi, je suis d'une famille judéenne. Mais ils sont presque tous devenus chrétiens, tu sais ce que c'est ?
- Oui, oui ! J'en ai connu un, il était très sympathique, puis sa famille a déménagé. Il m'a parlé un peu de sa croyance, ça m'a paru bizarre et presque incompréhensible, en tout cas inacceptable : un Dieu qui se laisse crucifier par les Romains. C’est quoi ça ? Mais tu ne m’as toujours pas dit pour toi !

 



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