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Espérer contre toute espérance


 

 

Jean-Denis Kraege

professeur à la Faculté de théologie protestante de Lausanne

 

Ed. van Dieren
80 pages – 11 €

voir aussi
Jean-Denis Kraege : Bible et parole de Dieu

 

recension Gilles Castelnau

 


3 avril 2020

Jean-Denis Kraege propose dans cet ouvrage de façon surprenante et renouvelée des réflexions très claires et revigorantes concernant notre foi et notre espérance.

Voici quelques uns de ses 87 paragraphes :

 

.

 


38

 

L’homme, une espérance de Dieu

On ne peut plus dire que le chrétien espère en Dieu, puisque Dieu est déjà réellement présent en tant que roi de sa vie. On découvre alors que la vie des humains est bien plutôt devenue l’espérance de Dieu, selon la belle expression de Charles Wagner ! Et, puisque Dieu espère en l’home, l’avenir de celui-ci est ouvert. Si Dieu est Dieu, il est, en effet, maître de l’avenir.

 

40

 

Œuvres ou grâce ?

On constate de manière quelque peu surprenante que l’humain qui espère en Dieu veut en général s’attirer les faveurs de Dieu par ses œuvres. Il le fait, par exemple, en contribuant à la réalisation de son royaume. On peut s’en étonner, car qui espère tout de Dieu devrait aussi attendre de lui et de lui seul la justification de sa vie. C’est sans compter avec le fait qu’à ses yeux cette justification ne sera réelle que dans l’avenir. Celui qui espère en Dieu ne peut dès lors se contenter d’attendre que Dieu intervienne. La promesse qu’un jour Dieu règnera n’est pas suffisante pour donner valeur et sens à sa vie présente. L’homme qui espère en Dieu se sent pas conséquent la responsabilité de donner par lui-même du sens à sa vie ou de se convaincre que sa vie a bien un sens. Ne rien faire et seulement attendre avec une immense espérance que Dieu règne, dispense ses bienfaits, justifie serait à ses yeux le comble du désespoir. Or comment mieux « réaliser » ce qu’il espère sinon en faisant des œuvres anticipatrices du royaume ?

L’homme qui, en revanche, se sait l’objet de l’espérance de Dieu sait que l’action de Dieu le précède, le pousse en avant, le fait vivre. Sa pratique n’est pas motivée ou stimulée par une récompense à recevoir dans un avenir incertain. Cette pratique au service de Dieu est motivée par tout ce que Dieu lui a déjà offert sans qu’il le méritât. Elle est stimulée par la reconnaissance à l’égard de Dieu pour tout ce qu’il a déjà réalisé et continue à réaliser pour lui. Par là Dieu lui montre bel et bien qu’il met son espoir en lui. La récompense, il l’a déjà reçue et ne cesse de la recevoir jour après jour. Quant au sens de sa vie, il lui est précisément donné par cette parole que Dieu lui a dite il y a longtemps déjà : « J’espère en toi. » Ce fut lorsque, plutôt que d’abandonner les humains à la misère dans laquelle ils s’étaient enfermés, il a jugé bon de venir à leur rencontre en l’un de leurs semblables.

 

 

41

 

Retournements

Celui qui espère en Dieu attend quelque chose de Dieu. Celui qui espère en Dieu attend de Dieu la reconnaissance de la justesse de sa vie. Qui est l’espoir de Dieu se sait inconditionnellement reconnu par Dieu. Qui espère en Dieu ne connaît pas sa valeur et fait d’énormes efforts pour se faire valoir. Qui est l’espoir de Dieu sait qu’il possède intrinsèquement une infinie valeur aux yeux de Dieu et n’a pas besoin de se faire valoir. Qui espère en Dieu espère que sa destinée est entre les mains de Dieu. Qui se sait l’espoir de Dieu, sait que sa destinée est entre les mains de Dieu. Qui espère en Dieu aspire à la libération. Qui se sait l’espoir de Dieu se sait déjà complètement libre. Qui espère en Dieu cherche à mettre chaque jour un peu plus sa confiance en Dieu. Qui se sait l’espoir de Dieu sait que Dieu lui fait confiance. Il répond alors à cette confiance première que Dieu met en lui par sa propre confiance placée totalement en Dieu.

 

 

51

 

Responsabilité envers le monde culturel

Dieu met tout son espoir en moi pour que, avec les moyens qu’il met à ma disposition, je me batte contre tout le mal que les hommes ne cessent de produire. Le monde culturel recouvre, en effet, tout ce que produisent les humains. Dieu compte ainsi sur moi pour que je me batte pour plus de justice dans tout ce qui régit la vie en société (lois, politique). Il me donne la responsabilité de lutter contre le mal dans le domaine de l’industrie humaine (artisanat, industrie, art). Il me confie encore des responsabilités tant dans le domaine économique que dans celui des idées (noosphère). A chaque fois, il s’agit de défendre sa cause et donc de lutter contre le mal.

 

 

 

78


Ramer en regardant le présent alors qu’on se dirige vers l’avenir


L’image est de SØren Kierkegaard pour dire la condition du croyant dans le temps.
« Dans la barque, le rameur tourne le dos au but vers lequel il s’efforce pourtant. Il en est de même du lendemain. Quand, grâce au secours de l’éternel, l’homme vit plongé dans le jour présent, il tourne le dos au lendemain. Et plus l’éternité l’y plonge, plus aussi il tourne délibérément le dos au lendemain qu’il ne voit donc pas. S’il se retourne, l’éternel se brouille à ses yeux et devient le lendemain. Mais quand, pour bien se diriger vers le but (l’éternité), il lui tourne le dos, il ne voit pas le moins du monde le lendemain, alors que grâce à l’éternel, il voit avec une parfaite netteté le jour présent et ses tâches. Et c’est ainsi qu’un homme doit s’orienter pour bien travailler aujourd’hui. Tout moment d’impatience où l’on veut regarder au but pour voir si l’on s’en approche un peu est toujours une cause de retard et de distraction. Non ; sois une fois pour toutes et sérieusement résolu et mets-toi au travail – le dos tourné au but. Ainsi fait le rameur dans la barque et de même le croyant. On pourrait penser qu’il est le plus éloigné de l’éternel auquel il tourne complètement le dos en vivant le jour présent, tandis qu’un autre cherche à découvrir cet éternel ; et pourtant, c’est le croyant qui en est le plus proche, alors que l’apocalyptique en est le plus éloigné. La foi tourne le dos à l’éternel justement parce qu’elle le détient le jour présent. » (Kierkegaard, 1981 : 68-69.)

 

 

82

 

Sans souci de cette vie après cette vie


L’espérance que Dieu met en moi selon laquelle je vais être tout entier à son service ici et maintenant est aussi libératrice par rapport à une autre préoccupation qui habite si souvent le cœur de l’homme. C’est la préoccupation de sa survie après son trépas. En me concentrant, en effet, sur mon seul présent, je sais que je n’ai pas à devenir maître de mon avenir. Il appartient à Dieu. S’il appartient à Dieu, alors, comme le dit l’apôtre Paul aux Romains : « Ni la mort, ni la vie, ni anges, ni principats, ni présent, ni avenir, ni puissances, ni hauteur, ni profondeur, ni aucune autre création, [absolument rien] ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur. » (8.38-39). Ce n’est pas la mort, mais Dieu qui a le dernier mot sur ma vie [...]

 



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