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L’Homme dans l’Univers


Les questions que nous posent
les découvertes de l’astrophysique

 

 

Jacques Giri

 

Ed. Karthala

Collection Sens & Conscience

228 pages - 21 €

 

Recension Gilles Castelnau

 


Voir aussi sur ce site :

Jacques Giri, Les Nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme

 

2 décembre 2017

Jacques Giri a deux engagements.
L’un dans les sciences exactes : il est polytechnicien et ingénieur de l’École des Mines. Sans être lui-même astronome il est néanmoins capable de comprendre ce qui se dit dans le monde de la cosmologie, ce que l’on y cherche, ce que l’on y découvre, les questions et les obscurités qu’y traversent les spécialistes. Il nous présente les nouvelles connaissances cosmologistes avec une clarté qui nous les fait – presque – comprendre.

Son autre engagement est dans la théologie et la spiritualité chrétiennes. Il se passionne pour la question des dogmes chrétiens et de leur importance pour la foi.
Il est donc capable de nous faire réfléchir – et de réfléchir lui-même – à la compatibilité des connaissances cosmologiques nouvelles, incroyablement nombreuses, avec les anciennes conceptions traditionnelles véhiculées par les formulations doctrinales et le langage liturgique des églises.

Sa science n’est en rien destructrice de la religion, et sa compréhension de la religion n’intervient pas non plus dans le droit qu’a la science de décrire notre univers.

Tout ceci nous rendra plus intelligents, déstabilisera les affirmations créationnistes des fondamentalistes et ouvrira les croyants raisonnables à une nouvelle compréhension de Dieu saisissante et magnifique.

En voici quelques pages


1

Du petit monde clos d’Aristote à l’Univers gigantesque du XXIe siècle


Quelles réflexions nous inspire un Univers devenu si grand ?

page 48

Imaginons un instant que les partisans de l'unicité de notre galaxie en 1920 aient eu raison et que notre Voie Lactée constitue tout l'Univers. Un siècle après, nous saurions que notre soleil n'est qu'une étoile parmi les centaines de milliards d'étoiles qu'elle contient. Nous saurions que notre planète n'est qu'un point dans notre gigantesque galaxie et nous en serions abasourdis.

Mais nous savons aujourd'hui que, en fait, notre Voie Lactée n'est elle-même qu'un point dans l'Univers, un point parmi les centaines de milliards de galaxies plus ou moins semblables à la nôtre qui peuplent l'Univers. Nous savons donc que les étoiles se comptent par milliers de milliards de milliards.
Copernic a dit déjà : nous sommes comme un point. Il faut dire aujourd’hui : nous sommes comme un point dans ce point. C'est un changement d’ordre de grandeur encore plus abasourdissant.

[...]

Dieu créateur. L'immensité que nous avons découverte ne confirme-t-elle pas abondamment cette toute puissance ? Certes, mais aurait-il créé un peu moins de milliards de galaxies, n'en aurait-il créé qu'une seule, et même celle-ci serait-elle naine, que nous aurions certainement été tout autant abasourdis par ses dimensions et par la profusion d'étoiles qu'elle contient et tout aussi admiratifs de sa toute puissance.

Cela n'amène-t-il pas à se poser une question : quel esprit intelligent et tout puissant aurait pu concevoir de créer un Univers aussi gigantesque pour en arriver à l'émergence d'une minuscule humanité qui n'y occupe aucune place privilégiée et qui se trouve confinée sur sa tout aussi minuscule planète avec la seule perspective d'en sortir pour visiter sa très proche banlieue, mais de ne pas pouvoir aller au-delà à terme prévisible ? Pourquoi aurait-il créé pour les hommes ces gigantesques étendues d'espace, ces gigantesques quantités d'énergie et de matière qui s'y trouvent ?

[...]

Tout de même, devant le gigantisme de sa création nous pouvons nous poser quelques questions même si nous sommes incapables de leur apporter des réponses convaincantes.

Mais l'hypothèse d'un créateur intelligent et tout puissant n'est pas la seule possible. La surabondance de matière et d’énergie dans l’Univers peut faire penser à un processus, un enchaînement de phénomènes obéissant à des lois et se déroulant inexorablement, remplissant l’espace d’une profusion d’objets célestes, sans qu’apparaisse un but vers lequel il tend. Nous aurons l’occasion de revenir sur cette hypothèse qui a aujourd’hui ses partisans.

 

 

2

De l’Univers statique à un Univers qui a une très longue histoire

 

Le Big Bang

page 64

Nos idées sur l'origine et sur l'âge de notre Univers ont été bouleversées au moins autant que nos idées sur ses dimensions : on est passé d'un univers statique à un univers qui a grandi et qui grandit toujours, ce que personne n'avait jamais imaginé, et on est passé d'un âge estimé à six milles ans à quelques millions puis à deux milliards puis à environ 13,8 milliards d'années, cette dernière estimation étant basée sur la constante de Hubble, c'est-à-dire sur le rapport entre la vitesse des galaxies et leur éloignement. Tout cela est aujourd’hui accepté par presque tous les scientifiques.

[...]

Un bouleversement majeur

page 74

La découverte d'un Univers qui a une très longue histoire en soulève un autre : pourquoi le Créateur supposé tout puissant et omniscient a-t-il choisi un processus qui a pris des milliards d'années avant de faire émerger l'homme ? Il aurait pu le créer en quelques instants comme l'enseignaient hier les religions monothéistes. Créer pour l'homme un univers qui donnera naissance à un être pensant plus de 13 milliards d'années après est pour le moins surprenant. On fera remarquer qu'un dieu créateur est en dehors du temps et que des milliards d'années ne représentent rien pour lui. Mais nous, nous sommes dans le temps et nous pouvons nous étonner.


 

3

L’histoire d’un Univers pas toujours paisible

 

Quelles réflexion cette histoire de l’Univers peut-elle nous inspirer aujourd’hui ?

page 94

La découverte récente et inattendue de phénomènes d'une violence inouïe dans notre Univers apporte de nouveaux sujets de réflexion. Les collisions de galaxies engendrant des galaxies plus importantes et expulsant des étoiles qui iront errer dans l'espace, les explosions d'étoiles comme celle des supernovas dont nous avons parlé dans un chapitre précédent, les trous noirs capturant la matière qui passe à leur portée et provoquant des éjections pouvant s'étendre sur des années-lumière de matière très chaude à des vitesses proches de celles de la lumière, et plus violentes encore, les rencontres de deux trous noirs comme celle qui s'est produite le 14 septembre 2015 et dont la violence exceptionnelle a été telle qu'elle a secoué l'Univers au point de démontrer que les ondes gravitationnelles existaient bien et au point de transformer, selon la célèbre formule E=MC2, une quantité de matière équivalente à trois masses solaires, matière que l'on ne retrouve pas après la collision, en une quantité énorme d'énergie projetée dans l'espace.

Une telle rencontre ne semble pas exceptionnelle car une autre collision entre deux trous noirs s'est produite quelque mois près. Ajoutons les rayons X et les rayons gamma qui proviennent d'événements particulièrement violents. Tout cela donne matière à réflexion.

[...]

Ces événements ne cadrent pas vraiment avec l'image d’un Univers paisible, bien ordonné, dans lequel un créateur se soucierait de toutes ses créatures, un Univers tel que l'on pouvait l'imaginer au temps de Racine qui écrivit dans Athalie :

Aux petits des oiseaux il donne la pâture
Et sa bonté s'étend à toute la nature.

 

 

5

De l’origine de la vie sur notre planète à l’apparition de l’homme

 

Où l’on reparle encore de réglage mais aussi du péché originel

page 137

Quelle que soit l'histoire des hominidés, qu'elle soit due seulement au hasard et à la nécessité ou à d'autres facteurs s'il y en a, une apparition soudaine de l'homme telle qu'elle est contée dans la Bible ou dans le Coran ne s'accorde pas du tout avec les découvertes des paléontologues. Et on n'imagine pas les premiers Homo sapiens dans les savanes d'Afrique de l'est, sans doute chasseurs et cueilleurs, récemment descendus des arbres où leurs ancêtres avaient vécu, désobéissant à un créateur qu'ils ne connaissaient pas et condamnés à gagner leur pain à la sueur de leur front et leurs femmes condamnées à accoucher dans la douleur, Cela semble totalement invraisemblable et cela ne repose sur aucun fondement autre que le récit biblique.

Du coup, l’idée d'un péché du premier homme transmis à tous ses descendants de génération en génération et appelé péché originel, la nécessité d'une rédemption de l'humanité par un sauveur de nature divine, le recours à un prix payé par le sacrifice de ce sauveur pour que les hommes soient réconciliés avec Dieu, ne se trouvent-ils pas remis en question ?

[...]

On conclura ce chapitre par une citation d'un cosmologue américain, Carl Sagan : « Les humains sont le résultat d'un chemin évolutif d'une exquise complexité, plein de faux départs, d'impasses et d'accidents statistiques. » Le hasard est-il seul intervenu pour éviter les embûches qui n'ont pas manqué sur ce long chemin ? Ou une force organisationnelle s'en serait-elle chargée ? Mais dans ce cas, n'est-ce pas l'auteur de cette force qui avait conçu un plan de voyage d'une exquise complexité ? N'aurait-il pas pu choisir un chemin plus court, plus sécurisé, sans aléas, sans bricolage ? Les voies de Dieu sont insondables, disent les exégètes lorsqu'ils éprouvent des difficultés à comprendre les textes fondateurs qu'ils étudient.

 

 

6

Sommes-nous seuls dans l’Univers

 

Une avancée majeure : la découverte des exoplanètes

page 150

Si difficile que soit la chasse aux exoplanètes, les premiers succès acquis ont déterminé un intérêt croissant pour cette activité. La première exoplanète a été trouvée en 1995. Depuis cette date, les découvertes n'ont pas cessé et, en 2017, il y a plus de 3000 planètes qui sont situées à moins d'un millier d'années-lumière de notre Soleil dont l'identification comme pouvant a priori accueillir la vie a été confirmée et quelques milliers qui attendent la confirmation de leur découverte. Commencée de façon on peut dire artisanale, cette recherche a été en quelque sorte industrialisée par le lancement dans l'espace en 2009 du télescope Képler construit à cette fin et largement automatisé.

Si l'on extrapole ces découvertes faites dans le voisinage de notre planète à l'ensemble de notre galaxie, celle-ci pourrait compter de l'ordre de 100 milliards de planètes !

Il faut probablement s'attendre à ce que seule une infime partie de ces planètes aient les caractéristiques requises pour que le vie puisse y apparaître.

 


9

A la recherche de réponses pour les temps nouveaux

 

Vers un nouveau panthéisme ?

page 216

Plus récemment, le philosophe Michel Maxime Egger, un Suisse né catholique et qui s'est converti à l'orthodoxie parce que cette Église lui paraissait mieux comprendre les rapports entre l'homme et la nature, propose un nouveau panthéisme ou plutôt un panenthéisme, un terme que l'on pourrait caractériser par la formule : « tout est en Dieu ». (voir sur ce site « panenthéisme ») En fait ce n'est pas vraiment une nouveauté car c'est une notion élaborée dans les années 1820 par l'Allemand Karl Krause et reprise ensuite par plusieurs philosophes.

« Il ne s'agit pas, écrit Egger, de diviniser la nature mais de se laisser saisir par la présence de Dieu dans la nature. Dieu est dans l'Univers, l'Univers est en Dieu. » On peut comprendre que pour les panthéistes Dieu est entièrement dans l'Univers alors que pour les panenthéistes l'Univers est contenu en Dieu mais que Dieu ne se limite pas à l'Univers, il est plus grand que lui. Cela change l'image que les panthéistes traditionnels avaient de Dieu et paraît plus acceptable par le christianisme. Les théologiens sauront-ils nous démontrer qu'il est compatible avec le dogme de l’incarnation ?

 

 


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