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Vous ne pouvez pas
dire le Credo ?


Can’t Say The Creed… ?

 

Donald Feist

pasteur presbytérien à Dunedin, Nouvelle Zélande



Article paru dans le journal Otago Daily Times

en février 2007

traduction Gilles Castelnau

12 juin 2017

Le 23 janvier Garth George critiquait dans ce journal l’évêque Richard Randerson qui s’exprimait sur une question devenue brûlante pour de nombreux fidèles qui s’estiment exclus de l’Église par la rigidité de ses affirmations.

Garth George écrivait qu’en critiquant le Credo, Richard Randerson contredit l’engagement qu’il a pris en acceptant d’être consacré évêque. Garth George pense que l’Église n’a rien à faire de pasteurs qui récusent ses doctrines concernant Dieu, Jésus et la foi chrétienne traditionnelle. La question doit être posée de savoir si l’évêque Richard Randerson accomplit loyalement son devoir envers l’institution de l’Église et le remplit de manière acceptable.

Mais M. George ne tient pas compte du fait que l’évêque Richard Randerson n’est pas seulement un employé de l’institution qui le paye. Il est aussi un homme qui s’efforce de mener une vie chrétienne et un responsable ecclésiastique chargé d’aider les fidèles à suivre la voie du Christ. M. George a tout à fait raison de dire que l’évêque Richard Randerson récuse certaines doctrines de l’Église. Et en ceci Richard Randerson est loin d’être le seul.

L’évêque John Robinson, l’évêque John Spong et le professeur Lloyd Geering ont tous trois affirmé que de nombreuses doctrines traditionnelles de l’Église ne sont plus acceptables.
Des milliers d’autres membres de l’Église pensent aussi qu’ils ne peuvent honnêtement pas adhérer à certaines doctrines de leur Église. Et beaucoup plus encore ont quitté l’Église pour les mêmes raisons de doctrines tout en demeurant fidèles disciples de Jésus.
Pour tous ces gens, le problème n’est pas de suivre l’enseignement et la vie de Jésus mais bien plutôt que l’Église exige une manière d’en parler extrêmement encadrée.

Pourtant depuis la Réforme, presque tous les groupes qui ont rompu avec l’Église catholique ont jugé nécessaire de préciser leur position en rédigeant une confession de foi, un credo ou un catéchisme qui s’ajoutait à l’ancien symbole des Apôtres et à celui de Nicée. Ces formulations concernant la foi, Dieu, l’enseignement de l’Église ont alors pris une nouvelle importance, tant pour la communauté concernée qui approfondissait ainsi sa propre compréhension d’elle-même que pour les autres Églises qu’elles interpellaient ainsi. Les credo traditionnels n’avaient jamais été capables de susciter à ce point une réflexion théologique. Mais depuis le temps de la Réformation, le monde a… dramatiquement changé. Il y a eu une explosion de questionnement sur notre humanité et sur le monde, ainsi que sur la manière dont nous pratiquions ce questionnement, dont nous acceptions de déclarer qu’une chose est vraie. C’est ainsi que de nombreuses formulations théologiques traditionnelles se sont avérées problématiques et embarrassantes pour beaucoup de gens.

M. George voudrait que les responsables d’Églises qui n’acceptent plus certaines déclaration anciennes n’en disent rien ou démissionnent de leur charge. Certains pensent comme lui en disant qu’ils affaiblissent l’Église dont les membres doivent savoir clairement ce qu’il faut croire pour conserver leur unité.
Mais quelle est donc la raison d’être de l’Église ? Est-ce de constituer un élément stable et fort dans un monde qui change ou est-ce d’aider les gens à être disciples de Jésus ? Dans le premier cas il faut, en effet parvenir à faire taire les recherches – honnêtes et intelligentes – comme celle de l’évêque Randerson. Mais s’il s’agit d’aider les gens à mener une vie chrétienne, marginaliser les penseurs les plus créatifs et imaginatifs serait aussi absurde et destructeur que l’a été la Révolution culturelle chinoise qui élimina les intelligences les plus novatrices.

Prétendre que l’on ne peut pas être au 21e siècle un véritable disciple de Jésus si l’on n’admet pas les formulations religieuses d’autrefois exclut, d’une part, un nombre croissant de fidèles qui se détournent des anciens credo et d’autre part rend l’Église de moins en moins capable de comprendre les besoins religieux de nos contemporains. C’est aussi une trahison de la véritable vocation de l’Église en rendant les doctrines plus importantes que les hommes.

Il y a, certes, encore de nos jours, des gens qui se sentent en sécurité dans une Église monolithique, hiérarchique et autoritaire. Mais cela répugne à de plus en plus de gens. L’Église doit désormais découvrir l’humilité et s’ouvrir aux gens tels qu’ils sont.

Si l’Église exigeait la démission de tout prêtre ou pasteur qui recherche une manière nouvelle de transmettre les choses anciennes, elle trahirait sa véritable raison d’être qui est d’être au service du peuple et donc de Dieu et, du coup, elle se dirigerait rapidement vers l’insignifiance.

 


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