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Ernesto Cardenal

théologien de la Libération du Nicaragua

 

Le Père Ernesto Cardenal est décédé le 1er mars 2020.

 

 

Gilles Castelnau


 Voir aussi sur ce site
Père Maurice Barth, Théologie de la libération
Père Michel Anglarès : Théologie catholique de la libération

 



11 mars 2020


Il est de ceux qui ont sauvé l’honneur de l’Église chrétienne en Amérique latine alors qu’elle laissait sans mot dire les pauvres s’enfoncer dans la misère. Il a fait partie du grand mouvement de la théologie de la libération au même titre que certains de ses éminents collègues :

• Père Leonardo Bof, franciscain du Brésil. condamné en 1985 par le Vatican à 18 mois de silence pénitentiel. Il quitte le sacerdoce en 1992.

• Archevêque Oscar Romero, du Salvador, assassiné 1980. par les escadrons de la mort d’extrême droite.

• Dom Helder Camara évêque du Brésil (né 1910) qui disait :

« Lorsque je nourrissais les pauvres on disait que j’étais un saint.
Et lorsque je demandais pourquoi ils étaient pauvres on me reprochait d’être communiste ! »

• Père Gustavo Gutierrez au Pérou.

• Mgr Miguel Estéban, évêque en Argentine

On se souviendra de l’image qui a fait le tour du monde lors de la visite du pape Jean-Paul II au Nicaragua en 1983 : Ernesto Cardenal s’était agenouillé pour lui demander sa bénédiction. Mais le pape la lui a refusée en lui reprochant, le doigt levé, ses positions trop à gauche et l’a suspendu de son sacerdoce en lui interdisant de célébrer désormais la messe.
Le pape François a levé cette suspension et a envoyé son nonce apostolique pour réhabiliter Ernesto Cardenal en célébrant solennellement avec lui sa première messe depuis 36 ans.

Le Père Maurice Barth, dominicain, responsable en son temps des droits de l’homme à la Cimade soulignait ainsi l’importance de la théologie de la Libération :

Je suis allé en Amérique latine où j'ai été mis pour la première en contact avec les pauvres, avec des femmes qui me racontaient leur calvaire, me suppliaient de les aider, de parler de leurs souffrances à mes concitoyens, à nos gouvernements : elles avaient eu un mari, un père, un fils assassiné, torturé, disparu...
Je n'oublierai jamais ces visages. Ce n'est pas seulement la misère, c'est l'angoisse, la peur, la présence permanente de la brutalité, de la mort. La pauvreté aussi est une violence car elle est impose par des structures inhumaines, par une classe de privilégiés qui s'enrichissent de la misère des autres, refusent tout changement, et défendent leur fortune par la force.

Voici, d’ailleurs, quelques lignes d'une messe qu’Ernesto Cardenal a pu célébrer au Nicaragua et qui résume bien la spiritualité qui y régnait :

Tu es le Dieu des pauvres,
le Dieu humain et simple.
Le Dieu qui transpire dans la rue,
Le Dieu au visage basané.
C'est pourquoi je te parle dans mon langage,
Car tu es le Dieu ouvrier,
Le Christ travailleur.
Tu marches, main dans la main avec nous ;
Tu luttes avec nous aux champs et dans la ville ;
Tu es là, au campement,
Tu fais la queue pour ton salaire.
Tu manges une glace avec Sebio et Pancho
Et tu protestes comme eux
Contre le manque de miel dans le sirop.
Je t'ai vu au comptoir de l'épicerie,
Vendre sans honte les billets de loterie.
Je t'ai vu en salopette et gants de travail
Servir l'essence, gonfler les pneus...

Et une confession de foi, qui n’était pas destinée à remplacer le symbole traditionnel de Nicée-Constantinople mais à le concrétiser :

Je crois en toi, compagnon,
Christ humain, Christ ouvrier,
Vainqueur de la mort.
Par ton sacrifice immense
Tu as engendré l'homme nouveau pour la liberté.
Tu ressuscites tous les jours dans chaque bras
Qui se lève pour défendre le peuple
De la domination des exploiteurs.
Car tu es vivant au ranch, à l'usine, à l'école.
Je crois en ta lutte sans trêve.
Je crois en ta Résurrection.

 


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