pasteur de l’Église Unie du Christ en Californie
traduction Google
Le christianisme progressiste connaît un regain d’intérêt, ses leaders bénéficiant d’une forte médiatisation suite à leur arrestation lors de manifestations contre le traitement inhumain des immigrants par l’ICE, et à leurs prises de position contre la menace croissante de tyrannie aux États-Unis. Les pasteurs fondamentalistes s’en prennent violemment aux chrétiens progressistes, les accusant d’être envoyés par Satan pour égarer les fidèles. De nombreux anciens évangéliques rejoignent les églises progressistes, en quête d’une foi plus humaine et plus sensée.
Mais qu’est-ce que le christianisme progressiste, au juste ?
Avant tout, c’est une forme de foi sans doctrine figée. Le christianisme progressiste n’est pas monolithique ; il ne se laisse pas enfermer dans un dogme rigide. Ma réponse à cette question n’est donc que cela : ma réponse, et non la réponse définitive pour tous les chrétiens progressistes ! J’espère qu’elle vous aidera à vous forger votre propre opinion. Si nous pouvons parler clairement de notre foi, nous serons bien mieux à même de la mettre en pratique dans nos vies et dans le monde.
« Dieu est amour. » Ce passage de la première lettre de Jean dans le Nouveau Testament marque le début et la fin du christianisme progressiste. Dieu est-il plus que l’amour ? Cette question mérite un débat plus approfondi. Mais si Dieu n’est ni plus ni moins que l’amour, il est en tout cas pleinement divin ! Il est extraordinaire de penser que, de cet univers immense, en perpétuelle création, destruction et recréation, l’amour a émergé, du moins sur cette petite planète perdue dans un coin reculé du cosmos. Au-delà de l’amour familial et amical, un amour a émergé qui s’étend même aux ennemis, qui s’étend à l’univers tout entier. Le christianisme progressiste célèbre et cultive cet amour inconditionnel – « agapè » en grec biblique. S’il existe en Dieu plus que cet amour, les chrétiens progressistes sont heureux de l’explorer, mais l’amour « agapè » est ce qui compte le plus pour nous. Parce que l’amour est personnel, nous parlons de Dieu comme d’une personne. Mais chaque fois que nous utilisons le mot « Dieu », nous parlons en réalité en poésie, car notre expérience de l’amour divin inconditionnel est si bouleversante qu’il nous est difficile de la décrire avec des mots.
Pour nous, la prière ne consiste pas à demander des faveurs à un Dieu surnaturel et inaccessible – bien qu’il n’y ait rien de mal à cela. La prière est plutôt une pratique contemplative qui nous dépouille de notre ego et nous identifie au Soi avec un grand Soi, le Dieu d’amour. En portant une attention bienveillante à nos pensées, nos émotions et nos sensations corporelles, en nous détachant des définitions, des jugements et des opinions, nous cessons de nous identifier à ces expériences et endossons le rôle divin de l’Observateur compatissant en nous. Cette attention priante et concentrée se répercute sur nos relations avec autrui, nous permettant de leur accorder une attention profonde et sans jugement, et de mieux les servir selon leurs besoins.
Les chrétiens progressistes lisent la Bible comme le langage de leur foi. Nous utilisons avec créativité sa poésie et ses récits anciens pour accéder à notre propre expérience spirituelle et l’exprimer aujourd’hui. La Bible est la parole des hommes sur leur cheminement spirituel, et non la parole d’un Dieu surnaturel dictant la façon dont les gens doivent vivre et croire aujourd’hui. Nous la prenons au sérieux mais nous n’avons pas à la prendre au pied de la lettre. Les récits bibliques ont émergé de l’inconscient collectif de l’humanité. Ses mythes sont savants par leur puissante résonance avec les âmes à travers les siècles. L’histoire des Évangiles relatant le ministère de Jésus est peut-être le plus grand mythe jamais conté ! Mais nous reconnaissons que d’autres religions peuvent être aussi bénéfiques pour autrui que la nôtre l’est pour nous : nous sommes pluralistes religieux, désireux d’apprendre des autres religions et d’intégrer certaines de leurs pratiques à la nôtre. Le chemin de Jésus était celui de l’humilité. Il entra à Jérusalem non pas sur un cheval hautain, mais sur un âne humble. Comment la religion d’un homme si humble pourrait-elle s’enorgueillir au point de prétendre être la seule vraie foi ? Les chrétiens progressistes aspirent à cette humilité dans leurs relations avec les personnes d’autres confessions ou sans religion.
Les chrétiens progressistes s’efforcent de suivre la voie de la compassion radicale prônée par Jésus. Jésus était un être pleinement humain qui a trouvé en lui-même le Dieu de l’amour « agapè ». Selon les mots de saint Paul, il s’est « dépouillé lui-même » et a pris la condition d’esclave. Jésus a mis son ego de côté et a compris que son essence même ne faisait qu’un avec l’amour qui est Dieu. Et il a enseigné aux autres à faire et à être de même. Il était un mystique – un homme qui aspirait à l’union avec le divin – et sa voie nous conduit nous aussi à devenir des mystiques. Assurément, le Jésus historique était d’une bonté extraordinaire et d’un grand éveil spirituel. Mais après son exécution par les Romains, qui le considéraient comme une menace pour leur domination en Israël, des mythes se sont tissés autour de sa mémoire, que l’on retrouve dans les quatre Évangiles du Nouveau Testament. Ces récits mythologiques de Jésus n’ont pas besoin d’être pris au pied de la lettre pour nous transformer et nous guider sur son chemin
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