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Visite du Paris protestant

au temps de la Réforme

 

 

 3e partie

 

 

Saint-Germain l'Auxerrois. Le 24 août 1572, jour de la Saint-Barthélemy, la cloche de cette église donna le signal du massacre des protestants.

 

Saint-Germain-l'Auxerrois

Il ne faut pas confondre le beffroi néo-gothique édifié entre la mairie du 1er arrondissement et l'église (à gauche sur la photo) avec le clocher carré de Saint-Germain l'Auxerrois qui dépasse au-dessus du toit à droite.

 

L'amiral de Coligny. La rue qui passe devant l'église Saint-Germain l'Auxerrois se nomme rue de l'Amiral de Coligny. Celui-ci demeurait à l'emplacement du 136 de l'actuelle rue de Rivoli qui n'existait pas encore.

 

la plaque commémorative

Une plaque commémorant cet événement a été apposée par erreur au N° 144. C'est là qu'il fut assassiné le jour de la Saint-Barthélemy après avoir été victime quelques jours avant d'une première tentative d'assassinat. 

 

statue de l'amiral de Coligny rue de Rivoli

Une statue de l'amiral se trouve rue de Rivoli, près de l'angle de la rue de l'Oratoire, derrière le temple. (La date de naissance de l'amiral indiquée en 1517 est erronée : il est né en 1519).

Le carillon du beffroi de la mairie est, avec ses 40 cloches, un des plus importants de France. En souvenir de la triste sonnerie de la Saint-Barthélemy, il joue tous les jours le cantique de Luther (« C'est un rempart que notre Dieu ») à 20 h et le dimanche à 12 h 45.

 

La Saint-Barthélemy à Paris. J. Garisson-Estèbe admet qu'elle s'est déroulée à en quatre temps.

. 1 . Catherine de Médicis, mère du roi Charles IX était jalouse de l'influence que l'amiral de Coligny prenait sur son fils et inquiète de leurs projets de guerre (guerre contre l'Espagne pour soutenir le désir d'émancipation des protestants des Provinces-Unies, qui appartenaient alors à la catholique Espagne). Elle encourage les très catholiques Guise à exercer leur vendetta sur l'amiral.

. 2 . Charles IX, apprenant par sa mère qu'elle est complice de l'attentat manqué, se lasse convaincre qu'il ne peut sauver la couronne qu'en faisant tuer tous les gentilshommes huguenots rassemblés à Paris pour le mariage d'Henri de Navarre (futur Henri IV) et de Marguerite de Valois, sœur de Charles IX (la reine Margot).

. 3 . Pour cela, il a besoin du concours de la municipalité et de la population de Paris. Celles-ci, chauffées par les prédicateurs, en font beaucoup plus qu'on ne leur demandait, le 24 août et les jours suivants.

. 4 . Dans les provinces, les explications embarrassées du pouvoir royal font croire aux catholiques qu'ils doivent ou qu'ils peuvent suivre l'exemple de Paris. (Histoire du christianisme, Desclée, 1992)

 On estime qu'après la Saint-Barthélemy, il ne restait à Paris que 15 000 protestants, c'est-à-dire un habitant sur vingt.
Henri de Navarre réussit à échapper au massacre, ainsi qu'Ambroise Paré, Sully qui brandissait un livre de messe... Les cadavres furent jetés dans la Seine. Beaucoup furent recueillis et enterrés en aval à l'endroit de l'actuelle tour Eiffel.

 

La place de la Croix-du-Trahoir

 

Fontaine de la place de la Croix-du-Trahoir

Cette petite place se trouve à l’angle de la rue Saint-Honoré et de la rue de l’Arbre-Sec. (Un « arbre-sec » était une potence). La croix de pierre, détruite aujourd'hui, était destinée aux nombreux suppliciés, roués, décapités ou pendus qui y furent exécutés lorsque la place de Grève n'était pas disponible, par exemple à cause d'une fête.

Le marquis de Bonneson, protestant reconnu coupable d’avoir enfreint l’interdiction de Louis XIV aux gentilshommes de se rassembler y fut décapité le 22 août 1659.



Nymphe de la Croix-du-Trahoir

Son dernier regard fut peut-être pour la nymphe sculptée sur la fontaine par son coreligionnaire Jean Goujon. (La nymphe actuelle est une reproduction de celle de Jean Goujon réalisée en 1776 sous le règne de Louis XVI.)

L'affaire des « placards »
Des affiches insultantes contre la messe rédigées par deux pasteurs français réfugiés à Neuchâtel, Guillaume Farel et Antoine Marcourt et un pasteur suisse Pierre Viret, imprimées par un imprimeur français également réfugié à Neuchâtel, furent affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 à Paris et dans toute la France et même sur la porte de la chambre royale du roi François Ier au château d’Amboise, ce qui le mit dans une rage folle.
Le 21 janvier 1535, François 1er, « pour apaiser l'ire de Dieu » et en expiation du sacrilège commis, fit faire la plus belle procession que l'on vit jamais en France. Les chasses de sainte Geneviève, de saint Marceau, toutes les chasses des églises de Paris sans exception, « le fer de la lance », « le précieux chapeau d'épines » et toutes les reliques de la Sainte-Chapelle y furent solennellement portées. L'évêque de Paris, Jean du Bellay, portait le corpus domini sur lequel il y avait le riche ciel du roi. Le dauphin, le duc d'Angoulême et les enfants du roi, le duc de Vendôme en portaient les quatre coins.
Devant le Corpus domini marchaient toutes les paroisses, les archers du roi et les suisses en bon ordre avec leurs tambourins, puis les neuf gentilshommes du roi avec leurs haches d'armes, enfin messeigneurs les cardinaux de Tournon, de Lisieux et de Châtillon, tous nus-têtes.
Après le saint sacrement, marchait à pied le roi lui-même vêtu d'une robe de velours noir fourrée de martres, nu-tête et portant en ses mains une grande torche de cire blanche allumée. À côté de lui cheminait le cardinal de Lorraine ; ils étaient suivis des princes du sang et des plus grands personnages tous nus-têtes avec une torche de cire aux écussons de France. Puis venaient le Parlement, la cour des comptes, la Ville, le lieutenant de la prévôté de Paris, l'Université. Partie de Saint-Germain l'Auxerrois, la procession gagna Notre-Dame. La grand'messe dite, le roi et la reine allèrent dîner chez monseigneur l'évêque de Paris.
Pour achever la fête on brûla l'après-midi six « luthériens » à savoir trois à la Croix du Trahoir : Maître Simon Foutret, natif de Cusset en Auvergne, chantre du roi ; Audebert Valeton, receveur de Nantes. On avait trouvé dans sa demeure, près de la Croix du Trahoir, des livres luthériens qui furent brûlés avec lui ; Maître Nicole Lhuillier, clerc du greffe du Châtelet.
Les trois autres furent brûlés aux Halles après avoir fait amende honorable devant Notre-Dame. C'étaient un riche fruitier des Halles, Jean Lenfant, un faiseur de petits paniers de fil d'archal et un menuisier dont le nom est resté inconnu. Driart raconte à ce propos que l'on avait dressé huit potences, quatre à la Croix du Trahoir et quatre aux Halles, car on devait exécuter huit luthériens mais « pour quelque cause » il n'en fut exécuté que six. Les malheureuses victimes furent conduites au supplice, deux par deux, dans six tombereaux de voierie. Un autre tombereau les précédait, chargé, celui-là, de « grands sacs de livres de la fausse et mauvaise doctrine de Luther. » (Chronique parisienne, p. 176).

Le lendemain, 22 janvier, dit le Journal d'un bourgeois de Paris fut brûlée la femme d'un cordonnier demeurant près de l'église Saint-Séverin. Elle était maîtresse d'école et « mangeait de la viande les vendredis et samedis. » Driart dit qu'elle était « luthérienne » et âgée d'environ trente-six ans. Menée dans un tombereau devant Notre-Dame, elle y fit amende honorable puis, ramenée à l'abreuvoir Popin, elle « fut pendue à une potence et laissée choir au feu toute vive. » Martyrologe de Crespin.

14 novembre 1534. « Jean du Bourg, marchand de Paris, monstra en ceste persécution qu'elle connoissance de l'Évangile il avoit receuë de Dieu, c'est assavoir ferme et fondée sur le rocher qui est Jésus-Christ ; car ni bien, ni parentage ne le seut onques divertir et esbranler de la vérité. Son logis estoit à l'entrée de la rue Sainct Denis, à l'enseigne du cheval noir, faisant estat de marchandise de drapperie. Il fut bruslé aux Halles, lieu publique de Paris. »

 

Saint-Gervais-Saint-Protais. La façade fut dessinée en 1616 par l'architecte protestant Salomon de Brosse - également auteur du temple de Charenton - Il est paradoxal que ce soit un protestant qui ait adopté pour la première fois à Paris le style jésuite de la contre-réforme.

 

Le pont Neuf est l'œuvre de l'architecte protestant Jacques Androuet du Cerceau (Son père, également prénommé Jacques était, lui aussi architecte du roi. Son frère Baptiste serait, selon certains, l'auteur du Pont Neuf. Leur surnom du Cerceau provient sans doute d'une enseigne représentant un cerceau qui se trouvait à proximité de la demeure familiale). Architecte du roi, il travailla également à la partie occidentale de la Grande Galerie du Louvre et au mausolée des Valois à Saint-Denis. Il remania la façade du château de Fontainebleau et en construisit notamment le fameux escalier. Il édifia  à Paris l'hôtel de Sully et restaura le Pont-au-Change.
Il était d'une grande ferveur religieuse et souffrit des persécutions de l'époque.

Jacques Androuet du Cerceau. Excellent architecte du Roi, lequel aima mieux quitter l'amitié du Roi et renoncer à ses promesses que d'aller à la messe. Et après avoir abandonné sa maison qu'il avait nouvellement bâtie avec grand artifice au commencement du Pré aux Clercs, il prit congé du Roi, le suppliant de ne pas trouver mauvais qu'il fût aussi fidèle à Dieu qu'il l'avait été et le serait toujours à sa Majesté. (Journal de l'Estoile, cité par La France Protestante d'Eugène Haag).

 

La Conciergerie. La tour de l'Horloge, à section carrée servait de prison pour de nombreux protestants en attente de leur exécution. Ce fut le cas de Louis de Berquin et d'Anne du Bourg.

 

La tour de l'Horloge

 

Pendant la Révolution, le pasteur Rabaut Saint-Étienne y attendit la mort.

 

Place de l'Hôtel de Ville, autrefois nommée place de Grève. Elle était à l'époque environ quatre fois plus petite qu'aujourd'hui. Longue est la liste des martyrs qui y périrent

Louis de Berquin y fut étranglé et brûlé en 1529 pour avoir traduit en français des ouvrages de Luther. Protégé par François Ier, on profita d'une absence du roi pour le condamner à mort à l'issue d'un procès rapide.

Anne du Bourg, brûlé vif la veille de Noël 1559. Conseiller au Parlement, protestant lui-même, il avait eu le courage de prendre la défense de ses coreligionnaires devant le Parlement et en présence du roi Henri II. Il avait été arrêté sur le champ par le comte Gabriel de Montgomery, capitaine de la garde, qui était lui aussi protestant.

Gabriel de Montgomery, partenaire d'Henri II dans la tournoi qui lui fut fatal en 1559 devant le palais des Tournelles, au lieu de l'actuelle place des Vosges fut envoyé à l'échafaud en 1574, pour cause de protestantisme, par Catherine de Médicis qui ne lui avait pas pardonné cet accident.

 

Le temple de Charenton. L'édit de Nantes n'autorisait pas de temple à Paris et tout culte protestant y était interdit.

Les gentilshommes y étaient assidus aussi bien que les plus modestes artisans. Sully s'y rendait avec les siens. Les parisiens désireux de suivre des « prêches » se rendaient au temple de Grigny par carrosse ou par coche d'eau en embarquant place de Grève ou au pont de la Tournelle ; plus tard au temple d'Ablon (c'est là que Sully maria sa fille en février 1605), en empruntant le coche d'eau qui reliait Paris à Corbeil, d'où son nom de « corbillard » ; enfin au temple de Charenton à partir de 1606 et sur permission expresse du roi : l'édit de Nantes prévoyait en effet que le culte ne pourrait être célébré à moins de cinq lieues d'un siège épiscopal ; certains ayant fait remarquer au roi Henri IV que Charonton était plus près que cela, celui répliqua, dit-on, que désormais « Charenton serait réputé être à cinq lieues de Paris ».
On embarquait le dimanche matin à la pointe de l'île de la Cité, derrière le chevet de Notre-Dame; on chantait des psaumes durant le trajet, après avoir dépassé les faubourgs. D'autres y allaient à pied par la porte Saint-Antoine et la rue de Charenton. Ils étaient parfois l'objet d'insultes et de jets de pierres dans les faubourgs.

En 1621 le temple de Charenton fut brûlé à la suite d'une émeute. Il fut reconstruit sur les plans de Salomon Debrosse et contenait 4000 places.
Isaac Casaubon, professeur de grec, raconte dans son journal personnel qu'un dimanche matin, le bateau qui conduisait à Ablon ayant chaviré, il était arrivé avec sa famille trop tard pour le premier service et juste à temps pour assister au second, mais qu'il s'était dédommagé en lisant sur le bateau, au retour, une étude sur l'Apocalypse et quelques psaumes.

Le temple de Charenton fut rasé en 1685 à la révocation de l'édit de Nantes ; une stèle marque son emplacement, sur l'actuelle commune de Saint-Maurice, à l'angle nord-est des rues du Maréchal Leclerc et du Val-d'Osne, en face du Moulin de la Chaussée.

 

Angle de la rue Saint-Denis et de la rue des Lombards.

 

l'emplacement de la maison protestante jamais reconstruite

La maison qui se trouvait à l'angle nord-ouest de ce carrefour fut détruite, quelques années avant la révocation de l'Édit de Nantes, pour avoir abrité un cute protestant. Il fut expressément interdit de jamais la reconstruire. Son emplacement demeure vide encore aujourd'hui. Irène Droit présente ainsi ce triste événement :

A la fin de 1568, rue St-Denis, juste au coin de la rue des Lombards, la maison qui fait l'angle de la rue, c'est celle de Philippe et Richard de Gastines, bien connus dans le petit tout-Paris de l'époque pour leur fervente adhésion au protestantisme. C'est pourtant interdit à l'époque, dans le royaume de France : mais, comme tant d'autres, la famille de Gastines, avec leur gendre Nicolas Croquet, continuent de célébrer dans leur maison des cultes réformés et de chanter les psaumes.
En juin 1569, ils sont tous les trois condamnés à mort, le 28, et exécutés deux jours après sur la place de Grève à Paris, aujourd'hui place de l'Hôtel de Ville, le jeudi 30 juin 1569. Agrippa d'Aubigné relate l'événement dans Les Tragiques.
La condamnation ne s'arrête pas là. Leur maison est détruite, l'emplacement est entièrement rasé, avec décision du parlement de ne rien reconstruire à cet endroit. On peut encore de nos jours en consulter le décret aux Archives Nationales. Et sur cet endroit désert, là même où le pâté de maisons est en manque d'une maison, on érige une gigantesque croix (en tant que symbole du catholicisme romain), signe de victoire et d'expiation contre ce qu'on appelle « l'hérésie huguenote ». Elle devient vite célèbre sous le nom de « croix de Gastines ».
De nombreux ouvrages rapportent l'événement, entre autres Beneath the Cross de Barbara Diefendorf, (Oxford University Press), Lumière des martyrs de Frank Lestringant (éd. Honoré Champion), et La France Protestante, histoire et lieux de mémoire (Dir. M. Chaleil - J. Poujol, éd. De Paris - éd. La Cause).
Mais l'amiral de Coligny, converti au protestantisme, fait enlever la croix de Gastines, en décembre 1571, dans une ambiance d'émeute du peuple de Paris.

 

Les six premiers pasteurs arrêtés à Paris

Parmi les pasteurs qui ne craignirent pas de s'exposer à la mort en rentrant en France, six furent arrêtés à Paris. Leur ministère ne dura que deux années au plus, et pour plusieurs une année à peine.

Ils présidaient clandestinement de petits cultes auxquels assistaient, à Paris, de 12 à 15 personnes. Ils exhortaient les nouveaux convertis à entrer dans l'Église réformée et distribuaient la cène. Ils ne sortaient jamais le jour, à moins qu'il n'y eut nécessité de visiter les malades. Ils étaient reçus dans des familles qui ne craignaient pas d'exposer pour eux leur liberté et leurs biens.

lis furent tous arrêtés dans les années 1689 - 1692. Ils furent envoyés, sans jugement, finir leur vie à l'île Sainte-Marguerite, devant Cannes. Ils devaient y être « privés de toute communication avec qui que ce soit ». Il leur était interdit de chanter des psaumes et personne ne devait même savoir leurs noms. On leur refusait du papier pour écrire. Un jour, l'un d'entre eux grava quelques lignes sur de la vaisselle d'étain, dans l'espoir qu'il pourrait les faire parvenir à sa famille : on leur donna désormais à manger dans de la vaisselle en terre. Ils n'eurent« jamais ni bois ni chandelle pour se chauffer et s'éclairer ; ils couchaient sur quatre mauvaises planches, avec une paillasse et un vieux matelas de bourre, sans rideaux et étaient réduits à un seul repas par jour ». Aucun ne fut libéré. Quatre d'entre eux y perdirent la raison.

Voici leurs noms :

Paul Cardel. Il fut emprisonné à l'île Sainte-Marguerite en 1689 et devint fou dix-huit mois après. Il mourut le 23 mai 1694.

Pierre de Salve de Bruneton. Arrêté à Paris le 10 janvier 1690 presque aussitôt après son arrivée dans la ville. On trouva sur lui un sermon ; le docteur catholique chargé de le lire en fit le rapport suivant : « Il n'y a rien dans ce sermon qui paraisse contraire aux sentiments de l'Église ». Après deux mois de détention il devint fou. On ignore la date de sa mort.

Lestang. Il avait été pasteur en Guyenne. Le roi se montra « très inquiet » de le savoir à Paris. Arrêté, il perdit lui aussi la raison et on n'entendit plus parler de lui.

Mathieu de Malzac. Né à Uzès en 1657. Pasteur près de Castres. Il put exercer à Paris et en Normandie un ministère de deux ans. Sa captivité dura 33 ans, de 1692 à 1725.

Élisée Giraud. Originaire de Bergerac. Un chasseur de prime alla le chercher en Hollande et réussit à l'amener à Paris. Il y fut arrêté le 3 mai 1692.

Gardien Givry. Né en 1647. son ministère ne dura que sept mois et demi mais pendant ce temps-là il réussit à fonder sept Églises en Normandie. Il fut arrêté le même jour que Giraud. L'un des deux perdit la raison mais on ne sait lequel.

 

Liberté religieuse rendue à Paris

En 1787 les persécutions avaient cessé et un édit royal rendit aux protestants le droit à un état-civil. Le premier culte fut possible à Paris le 7 juin 1789, rue Mondétour dans une arrière-salle pour noces et banquets louée à un marchand de vin puis, en février ou mars 1790, au 105 de la rue Dauphine, dans l'hôtel où Antoine Court de Gébelin avait logé sa société savante appelée le Musée de Paris. 

L'église Saint-Louis du Louvre. En 1791 avec autorisation du Directoire, la Municipalité loua l'église de Saint-Louis du Louvre, alors vacante, à « une société de personnes professant la religion protestante » et le dimanche 22 mai eut lieu la« première assemblée publique du culte protestant ».

L'Oratoire du Louvre. Vers 1806, Napoléon Ier souhaitant joindre le Louvre aux Tuileries décida de faire démolir l'église Saint-Louis du Louvre et mit à la disposition de l'Église réformée l'Oratoire du Louvre dont la Révolution avait fait un magasin de décors de la Comédie française. Le premier culte solennel et l'inauguration du nouveau temple eurent lieu le 31 mars 1811.

 

La démolition de Saint-Louis du Louvre

 

Paul-Henry Marron fut le premier pasteur de l'Église réformée de Paris, d'abord à Saint-Louis du Louvre puis à l'Oratoire du Louvre jusqu'à sa mort en 1832. Sa position en tant que pasteur fut parfois fort difficile. Il fut même arrêté par deux fois en juin 1794 sous la Terreur et emprisonné pour avoir continué clandestinement à marier et à baptiser malgré les blocages de Robespierre.

 

Le protestantisme qui était exsangue après ces siècles de persécutions se vit attribuer trois autres églises catholiques alors désaffectées et qui servent toujours actuellement au culte protestant : Sainte-Marie-des-Anges, rue du Faubourg Saint-Antoine, Pentemont rue de Grenelle, Les Billettes, rue des Archives.

 

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