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26 avril 2011
Au premier abord, cette exposition laisse l’impression d’un ennui puritain et poussiéreux. Et il est vrai que la spiritualité protestante hollandaise du 17e siècle, que Rembrandt représente si bien, est fort différente du catholicisme flamand, français ou italien.
Voyons Rubens, le grand artiste d’Anvers.

Rubens, Le Christ remet les clés du Royaume de Dieu à Saint-Pierre
Rubens crée de la beauté. Certes la figure du Christ qu’il représente n’est pas sans douceur et sans humanité. Le catholique flamand reconnaîtra sa foi dans ce beau visage auréolé d’un discret cercle de lumière et cette tunique d’une blancheur immaculée. Le Christ se penche avec bienveillance sur Pierre mais il oblige celui-ci à s’incliner bien davantage qu’il ne serait nécessaire pour recevoir ces fameuses « clés du Royaume de Dieu », symboles de l’absolu de la papauté. Pierre semble même lui baiser la main avec dévotion et vénération.
Les somptueuses couleurs des vêtements, la beauté expressive des visages des disciples, la lumière brillante illuminant la scène nous situent en plein enthousiasme baroque. Nous sommes à notre tour séduits par cet univers enchanté, coloré, heureux et doctrinalement conforme à la théologie officielle.
Rembrandt peint le Christ comme représentant d’une humanité humble, souffrante peut-être, méditative. Ses personnages sont intériorisés, leurs pensées centrées sur les profondeurs de leur âme.
Il se peint d’ailleurs lui-même en de nombreux autoportraits sans indulgence.
La figure du Christ qu’il nous montre est, elle aussi, imprégnée de cette humanité sans hauteur, sans orgueil, sans couleurs mais riche du mystère suggéré dans l’authenticité de l’épaisseur de la vie humaine tissée de misère, de souffrance, de courage et de force, de compassion...
Poussin le Français installé à Rome
Poussin la femme adultère
Poussin ne voit dans l’épisode de la femme adultère qu’un prétexte à peindre une grande scène où s’agitent en tous sens, des hommes vêtus de couleurs vives faisant contraste avec les murs gris et vides d’une ville improbable, sans qu’aucune signification ne se manifeste. Jésus, que l’on ne distingue que par un geste raide du bras droit, se confond avec les figurants. On sent bien que l’abandon de la Loi de Moïse qui ordonnait la lapidation de l’adultère et l’ouverture dès lors au monde de la grâce bienveillante n’était pas le souci de Poussin.

Rembrandt la femme adultère
L’immense espace qui s’élève bien haut au-dessus des personnages attribue une importance considérable, universelle peut-être, à la scène représentée.
Une femme en blanc agenouillée et en larmes, désignée de la main par un homme vêtu de noir, Jésus dont la haute taille tranche sur les autres n’est vêtu que d’un modeste vêtement brun, mais sa tête inclinée et son attitude paisible semblent figer les mouvements et immobiliser toute la scène. Le spectateur se trouve captivé par une atmosphère pathétique. Le moment est fascinant. Rembrandt donne un profond rayonnement à la figure du Christ qu’il nous propose.
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Rembrandt, Pèlerins d'Emmaüs
Cet étonnant tableau qui appartient au Louvre vient d'être restauré et c'est lui qui nous accueille au début de l'exposition.