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Les fastes des Médicis

 

Musée Maillol de Paris

jusqu’au 31 mars 2010

 

 

Gilles Castelnau



 

28 octobre 2010

 

C’est une belle exposition qu’a organisée sa commissaire Maria Sframeli, directeur du Museo degli Argenti, au palais Pitti de Florence. Merveilles des objets d’art, manuscrits enluminés, tableaux de Botticelli et du Bronzino, camées, bronzes...

Dans l’explosion artistique de la Renaissance italienne, la famille des Médicis avait le goût des belles choses et s’en entourait. Le musée Maillol nous en donne un exemple attrayant.

 

Sandro Botticelli, Adoration des mages, 1476

 

Les protagonistes de la scène ont naturellement les traits des Médicis, de Cosme l’Ancien (au centre, en mage agenouillé devant la Vierge) à ses petit-fils Laurent (probablement à droite, en noir) et Julien, en passant par la génération intermédiaire de Pierre et de Jean (les deux autres mages). Ils remettent au Christ enfant des vases d’or identiques à ceux des collections du palais familial. On reconnaît également les humanistes Politien et Pic de la Mirandole, ainsi qu’à l’extrême droite un autoportrait de Botticelli.

 

Agnolo Bronzino, Éléonore de Tolède, 1543.

Fille du vice-roi de Naples, épouse de Cosme de Médicis. La bague qu’elle porte au petit doigt est présentée dans la vitrine.

Deux reines de France sont naturellement représentées.

- Catherine de Médicis, épouse du roi Henri II de France, mère des rois François II, Charles IX (celui de la Saint-Barthélemy) et Henri III ainsi que de Marguerite de Navarre qui fut la première épouse du roi Henri IV.

- Marie de Médicis qui fut la seconde épouse d’Henri IV.

Deux papes

- Le 11 mai 1513, Jean de Médicis fut élu pape sous le nom de Léon X.

 

Raphaël, Léon X (détail)

La commissaire de l’exposition Maria Sframeli le présente ainsi :

Second fils de Laurent le Magnifique, il avait été éduqué dans le milieu raffiné de la Florence de la fin du Quattrocento. Ses neuf années de pontificat furent un moment de prospérité culturelle durant lequel le pape réunit autour de lui les plus grands génies de son temps, à commencer par Michel-Ange et Raphaël.

Il avait reçu la tonsure à 7 ans et le chapeau de cardinal à 13 ans. Il fut élu pape à 38 ans. C’est le pape qui excommunia en 1520 le Réformateur Martin Luther.
Fils de Laurent le Magnifique, vrai prince de la Renaissance, il était esthète et cultivé en matière d’art mais n'avait pas fait d’études de théologie et ne manifestait aucun intérêt pour la religion. Et c’est ainsi qu’il déclencha la naissance du protestantisme.

- En 1523, ce fut Jules de Médicis qui accéda au trône pontifical et sous le règne duquel l’Angleterre bascula à son tour en 1533 dans le protestantisme à l’occasion du remariage du roi Henri VIII.

 

Agnolo Bronzino, Clément VII

La commissaire en dit :

Fils naturel de Julien, le frère du Magnifique, on lui doit des réalisations importantes, comme la bibliothèque laurentienne de Florence et la commande du « Jugement dernier » de Michel-Ange dans la chapelle Sixtine. Clément VII enrichit la bibliothèque vaticane, poursuit la construction de la basilique Saint-Pierre et fit terminer les travaux de la cour de San Damaso et de la villa Madama. Il chargea Michel-Ange de représenter le Jugement dernier dans la chapelle Sixtine, travaux qu'il suivit personnellement. Il commenta et fit publier toutes les œuvres d'Hippocrate. Il approuva l'œuvre de Nicolas Copernic et voulut la voir publier.

Comme son cousin Léon X, ce pape avait d’excellentes préoccupations artistiques - et politiques sans doute - qui lui occupaient beaucoup plus la pensée que la Réforme !

 


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