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SpiritualitÉ des images





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Hans Grundig, Am Stadtrand  [En bordure de la ville], 1926

 

 


Allemagne
années 20
Nouvelle objectivité





Centre Pompidou
jusqu'au 5 septembre 2022



Gilles Castelnau
 

 

 



20 mai 2022

 

 

Allemagne, années 1920. La Grande Guerre est finie. L’Allemagne est vaincue, écrasée. La gloire prétentieuse du Kaiser Guillaume II qui croyait à l’hégémonie européenne de l’Empire est lourdement retombée. Le peuple allemand qui pensait gagner la guerre est humilié. Et c’est toute son économie qui s’effondre dans une inflation dantesque.


Les tableaux des années 20 que présente cette exposition ne montrent que des visages fermés, des yeux morts, et communiquent une atmosphère saisissante de dépression sans espoir.


Beaucoup de monde la visite, surtout des jeunes, individuellement ou par groupes dans un lourd silence.

Il faut dire que la presse et les médias nous répètent constamment que la déprime règne actuellement en France. Les hommes politiques eux-mêmes ne disent pas autre chose lorsqu'ils affirment tous, chacun à sa manière, qu'il convient de relever notre pays de l’effondrement dans lequel il s’est laissé entraîner.


Les jeunes aussi, dit-on. Yahoo titrait ce matin :

 

Le sadfishing est une tendance psycho qui consiste à afficher son mal-être sur les réseaux sociaux.

Vous l'avez peut-être remarqué : en ce moment, les réseaux sociaux ne respirent pas le bonheur. Sur TikTok, Instagram ou encore Snapchat, les stars (comme Bella Hadid, Kendall Jenner ou Travis Scott) mettent en scène leur mal-être à grands renforts de filtres "crying" ("en pleurs"), de photos en noir et blanc, de crying selfies ("selfies en pleurs"), de stories émouvantes et autres témoignages de désespoir. Et les hashtags les plus populaires sont #anxiety (#anxiété), #cry (#pleurer) et #breakup (#rupture)...

Cette tendance, qui consiste donc à mettre en scène sa souffrance (et surtout à l'accentuer !) sur les réseaux sociaux, porte un nom : le sadfishing. Un terme que l'on pourrait traduire par l'idée de vouloir toucher de nouvelles personnes par l'intermédiaire d'une souffrance partagée.

 

 

Hans Grundig, Am Stadtrand  [En bordure de la ville], 1926


Ce tableau est placé ci-dessus en exergue. Cette famille est effectivement hagarde. Les arbres sont morts, ce n’est pourtant pas l’hiver qui aurait imposé des vêtements chauds. Le ciel est vraiment noir. La lumière est glauque.

En Europe aujourd’hui on pense naturellement aux réfugiés ukrainiens. Mais la situation de l’Allemagne à laquelle pensait Hans Grundig était encore bien plus profondément désastreuse que celle de l’Ukraine et évidemment celle de la France !


 

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Christian Schad, Anna Gabbioneta, 1927


Il n’y a pas de soleil dans le ciel, la lumière est froide. Les immeubles sont raides et sans vie. Et l’expression figée de cette grande jeune fille révèle le malheur dans lequel elle vit.

 


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Otto Dix, An die Schönheit (Selbstbildnis) [A la beauté (Autoportrait)], 1922


L’excellent cartel de la commissaire Angela Lampe, conservateur du musée, dit ceci :

 

Otto Dix réalise ici un portrait de la société urbaine allemande en assemblant comme dans un collage plusieurs éléments disparates. Un buste de salon de coiffure, un couple de danseurs mondains, une prostituée à la poitrine dénudée, un musicien de jazz afro-américain et deux serveurs en smoking se côtoient sans interagir dans un étrange décor de dancing. Au centre, l’artiste se représente, le visage poudré et inexpressif, vêtu d’un costume élégant et tenant dans sa main un téléphone comme un businessman affairé. Derrière un titre ironique, Dix révèle la laideur d’une époque qui cherche dans les divertissements et la course au plaisir un moyen d’échapper à la crise économique et politique que traverse alors l’Allemagne.

 

 

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Heinrich Hoerle, Selbstbildnis [Autoportrait], vers 1031


Heinrich Hoerle se représente en une sorte de mort vivant, mannequin de bois raide et sans âme.

 

 

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 Gert Heinrich Wollheim, Abschied von Düsseldorf [Adieux à Düsseldorf], 1924


Ce jeune peintre part s’installer à Berlin et fait ses adieux à la ville de Düsseldorf. La fête semble réussie et animée mais tous ses éléments sont artificiels. Lui-même s’est coiffé d’un haut-de-forme invraisemblable et s’incline dans une méditation inappropriée sans tenir compte du geste de la fille, perdue dans sa douleur, qui lui tient le bras – sans y prêter attention. D’autres dansent avec des gestes tout à fait improbables. La gaité ne peut qu’être imaginaire dans l’Allemagne des années 20. Il n’y a sans doute guère d’autres manières de secouer le poids du malheur ambiant.


 

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Otto Dix, Bildnis der Journalistin Sylvia von Harden [Portrait de la journaliste Sylvia von Harden] 1926


Peut-être Sylvia von Harden recherche-t-elle cette émancipation avec courage et détermination dans le travail plutôt que superficiellement dans la fête. Le cartel nous apprend qu’elle était journaliste à Berlin et ne craignait pas de s’assoir seule à une table de café et d’y fumer une cigarette. Renouveau féminin dynamique et créatif.

Une caricature aussi laide pourrait être considérée comme déplaisante mais c’est peut-être précisément le fait de l’assumer qui valorise ce nouveau visage de la femme.

 

 

 

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Albert Birkle, Kurfürstendam, 1924


Un sentiment social se développait librement depuis la chute de l’Empire et le socialisme y renaissait. Albert Birkle se préoccupe des petites gens dont les revenus ont fondu comme neige au soleil sous les terribles dévaluations successives. On peut même compter les côtes du cheval qui participe bizarrement au mouvement de la foule populaire et dont la maigreur évoque évidemment celle des autres personnes.


 

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Heinrich Maria Davringhausen Der Schieber [Le Profiteur],  1920-1921

 

Cet homme d’affaires « profiteur » est violemment dénoncé par tous les éléments posés sur son bureau.

Une pensée de gauche le rend évidemment responsable du sort lamentable de la majorité de la population.

 

 



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