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SpiritualitÉ des images





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Émile Friant, Les Amoureux, 1888
 



Le théâtre des émotions





musée  Marmottan-Monnet

jusqu'au 21 août 2022


Gilles Castelnau

 

 

17 avril 2022

Cette exposition est belle et très intéressante. Elle présente une centaine de tableaux – souvent fort connus – dont le visiteur est invité à discerner l’émotion qu’éprouvent les personnages représentés et sans doute aussi celle qu’ils transmettent au spectateur.

C’est une nouvelle manière de regarder ces tableaux qui nous fait pénétrer dans le secret de l’intimité de ceux qui ont vécu avant nous.

 

Émile Friant, Les Amoureux, 1888 (ci-dessus en exergue)

Ces deux jeunes ne s’enlacent pas, ne se tiennent pas la main. Ils n’osent même pas un sourire. Mais on comprend bien à leur attitude si proche (leurs coudes se touchent) qu’ils éprouvent une tendre attirance l’un pour l’autre. C’est le puritanisme de la 3e République qui le veut ainsi. Mais la beauté de la nature les entoure et ils la contemplent, appuyés comme ils le sont au parapet d’un pont : elle semble prolonger, la beauté de leurs sentiments amoureux.

 

 

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Anonyme (École allemande). Portrait d‘une femme portant l’ordre du Cygne, vers 1490

 

Alors même que l’on était déjà au début de la Renaissance, le peintre ne se permettait manifestement toujours pas de représenter un sourire ou une ride sur le visage de son modèle. Aucun sentiment personnel n’était envisageable dans la pensée gothique du Moyen-Age. Celle-ci était une ère glaciaire où les personnages ne s’appartenaient pas à eux-mêmes mais conservaient l’attitude stéréotypée et figée des fidèles de l’Église et de l’État.

Cette femme si élégante portait l’insigne de l’ordre du Cygne qui récompensait les attitudes charitables, mais son expression n’exprime aucun élan ni aucun état d’âme.

 


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Jean Honoré Fragonard, Le Verrou vers 1777-1778

 

Le 18e siècle libertin n’a pas ces réticences. Fragonard peint une scène équivoque qui conduit le visiteur à s’interroger non sur les sentiments – très clairs – de l’homme mais sur ceux de la femme. Le lit déjà en désordre surprend. Et sur la petite table une pomme, probablement symbolique, est déjà prête à être partagée !

 

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Claude Marie Dubufe, La lettre de Wagram, 1828


Le titre se réfère étrangement à une bataille victorieuse
de Napoléon contre les Autrichiens déjà ancienne de 19 ans.

La jeune femme lit la lettre annonçant manifestement la triste nouvelle du décès d’un proche. La médaille de la Légion d’honneur posée à côté sur le coussin suggère la gloire militaire du mort.

Le regard de la jeune femme levé au ciel indique-t-il le désespoir provoqué par l’écroulement de sa vie ou sa participation conjugale à la gloire de l’Empire ? Seul le visiteur pourra répondre à une question qui ne dépend que de sa propre sensibilité.

 

 

 

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Knut Andreassen Baade, Scène de l’époque des sagas norvégiennes, 1850


Le romantisme du 19e siècle
exalte au plus haut point les sentiments individuels suscités par l’amour impossible, le destin cruel et la dureté de l’existence. Dans le mode germanique les éléments déchaînés ne sont pas effrayants et destructeurs de vie mais symboles de la puissance des émotions qui peuvent se déployer dans le cœur de l’homme.

Ce personnage immobile au bord d’un rocher qui contemple sans crainte l’orage menaçant est un symbole impressionnant de la grandeur de l’âme humaine impavide.

 

 

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André Devambez, Les Incompris, vers 1904

 

La « Belle époque » vécue par la haute société parisienne se doublait d’une bien triste époque pour les défavorisés. Picasso, Toulouse-Lautrec, Van Dongen et bien d’autres peignaient leur misère dont les gouvernements de droite ne se préoccupaient guère.

Les « Incompris » que peint André Devambez sont difficiles à reconnaître.

La femme vêtue de rouge à gauche était peut-être Victorine Meurent, modèle de Manet et peintre elle-même… Quels sentiments éveille cette peinture ? Commisération pour une époque dure pour les artistes qui n’ont pas réussi ? Agacement pour la prétention de ceux qui se montrent incapables de réussir ?

 

 

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Alexej von Jawlensky, Tête de femme, 1911


Jawlensky était un peintre expressionniste russe
. Il a dit des visages exaltés qu’il peignait : « dans des couleurs très fortes et ardentes, absolument pas naturalistes et matérielles ».

Le regard effectivement fort et ardent suggère-t-il un sentiment d’inquiétude ? de rejet ? Cette femme est-elle névrosée ?

C’est évidemment au visiteur de répondre !

 

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Pablo Picasso, La Suppliante, 18 décembre 1937

 

Quant à Pablo Picasso, qui osera jamais dire quels sentiments il éprouvait ou voulait transmettre ?

 

 

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