Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images


 



im431.russie/im431.volga.JPG

Les Haleurs de la Volga
, 1873


 

Ilya Répine


peindre l'âme russe


 

Musée du Petit Palais

jusqu'au 23 janvier 2022

 

Gilles Castelnau

 

 

6 octobre 2021

 C’est une très grande et belle exposition d’une centaine de tableaux russes que nous offre le Petit Palais. Non seulement elle nous fait découvrir la Russie du siècle dernier, mais surtout la quête évidente de vérité psychologique présente dans la peinture d’Ilya Répine qui nous entraîne dans un humanisme saisissant.

Le sous-titre choisi par les conservateurs « Peindre l’âme russe » résume bien le mouvement dit des « Ambulants » auquel appartenait Répine : ces jeunes peintres appartenaient à l’Académie impériale des beaux-arts de Saint-Pétersbourg et s’efforçaient de la détourner de son académisme romantique officiel traditionnel et de se rapprocher du peuple russe « réel » qu’ils aimaient et portaient aux nues. C’est un peu ce qu’avait fait Courbet en France, mais ils y ajoutaient un patriotisme russe foncier et un fort attachement à ses traditions populaires.

Profondeur de l’âme russe, éternelle au travers de l’histoire mouvementée de la Russie.

 

 

 

Les Haleurs de la Volga, 1873 (ci-dessus en exergue) Répine se tourne vers ces hommes écrasés par un labeur inhumain. Il en appelle à notre sensibilité et à notre esprit fraternel. En même temps il ne fait pas appel à l’héroïsme vainqueur du peuple comme l’esprit soviétique le prônera. Le grand-duc Vladimir Aleksandrovic lui-même achètera ce tableau qui sera exposé dans toute l'Europe.

 

 im431.russie/im431.pecheur.JPG


Fille de pêcheur, 1874


Répine passe trois ans en France. Il est à Montmartre. Ici à Veules-les-Roses. Il peint l’âme des Français comme il l’a fait pour les Russes. Cette petite fille est certainement bien pauvre, ses vêtements sont en loque, elle est mal peignée et ne sourit pas au peintre. Pourtant ses cheveux blonds si mal peignés sont très beaux, son visage est fin et plaisant sans : angoisse ni mélancolie. Aucun misérabilisme, aucune honte. Humanisme paisible.

 

im431.russie/im431.vera.JPG


Paysage d’été. Véra Répine sur un petit pont à Avramtsevo, 1879


Ilya Répine n’avait rien d’un militant anti-bourgeois pré-communiste. Bien au contraire, il fréquentait avec plaisir la haute société et les milieux intellectuels. Ce tableau a été peint dans la propriété du riche collectionneur Savva Mamontov non loin de Moscou où il passait l’été avec son épouse Véra.


 

/im431.russie/im431.moussorgski.JPG


Modeste Moussorgski, 1881


Il était notamment ami du musicien Moussorgski. Il a peint son portrait après quatre séances de poses à l’hôpital de Saint-Pétersbourg où celui-ci mourra quelques jours plus tard, à l’âge de 42 ans, alcoolique au dernier degré. Il a réussi à représenter son épuisement dépressif tout en montrant bien son esprit de méditation élevée. Respect du musicien et de l’ami, sans négliger pour autant son état lamentable.

 

 im431.russie/im431.cosaques.JPG


Les cosaques Zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie, 1880-1891



Ce tableau immense de 3,60 m de large
est une évocation amusante et magnifique d’une victoire historique russe au 17e siècle sur l’Empire ottoman. Après un succès les cosaques, fiers et indépendants, encore sur le champ de bataille, écrivent une lettre moqueuse et triomphante à Mohammed IV le sultan ottoman.
Répine s’était procuré des documents anciens, représentés sur ce tableau pour lui donner un air d’authenticité. Honneur du riche passé de la mère Russie !
Ce tableau reçut un grand prix à l’Exposition universelle de Chicago en 1893 et le tsar Alexandre III l’acquit immédiatement à un prix si élevé que Répine s’acheta un belle propriété.


 

 /im431.russie/im431.retour.jpeg


Ils ne l’attendaient plus, 1884



Répine ne renonce en rien à dénoncer les atteintes aux droits de l’homme commis par le gouvernement. Il imagine ici le triste état d’un opposant sorti finalement du goulag et que, dit le titre, « on n’attendait plus ».

La bourgeoisie de son milieu familial est manifestée par ses vêtements et l’ameublement ainsi que par la présence de la servante qui ouvre la porte.
Un examen attentif montre, nous dit le cartel :


Sur les murs du salon sont accrochés les portraits des poètes Taras Chevtchenko et Nikolaï Nekrassov, admirés par l’intelligentsia progressiste russe. A côté un « Calvaire ». Et l’image d’Alexandre II, le « tsar libérateur » qui abolit le servage et qui est mort assassiné.


 im431.russie/im431.duc.JPG


Le Grand-duc Constantin, 1891



Constantin Romanov était le neveu du tsar Alexandre II.
Gouverneur de la Pologne alors sous autorité russe et chef de son armée, il était aussi président de l’Académie impériale russe des sciences, fondateur de la maison Pouchkine de Saint-Pétersbourg, traducteur, dramaturge.

Répine représente sa brillante carrière militaire et politique en peignant son bel uniforme et ses décorations. Il suggère son importance intellectuelle et littéraire en lui mettant un livre dans la main dont il marque du doigt la page lue. Mais son geste de la main et son regard vif laissent entendre que sa pensée s’élève au-dessus de ces réalités humaines.

 

 

 im431.russie/im431.1905.png


Le 17 octobre 1905, 1907


Le cartel précise :


Ce jour-là l’empereur Nicolas II proclama le manifeste posant les bases de la première Constitution russe sur des bases démocratiques. Libération de la société progressiste russe. Dans la foule figurent des étudiants, des professeurs, des ouvriers, chantant, brandissant des drapeaux rouges et portant en triomphe un camarade amnistié.

 

 

 

 

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction


 

haut de la page

   

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.