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SpiritualitÉ des images



François Boucher, L’Odalisque brune, 1745


L’Empire des sens
de Boucher à Greuze


Musée Cognacq-Jay

jusqu'au 18 juillet 2021

 

Gilles Castelnau

 

 

22 mai 2021

A l’occasion du 250e anniversaire de la mort de François Boucher (1703-1770), le musée Cognacq-Jay explore le thème de l’Amour dans ses formes les plus licencieuses.
Elles n’étaient sans doute pas largement répandues mais réservées aux cabinets secrets des personnalités les plus huppées et les plus riches de la noblesse et de la grande bourgeoisie.

Quelle image de la femme donnent les plus grands peintres du roi Louis XV au siècle des Lumières ? Comment Boucher, Greuze, Fragonard et les autres représentent-ils les femmes ?

Au Salon de 1767 Diderot s’indigne de l’indécente « Odalisque brune » (ci-dessus en exergue) commandée par le fermier général Le Riche de La Popelinière et figurant dans son inventaire.
« N’avons-nous pas vu au Salon, il y a sept à huit ans, une femme toute nue, étendue sur des oreillers, jambes deçà, jambes delà, offrant la tête la plus voluptueuse, le plus beau dos, les plus belles fesses, invitant au plaisir, et y invitant par l’attitude, la plus facile, la plus commode, à ce qu’on dit même la plus naturelle, ou du moins la plus avantageuse ! »

 

François Boucher, Léda et le Cygne, 1741

Cette scène représente Jupiter qui, selon Homère, se serait métamorphosé en cygne pour séduire la belle Léda. L’absence d’amoureux, comme pour l’Odalisque brune réduit la femme au rôle de simple objet sexuel.

 

Jean-Baptiste Greuze, La Volupté, 1765

Un objet sexuel dont ces messieurs aimaient à contempler ou imaginer l’orgasme. On disait pour sauver la face que Greuze avait ainsi peint sa propre femme.

 

a

Gainsborough Lady Elizabeth Delmé et ses enfants, 1750                                  Reynolds Mr et Mrs Andrews, 1777

A cette époque, les peintres anglais qu’étaient notamment Thomas Gainsborough ou Joshua Reynolds, représentant les femmes – comme aussi les hommes ! – dignement vêtus et menant une existence honorable, souvent intégrée à la nature et aux animaux et certainement pas dans l’univers frelaté d’une Cour royale.

La peinture que nous révèlent les commissaires de l’exposition Annick Lemoine, directrice du musée Cognacq-Jay et son assistante de Sixtine de Saint-Léger est évidemment fort belle ! mais elle est d’une sensualité tout à fait déshumanisante et amorale, pornographie de l’époque.

Les peintres des rois George d’Angleterre avaient plus de tenue que ceux des rois Louis de France !

 

François Boucher, Sylvie délivrée par Aminte, 1755

On ne peut qu’être attendri par l’empressement de ce gentil garçon de délivrer la jolie Sylvie, dans un mouvement, une grâce et une harmonie séduisantes. Il n’en demeure pas moins que le duc de Penthièvre qui acheta cette toile à Boucher pour orner son hôtel parisien (actuelle Banque de France de Paris) la réserva dans son petit boudoir secret réservé à ses plus proches « connaissances ».

 

• « fragonard » : Jean-Honoré Fragonard, Les Débuts du modèle, vers 1770-1773

La grande toile blanche à l'arrière-plan indique que ce jeune homme désinvolte et prétentieux, qui tient d’ailleurs une palette dans sa main gauche, est un peintre auquel une entremetteuse présente un modèle.

Elle dévoile ses seins pour en montrer l’intérêt et le jeune homme, dans un geste d’une désinvolture méprisante soulève son jupon du bout de sa cane. Il était interdit, à l’époque, de faire poser une femme nue dans un atelier mais on sent bien ici que, malgré les magnifiques frémissements des vêtements, la modèle est néanmoins réduite à l’état d’objet.

En un siècle et sous un règne rigoureusement attaché à l’éthique religieuse catholique, alors qu’on venait de brûler l’Emile de Jean-Jacques Rousseau en place de Grève pour défaut de moralité et que les pasteurs protestants étaient roués vifs, comment les peintres du roi se permettaient-ils – et comment leur permettait-on, de manifester une telle dépravation ?

 

François Boucher, La Belle Cuisinière, vers 1735

Boucher s’est tout de même plu à peindre de véritables amoureux. Le visage de la fille est heureux et détendu et celui du garçon attentif et séduisant.

 

Anonyme, Pastiche de François Boucher, Couple d’amoureux

Je n’en dirais pas autant de cette scène qui suscite un malaise : les yeux du garçon sont fixés au-delà du visage de la fille ; celle-ci le regarde mais avec froideur : elle n’est pas amoureuse. Peut-être prostituée à en juger par son jupon rehaussé, auquel le garçon ne prend pourtant pas garde.

Les deux amours ailés semblent n’être en rien attiré par cette atmosphère douteuse.

La brebis fixe le spectateur en ayant l’air de lui demander ce qu’il pense lui-même de tout cela...

Bonne question pour celui qui se dispose à quitter l’exposition.

Ajoutons que ce tableau fut acquis pendant la guerre par le maréchal Göring, avant d’être, heureusement, rendu à la France.


 

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