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Christen KØbke, Vue du lac Sortedam
depuis Dosseringen en regardant vers Nørrebro
, 1838

 

L'Age d'or de la peinture danoise


(1801-1864)



musée du Petit Palais
jusqu’au 3 janvier 2021

 

Gilles Castelnau

 

17 octobre 2020

Il y a beaucoup de monde pour visiter cette grande et belle exposition et effectivement ses couleurs, ses personnages, ses paysages sont vraiment heureux et agréables. Finalement les Français aiment le bonheur et la peinture danoise nous en donne.

Nous sommes au 19e siècle. A cette époque, en France, comme toujours, c’est le bel art qui domine. Delacroix, Ingres, Millet, respectent les règles académiques bien pensantes. Même Corot à sa manière.
Mais pendant ce temps le petit royaume protestant du Danemark mène librement et sans prétention une existence heureuse dans la bienveillance et l’aisance luthériennes.

 

 

Christoffer Wilhelm Eckersberg, La Famille Nathanson, 1818


Ainsi, alors même que l’élégance de leurs vêtements de cérémonie montre qu’ils appartiennent à la haute société et qu’ils reviennent sans doute d’une réception, M et Mme Nathanson se trouvent tout simplement accueillis par leur – nombreuse – progéniture sans contrainte, avec une gentillesse et une grâce qu’Ingres, par exemple, n’a jamais montrée : les femmes de ses tableaux sont belles mais sérieuses et leurs maris toujours austères et assurés sans soucis pour leurs enfants.

 

 

Albert Küchler, Scène à Norrefælled après le défilé de la garde citoyenne, 1830


Parlons de l’armée : En France, Delacroix nous emporte dans un puissant tourbillon exaltant de grandeur dramatique, de victoire et d’enthousiasme.
Albert Küchler, quant à lui, nous propose une vision pacifique, amusante et probablement ironique de l’armée.
Le cartel explique :

La garde municipale, qui était composée de simples citoyens, faisait souvent l’objet de moqueries lors de son défilé d’artisans et de petits commerçants bien nourris et peu exercés. Les revues donnaient fréquemment lieu à des fêtes débridées, comme ici. Deux « citoyens » lèvent d’imposants verres de vin tandis qu’un de leurs camarades, non moins éméché, fait une démonstration de l’art de la baïonnette, pour les dames.

 

 

Martinus RØrbye, Loggia à Procida, 1835


En France, dans un panthéisme splendide et calme, Corot intègre de petits personnages dans une Nature aux beaux paysages avec de grands arbres, souvent des rivières et toujours de beaux ciels.
Martinus Rørbye nous enchante avec une modeste loggia ensoleillée et lumineuse, couverte d’une charmante vigne et une cage où chante un oiseau. Les gros pots ne sont callés que par des pierres rapportées du voisinage et contre le mur un bouquet de plantes indescriptibles que seuls les gens du pays sauront reconnaître. La simplicité de l’ensemble manifeste l’atmosphère paisible que ses occupants doivent y mettre et qui nous saisit.


 

JØrgen Sonne, La Nuit de la Saint-Jean, 1860


En France, Millet qui peint le labeur des paysans, seulement interrompu par une pause ou la prière de l’angélus, nous fait partager la peine de leur fatigue et peu d’espoir d’une vie meilleure dans un régime social sans compassion.
JØrgen Sonne a la joie au cœur lorsqu’il choisit de nous montrer plutôt la fête de leurs feux de la Saint-Jean où l’on joue à qui saura sauter à travers les flammes.


 

Wilhelm Bendz, La Famille Waagepetersen, 1830


Famille unie et heureuse. Le père de famille ne craignant pas de se détourner un instant de sa table de travail pour plaisanter avec son épouse en cajolant son enfant. Famille modèle comme il devait sans doute en exister de nombreuses aussi en France mais que la rigidité morale de l’époque ne permettait pas de représenter.


 

Constantin Hansen, Un groupe d’artistes danois à Rome, 1837


L’auteur s’est représenté lui-même le 1er à gauche. Ces compères ne font pas partie de la noblesse mais d’une bourgeoisie tranquille et détendue.

 

 

 

Ditlev Blunck, Le Cauchemar, 1846


Füssli avait déjà peint un « Cauchemar » analogue en 1781. Ditlev Blunck ne craint pas d’offusquer son entourage en suggérant que les femmes pouvaient avoir de telles rêveries.

 

 

JØrgen Sonne, Le Matin après la bataille d’Isted le 25 juillet 1850, 1876


Les soldats dorment au petit matin ; certains sont blessés et se réveillent. Les trois soldats debout ne les regardent pas. La bataille finie. Voilà. Les oiseaux volent dans un ciel pur et calme. Tout est calme au royaume de Danemark, même quand la guerre est perdue.


 


 

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