Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


SpiritualitÉ des images

aa

Henri Gervex, Rolla, 1879

 

Joris-Karl Huysmans critique d’art

de Degas à Grünewald,
sous le regard de Francesco Vezzoli


Paris, musée d'Orsay

jusqu’au 1er mars 2020

Gilles Castelnau

 

30 novembre 2019

Les peintres dits « pompiers » de la fin du 19e siècle, ignoraient les efforts impressionnistes de rendre l’impression que donne le spectacle de la nature, de la lumière dans les branches et ses reflets sur l’eau. Ils peignaient de manière réaliste, académique, souvent en très grand format, des sujets exprimant des scènes émouvantes ou saisissantes, de manière souvent fort romantique.

Joris-Karl Huysmans est écrivain et critique d’art, il soutient fort, avec ses amis Edgar Degas et Émile Zola notamment, cette expression de sentiments puissants. Il s’attaque et critique violemment les pompiers qui, oublieux de leur vocation humaniste, se contentent d’utiliser leur don - souvent remarquable – pour plaire au grand publie avec des sujets anodins ou « seulement » sensuels.

 

William Bouguereau, Naissance de Vénus, 1879

 

Le cartel rapporte tout le mal qu'en pense Huysmans :

William Bouguereau est, avec Alexandre Cabanel, l’une des cibles privilégiées de Huysmans : « il a inventé la peinture gazeuse, la pièce soufflée. Ce n’est même plus de la porcelaine, c’est du léché flasque ; c’est je ne sais quoi, quelque chose comme de la chair molle de poulpe », écrit-il avant de décrire La Naissance de Vénus, cette « baudruche mal gonflée », qu’il découvre au Salon de 1879. « C’est exécuté comme pour les chromos de boites à dragées : la main a marché seule, faisant l’ondulation du corps machinalement. »

 

Fernand Pelez, La mort de Commode, 1879

 

Le cartel explique :

L’esclave de l’empereur Commode est sur le point de l’étrangler. Huysmans ironise : « J’avais tout d’abord mal compris le sujet. Je pensais que le monsieur en caleçon de bain vert penché sur l’autre monsieur en caleçon de bain blanc était un masseur et que la femme soulevant le rideau disait simplement : "le bain est prêt" ».

 

 

Henri Gervex, Rolla, 1879. Ci-dessus en exergue.

Par contre Huysmans qualifie cette toile de « très bon tableau » car tout le monde y découvrait l’illustration tragique d’un poème d’Alfred de Musset dans lequel un jeune homme se ruine pour entretenir une prostituée de luxe :

Rolla considérait d’un œil mélancolique
La belle Marion dormant dans son grand lit ;
Je ne sais quoi d’horrible et presque diabolique
Le faisait jusqu’aux os frissonner malgré lui.
Marion coûtait cher. – Pour lui payer sa nuit
Il avait dépensé sa dernière pistole.
Ses amis le savaient. Lui-même, en arrivant,
Il s’était pris la main et donné sa parole
Que personne, au grand jour, ne le verrait vivant.
[...]
Quand Rolla sur les toits vit le soleil paraître,
Il alla s’appuyer au bord de la fenêtre.
De pesants chariots commençaient à rouler.
Il courba son front pâle, et resta sans parler.

Le jury du Salon avait refusé ce tableau pour immoralité et le tout Paris courait le contempler dans une galerie qui l’hébergeait boulevard des Capucines.

On dit que c’est Edgar Degas qui aurait suggéré à son ami Henri Gervex d’ajouter – en bas à droite pour plus de réalisme – les vêtements en désordre de la fille.

 

Gustave Caillebotte, Raboteurs de parquet, 1875

 

Caillebotte était de ces grands bourgeois fortunés qui, comme aussi Frédéric Bazille, soutenait moralement et financièrement les expressions de solidarité avec les plus défavorisés. Il avait peut-être employé chez lui ces raboteurs de parquet et avait été sensible à leur peine et au danger que représentait leur usage de la bouteille de vin rouge posée à leur portée.

 

Edgar Degas, l’Absinthe, vers 1875-1876

On dit que Degas avait fait poser deux de ses connaissances pour faire prendre conscience aux visiteurs de la situation navrante de nombre de leur contemporains. Le cadrage étrangement décentré donne à la scène une allure de déséquilibre et les couleurs froides sont... glaçantes.

 

Jean-François Raffaëlli, Chiffonnier allumant sa pipe, 1884

 

Dans un paysage désolé, sous un ciel gris, isolé et marchant tout seul vers un avenir inconnu situé au-delà des limites du tableau, ce malheureux homme n’a que sa pipe pour le réchauffer et le soutenir.
Solidarité avec les défavorisés, sourire ironique aussi évidemment pour les impressionnistes qui auraient fignole la représentation des herbes, de la lumière du ciel et… auraient ajouté une rivière aux charmantes vaguelettes !

 

Édouard Manet, Portrait de Mallarmé, 1876

Manet est ami du poète et écrivain Mallarmé qui écrit des articles louangeurs pour sa peinture. Il le peint comme il a aussi peint Zola. Sur cette toile Mallarmé apparaît très vivant et détendu, bien plus actif et en mouvement que figé dans une pose traditionnelle. Il fume le cigare et sa main s’appuie sur des pages écrites qui sont justement peut-être celles qu’il a consacrées à ses amis.

 

Giovanni Boldinin, Le Comte Robert de Montesquiou, 1897

 

Et puis à l’âge de 36 ans Huysmans abandonne son encagement social et peint désormais ce que les commissaires de l’exposition appellent « les goûts décadents, les manières de dandy excentrique et les caprices d’esthète qui enthousiasment les lecteurs et en particulier la « jeunesse artiste. »
Il suit l’influence morbide de Charles Baudelaire et les rêves de Gustave Moreau.
Y a-t-il néanmoins une certaine ironie dans l’allure décadente qu’il attribue au comte de Montesquiou ?

Plus tard encore il plongera dans un spiritualisme catholique extrême que l’exposition manifeste avec une immense reproduction du terrible retable d’Issenheim.

 

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réaction


 

haut de la page

 

acable  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.