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Tête de petit garçon - Gamin de rue - Le harponneur
Vincenzo Gemito
Le sculpteur de l’âme napolitaine
Paris, Petit Palais
jusqu’au 26 janvier 2020
Gilles Castelnau
24 novembre 2019
Naples, 1852. Le petit Vincenzo naît dans une famille pauvre qui l’abandonne à la naissance. Il est recueilli par un simple maçon qui le met dès l’âge de 10 ans en apprentissage chez un sculpteur. Et c’est pour l’enfant un enchantement. On le découvre surdoué.
Deux ans après il est déjà admis à l'Institut royal des beaux-arts de Naples. Et à 16 ans le roi Victor-Emmanuel II lui achète une statue.
A 18 ans, en 1870, il s’installe avec son ami Antonio Mancini et d’autres jeunes artistes dans un cloître abandonné où il exécute, en terre cuite, des bustes des gamins de Naples extraordinairement ressemblants et attirant la sympathie.

Antonio Mancini, Le Petit Prêtre, 1870
Antonio Mancini préfère la peinture, Vincenzo Gemito continuera ses terres cuites.
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Tête de petite fille - Jeune Maure - Portrait de Guldo Marvasi
Il y manifeste non seulement un doigté remarquable mais aussi une grande sensibilité : ce sont ses copains et ses copines des bas-fonds de la ville qu’il a aimés et représente avec douceur et compréhension.
Il disait du buste de la « petite fille » ci-dessus : « avec son foulard sur la tête, elle ressemble aux "pastori", les personnages des crèches napolitaines. »

Pêcheur napolitain, 1877 bronze
1877. Il a 25 ans. Il est maintenant à Paris. Il fait admettre au Salon son « Pêcheur napolitain » dont il a tant travaillé chaque détail. Et l’année suivante il le présente à l’Exposition Universelle de 1878. Il y fait sensation.
Les Parisiens aimaient l’art italien, sa beauté et sa noblesse. Mais ils étaient déstabilisés par cette sculpture si raffinée d’un misérable garçon mal vêtu et mal nourri.
Degas et Rodin en étaient fascinés et le Tout-Paris se presse pour regarder.
Vincenzo Gemito, l’enfant des rues est devenu le grand sculpteur de ces années là. Mais, revenu à Naples, les commandes prestigieuses émanant du roi Victor-Emmanuel II lui-même ont sans doute été trop pour lui et lui ont fait tourner la tête. Dans un délire, il s’est claquemuré dans sa maison. Il a néanmoins continué à sculpter et à peindre avec la même empathie, la même tendresse humaine pour ses contemporains les pauvres napolitains :

Portrait de jeune fille, 1915
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