
Moi Picasso, Paris 1901
Picasso. Bleu et rose
Musée d'Orsay
exposition en collaboration avec le musée national Picasso-Paris
jusqu’au 6 janvier 2019
Gilles Castelnau
28 septembre 2018
Cette très grande et belle exposition entend rassembler l’ensemble complet des peintures et des dessins des deux périodes initales de Pablo Picasso, la « bleue » et la « rose ».
Période bleue
En 1901 Pablo Picasso arrive d’Espagne et s’installe à Paris. C’est la Belle époque exubérante dans le beau monde. Mais de jeunes peintres sympathiques viennent de tous les pays d’Europe et s’nstallent à Montmartre. Ils sont faméliques et ne comprennent pas l’atmosphère superficielle – et un peu malsaine – du bonheur ostentatoire que l’on vit dans les beaux quartiers.

Mère et enfant, Paris 1901
Ils ressentent au contraire un sentiment de solidarité avec la réalité de la misère sociale, qu’ils connaissent bien puisqu’ils la partagent. Leur peinture est douce et calme, pas du tout politiquement révolutionnaire car ils sont tous étrangers à la France mais elle est terriblement réaliste.

Femme assise au fichu, Barcelone 1902
Ce sont Marc Chagall, Amedeo Modigliani, Constantin Brancusi, Kees van Dongen et d’autres, tous installés dans la maison collective du « Bateau lavoir ».
Pablo Picasso est avec eux. Il a 20 ans. Beaucoup de monde s’y presse et l’on sent bien que cet intérêt dépasse la simple curiosité esthétique et que l’on se laisse emporter par la remarquable empathie que manifeste Picasso.

La Buveuse d’absinthe, Paris 1901
Ce terrible tableau, Picasso le peint juste au moment de la mort de Toulouse Lautrec, alcoolique et addict à l’absinthe...
Le malheur, la souffrance, la déchéance le fascinent.
Tristesse et froideur, disent certains, alors qu’au contraire c’est peut-être le regard de commisération et d’amour que Jésus-Christ portait lui-même sur les plus misérable de ceux qu’il nommait « ses frères »...

Portrait de Benet Soler, Barcelone 1903
Benet Soler était un ami espagnol de Pablo Picasso. Peintre, lui aussi, mais il gagnait véritablement sa vie comme tailleur. Il aimait les œuvres de Picasso qui, désargenté, lui offrait des portraits de lui-même et de sa famille, en échange de costumes !
Période rose

Femme à l’éventail, Paris, 1905
En 1904 Picasso rencontre Fernande Olivier. Elle a 23 ans, elle est jeune et belle. C’est peut-être elle qu’il représente ainsi, non pas épanouie de bonheur mais néanmoins le bras levé en signe de salut et de paix. La tristesse devant le malheur du monde s’estompe et Picasso commence à sourire au monde.

Acrobate à la boule, Paris, 1905
Et c’est le monde des acrobates, tableaux heureux, montrant la souplesse et l’habileté de ces gens du cirque.

Meneur de cheval nu, Paris, 1905-1906
Ils ne sont certainement pas joyeux et exubérants mais, à l’aise dans leurs corps, ils ont trouvé l’équilibre tranquille de leur vie.
Picasso n’est plus tragique.

Femme au peigne, Paris 1906
Cette période rose ne va pas durer. Le cubisme interpelle Picasso. On le sent pointer avec cette étrange Femme au peigne.
Et l’exposition s’arrête ici.
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