
La Liberté guidant le peuple, Salon de 1831
Delacroix
1798-1863
musée du Louvre
jusqu’au 23 juillet 2018
Gilles Castelnau
30 mars 2018
C’est une immense exposition très riche et belle, montrant à la fois les monumentales toiles d’Eugène Delacroix, ses estampes et ses notes personnels sur de petits carnets.
Eugène Delacroix était le chef de file et, avec Géricault, le grand représentant des peintres romantiques qui se révoltaient contre le conservatisme académique traditionnel de David et d’Ingres et entendaient valoriser les sentiments intérieurs et les passions du cœur humain.
Il s’exprimait non pas avec un dessin parfait en une scène statique à la perspective impeccables mais avec des couleurs intenses et notamment la connaissance découverte par Chevreul de l’interaction mutuelle des couleurs complémentaires.
La Liberté guidant le peuple
Ce tableau, ci-dessus en exergue, illustre la révolte et les combats des Trois Journées Glorieuses des 27, 28, 29 juillet 1830 qui ont fait 200 morts parmi les troupes de la répression et 800 parmi les insurgés et ont débouché sur l’instauration de la royauté plus libérale de Louis-Philippe et la restauration du drapeau tricolore à la place du drapeau blanc de la monarchie conservatrice de Charles X.
Delacroix a été le témoin direct de ces journées. Ce tableau en exalte l’héroïsme et le grand sentiment populaire et républicain. Une telle attitude n’était pas courante à l’époque dans le monde de l’art et ce tableau fut jugé trop politique et séditieux.

La Grèce sur les ruines de Missolonghi, 1826
La Grèce est révoltée contre la domination turque. La ville de Missolonghi notamment lutte héroïquement mais tombe en avril 1826 et les survivants sont presque tous exterminés.
Delacroix partage l’idéal de liberté des Grecs, il s’implique dans le drame de Missolonghi. Il le symbolise par cette jeune femme, les seins presque nus et les mains ouvertes en signe de vulnérabilité sacrifiée. Derrière elle un soldat turc triomphant. A ses pieds la main sort d’un homme écrasé par les ruines. C’est l’exaltation romantique du sublime.

Jeune orpheline au cimetière, Salon de 1824
Cette étude de jeune femme grecque révèle la souffrance et l’angoisse intérieures qui étreignent le peuple en révolte et écrasé par les Turcs. Le romantisme autorise la manifestation dans l’art des sentiments personnels et en souligne la puissante intensité.

Combat du Giaour et du Pacha. Salon de 1827-1828
L’énergie, la violence, la force de la volonté et son intensité touchant même à la folie sont des réalité qui séduisent les romantiques. Ces deux magnifiques combattants se battent comme des fous pour les beaux yeux de Leila, esclave favorite du pacha Hassan qui le trompait avec Le Giaour.

La Mort de Sardanapale, Salon de 1827
de l’acceptation du Destin
Cet immense tableau mesure 4m x 5 m. Il illustre la mort tragique d’un roi oriental imaginaire qui, sur le point d’être vaincu par ses ennemis, entraîne tout son entourage dans la mort dans la soumission à son destin. La scène, typique du tragique cher aux romantiques est grandiose et terrifiante. On comprend que tous ces personnages, belles odalisques nues, esclaves musclés, cheval, trésors magnifiques représentés sur la toile grandeur nature sont emportés dans le même tourbillon de mort convergeant vers la menue tête couronnée du roi représenté en haut à gauche.

Louis d’Orléans montrant sa maîtresse, 1825
« Anecdote licencieuse et comique tirée des Vies des dames galantes de Brantôme, la scène évoque l’instant où le prince dévoile les beautés de sa maîtresse à son chambellan : ce dernier ne s’aperçoit pas qu’il s’agit de sa propre épouse. »

Faust cherchant à séduire Marguerite, 1827
« Sous l’influence d’un filtre d’amour, Faust se prend de passion pour Marguerite et exige que Méphistophélès l’aide à la séduire. Faust arbore le profil caprin et la pose affectée de son mentor : les deux complices se ressemblent à s’y méprendre. »

Les Baigneuses, 1854
« Delacroix apporte le charme des fêtes galantes à la manière de Watteau. »
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