
Portrait de famille, 1910
Kupka
pionnier de l'abstraction
Grand Palais de Paris
jusqu’au 30 juillet 2018
cette exposition aura lieu
à la Nàrodni Galerie v Praze de Prague
du 7 septembre 2018 au 20 janvier 2019
puis à l’Ateneum Art Museum d’Helsinki
du 22 février au 19 mai 2019
Gilles Castelnau
24 mars 2018
C’est une belle et grande exposition. François Kupka (1871-1957) est un peintre extrêmement doué dont toute la vie d’artiste a été animée par une recherche permanente de novation et de créativité pour exprimer la vérité du monde.
Le Grand Palais a réussi, en liaison avec les autres grands musées, à réunir 300 peintures, dessins, gravures, livres et documents qui montrent l’évolution de sa pensée dans chacun des moments de sa carrière.

bibliomane, Prague, 1897
La période symboliste. Kupka est à Vienne en Autriche et participe à la vie intellectuelle et spirituelle intense de son Académie. Il y rencontre Klimt, il écoute les symphonies de Mahler, il y croise, peut-être Freud. En une sorte de romantisme heureux, on s’analyse soi-même, on découvre les ressorts cachés de la pensée humaine et les motivations profondes idées reçues. On s’intéresse à l’ésotérisme, aux apparitions et aux tables tournantes, à la théosophie d’Helena Blavatsky.
Le bibliomane. Ce jeune homme est beaucoup plus intéressé par sa lecture que par les trois jeunes filles ravissantes et charmantes qui ne demandent qu’à le draguer. Que lit-il donc ? un ouvrage peut-être l’ouvrant à la réalité de la vie…

L’Argent, Prague 1899
Et quelle est donc cette grosse boule d’or que tient cet énigmatique gnome et qui fascine à ce point cette belle femme nue ? et tout ce monde dans l’obscurité de l’arrière-fond qui contemple la scène ?

La Vague, Prague, 1902-1903
Paris, Montmartre. Kupka arrive à Paris en 1896. Il rejoint à Montmartre le joyeux groupe du Bateau Lavoir. Il plonge dans les idées anarchistes de l’époque et collabore à L’Assiette au beurre.

grève, 1901

Vous devriez bien nous la foutre ! … 1904

L’Eau (La Baigneuse) 1906-1909
Les expériences.
Les commissaires de l’exposition Brigitte Leal, Markéta Theinhardt et Pierre Brullé écrivent des cartels qui donnent à penser :
« Cette œuvre magistrale fait partie des « expériences » de Kupka. L’étude des effets d’optique du corps et des rochers plongés dans un autre élément est ancrée dans la cosmogonie de la philosophie grecque et dans l’idée du macrocosme et du microcosme. »
Portrait de famille, 1910 (ci-dessus en exergue)
Les commissaires écrivent :
Faisant référence aux vitraux de Saint-Germain-L’auxerrois, il s’intéresse par exemple aux vitesses de propagation différentes du bleu et du rouge, deux couleurs dont il s’attache à définir le comportement : les bleus donnent « l’impression de rentrer en eux-mêmes » et exigent donc d’être inscrits dans « des formes rectilignes, minces et allongées » tandis que les vermillons et les jaunes orangés doivent « manifester leur exubérance dans des formes souples et arrondies », leur force expansive débordant les contours « en girations fulgurantes ».

Amorpha, fugue à deux couleurs
Peinture abstraite
Amorpha, présenté au Salon d’automne de 1912 est la première peinture totalement non-figurative à avoir jamais été montrée au public parisien.
Kupka a écrit : « Je tâtonne encore dans le noir, mais je crois pouvoir trouver quelque chose entre la vue et l’ouïe et je peux créer une fugue en couleurs comme Bach l’a fait en musique. »

Étude pour Le Langage des verticales, 1911
Une œuvre picturale en tant que « réalité abstraite » est constituée, donc construite, à partir d’éléments formels inventés et c’est de là qu’est né le terme de « constructivisme » pour désigner ce style.
Les commissaires écrivent :
Tendant vers le haut, ses « architectures ascensionnelles » portent en elles un accent spirituel. L’inspiration peut venir de l’expérience d’un intérieur gothique ou bien de l’observation d’un simple phénomène physique comme la montée, le jaillissement ou l’élévation d’une matière quelconque, phénomène qui peut contenir un message spirituel bien défini.

Printemps cosmique, 1913-1914.
Guerre de 1914. Tout anarchiste et antimilitariste qu’il soit, Kupka s'engage comme volontaire dans l’Armée française. Il terminera la guerre avec le grade de capitaine et sera décoré de la Légion d’honneur.

• « bock » : Bock syncopé, 1928.

Blanc autonome, 1952
Retour vers
spiritualité des images
Vos
commentaires et réaction