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William Hunt « La lumière du monde »

1851-1853 

 

Cathédrale Saint-Paul, Londres

.

 

Gilles Castelnau

 

10 novembre 2008

En 1848, alors qu’en France la société figée de Louis-Philippe
s’effondrait dans le renouveau romantique de Lamartine et du drapeau tricolore retrouvé, dans la redécouverte de l’humanisme des Droits de l’homme (ah, le suffrage universel rendu au peuple, l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises, le droit au travail pour tous proclamé avec l’ouverture des chantiers nationaux pour les chômeurs !), en Angleterre un petit groupe de jeunes peintres récusait lui aussi la froideur et le conformisme de l’ère victorienne : William Hunt, Dante Rossetti, Edward Burne-Jones, scandalisaient les bien pensants en fondant la Confrérie Préraphaélite en une recherche juvénile d’authenticité dont ce tableau est un exemple.

Manifestement dans la ligne du puritanisme méthodiste, parallèle au calvinisme français, suisse, écossais et hollandais, Hunt propose ici une saisissante présence du Christ dont le regard interpelle et émeut bien plus profondément que les cérémonies un peu froides et stéréotypées de l’Église anglicane de l’époque.

Les multiples symboles qui composent ce tableau donnent tous à penser.
En voici quelques uns.

- Le regard du Christ se fixe sur le visiteur et ce regard interpelle à la fois paisiblement, sans menace, sans reproche, sans culpabilisation mais avec sérieux et profondeur.

- La main qui frappe à la porte. Elle est évidemment une citation de l’Apocalypse :

Voici, je me tiens à la porte et je frappe
Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte
J’entrerai chez lui et je souperai avec lui et lui avec moi. (Apo 3.20)

On comprend que cette porte fermée depuis longtemps et qui ne peut être ouverte à cause des herbes qui y ont poussé est celle de notre monde, de notre cœur, de nos tabous et de nos blocages individuels ou collectifs qui nous asphyxient et dont le Christ croit qu’elle pourra s’ouvrir, se décoincer et nous ouvrir à de nouvelles réalités plus libres, plus souriantes.
Tout ceci est suggéré et c’est dans sa propre méditation que chacun pourra concrétiser ses espérances.

- L’obscurité et la lumière. Hunt a donné pour titre à son tableau « la lumière du monde ». On ne sait s’il fait nuit ou s’il fait jour mais il est sûr que la lumière que le Christ apporte éclaire une réalité bien obscure, encore accentuée par le sol si sombre et l’ombre des grands arbres.
Chacun, ici encore, pourra évoquer sa propre vie peut-être vécue dans les ténèbres angoissantes de l’incertitude, de la médiocrité, de l’échec - mérité ou non - et l’espérance de la lumière qui le rendra, s’il la saisit, à son humanité perdue.

Cette lumière est aussi celle de la réorientation de nos vies, car il est écrit (et Hunt cite quelquefois ce psaume)

« Ta parole est une lampe à mes pieds
une lumière sur mon chemin » (Ps 119, 105)

Effectivement la lumière rayonne partout dans ce tableau (on la voit sur le visage du Christ, autour de sa main qui frappe et singulièrement sur cette porte qui s’ouvrira peut-être), sur sa robe et son beau manteau, mais elle brille surtout à partir de la lanterne qui éclaire le chemin, ses pierres aigues et ses petits cailloux brillants.

C’est tout un sermon que nous fait Hunt en peignant ce tableau, c’est une spiritualité authentique et claire qu’il nous propose dans sa sincérité. On peut comprendre le désarroi de l’Église officielle, des Anglais bien pensants déstabilisés dans leurs rites ecclésiastiques, leur doctrine traditionnelle : la pensée puritaine de Hunt contourne les dogmes traditionnels - la couronne d’épine sur la tête du Christ rappelle pourtant discrètement le message de la croix - et il ne reste de sa foi que ce qui en fait à ses yeux l’essentiel : l’espérance apportée à l’homme angoissé par l’union fusionnelle que le Christ nous propose, paisiblement, puissamment, fraternellement.

 

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