
La Petite Danseuse de 14 ans
Degas Danse Dessin
Hommage à Degas avec Paul Valéry
musée d’Orsay
jusqu’au 25 février 2018
Gilles Castelnau
5 janvier 2018
Le titre de cette exposition est celui du livre que Paul Valéry passa des années à réaliser en mémoire d’Edgar Degas (1834-1917). Écrivain érudit, membre de l’Académie française, grand officier de la Légion d’honneur, Valéry s’efforça de réunir ses souvenirs et ses sentiments amicaux et admiratifs avec des reproductions de dessins de danseuses et de chevaux. Ouvrage étonnant que le marchand Ambroise Vollard tarda à publier et ne put éditer qu’en partie, en 1963 à moins de 350 exemplaires.

Portrait de l’artiste, dit aussi Degas au porte-fusain, 1855
Le musée d’Orsay en fait grand cas et répartit dans des vitrines dans toutes les salles de cette exposition des originaux et des reproductions, plus ou moins facilement lisibles d’ailleurs, qui entendent servir de guide au visiteur.
Edgar Degas, tout en fréquentant à Montmartre Monet, Pissarro, Bazille, Fantin-Latour et… Émile Zola, menait plutôt une vie mondaine et bourgeoise. Il allait au concert, à l’Opéra, aux courses de chevaux.
Sa morale personnelle était étroite et stricte, ce qui ne l’empêchait pas de s’intéresser aux ouvrières blanchisseuses et aux petites danseuses.

Repasseuses, 1884-1886
Son dessin si précis, la qualité avec laquelle il rendait les mouvements de ses modèles révèlent certainement des qualités de cœur de sa part. Pour avoir si bien observé et reproduit les gestes spontanés de ces humbles blanchisseuses et des petites danseuses il devait éprouver de la tendresse et de la compréhension à leur égard.

Danseuses au bouquet, saluant sur la scène, 1878
Mais il manifestait la même habileté avec les chevaux du champ de course !

Le Champ de courses. Jockeys amateurs près d’une voiture, entre 1876 et 1887
La distance qu’il montrait à l’égard de ses modèles était celle d’un aristocrate : il était de fait de famille noble, son nom s’écrivait de Gas).

Portrait de famille, dit aussi La Famille Bellelli, entre 1858 et 1867
Il pouvait simultanément fréquenter de près les petites danseuses dont on sait qu’elles émanaient du sous-prolétariat et succombaient parfois dans leurs fréquentations du foyer de l’Opéra à la tentation de la prostitution, apprécier la compagnie des jockeys du champ de course et aimer représenter fillettes et chevaux avec le même réalisme cruel et peut-être méprisant.
La Petite Danseuse de 14 ans (ci-dessus en exergue) que Degas sculpta, habilla de vêtements et coiffa de vrais cheveux et habilla d’un tutu et de chaussons fit scandale. Elle est certainement mignonne, attendrissante aussi, mais son museau est pointu et sa cambrure provocante.

Le Foyer de la danse à l’Opéra de la rue Le Peletier, 1872
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