
Rubens : Portrait de Louis XIII, roi de France, vers 1622-1625
Rubens, portraits princiers
musée du Luxembourg
jusqu’au 14 janvier 2018
Gilles Castelnau
3 novembre 2017
Pierre Paul Rubens était, à Anvers, un portraitiste à succès. Tout en représentant les personnages royaux de l’empire des Habsbourg avec toute la majesté que ceux-ci souhaitaient conserver, Rubens savait leur attribuer un éclair de vie, une expression de leur caractère intime qui exprimaient leur personnalité profonde.
C’est ainsi que les souverains des Flandres,l’archiduc Albert de Habsbourg et son épouse l’archiduchesse Isabelle Claire Eugénie (fille du roi Philippe II d’Espagne) l’ont engagé comme leur peintre attitré.
Mais tout le monde dans l’Empire voulait qu’il les peigne et Rubens ne se faisait pas prier. Le musée du Luxembourg a choisi de présenter 65 de ces portraits de cour, en y mêlant les œuvres de van Dijk, flamand lui aussi et de Vélasquez, le peintre espagnol.
En regardant ces personnages magnifiques on pensera aux bien vilaines pensées et aux passions mauvaises qui les animaient. Tout au long du siècle, sous le gouvernement d’Espagnols despotiques, le pays est livré au malheur et notamment à la persécution des protestants à laquelle s’acharneront les archiducs Albert et Isabelle. (Les Pays-Bas du Nord y échapperont finalement en gagnant leur indépendance avec Guillaume d’Orange, le Taciturne).
En France lorsqu’il devient roi après l’assassinat de son père Henri IV, Louis XIII s’emploie, avec son ministre le cardinal de Richelieu à priver les protestants des droits que leur attribuait encore l’Édit de Nantes. révoltes et guerres ravagent le pays.

Frans II Pourbus, dit le Jeune : Marie de Médicis, reine de France, 1617
Dans cette atmosphère délétère Rubens vient à Paris en 1622 pour Marie de Médicis qui voulait qu’il la représente sur les immenses toiles que l’on peut voir au Louvre. Il en profite pour peindre le roi.

Simon Vouet : Portrait de Louis XIII entre deux figures de femmes symbolisant la France et la Navarre
Il ira aussi à Madrid, chargé de fonctions diplomatiques et y peindra le roi Philippe IV.

Rubens, Portrait de l’archiduc Ferdinand, vers 1635
Le cartel dit : « Frère de Philippe IV et d’Anne d’Autriche (épouse de Louis XIII) Ferdinand fut d’abord cardinal avant de devenir gouverneur des Flandres. Il est ici représenté en chef de guerre, armure au corps et casque à portée de main, reflet de sa nouvelle fonction et de sa récente victoire sur les armées protestantes de Nördlingen. Une telle réussite lui vaut une renommée immédiate dans toute l’Europe et justifie son entrée solennelle dans Anvers où Ferdinand entend imposer son image de général triomphant. »

Vélazquez (d’après Pierre Paul Rubens). Portrait équestre de Philippe IV d’Espagne, vers 1644-1649
Le cartel dit : « Rubens peint à Madrid en 1628 un grand et ambitieux portrait équestre du roi d’Espagne Philippe IV accompagné des allégories de la Foi et de la Justice divine, aujourd’hui disparu. La composition subsiste au travers de cette copie probablement exécutée par Velazquez. Le monarque est représenté en défenseur de la foi, son cheval s’apprêtant à fouler du sabot le serpent de l’Hérésie (en bas à gauche de la composition). Le globe terrestre soutenu par les anges présents derrière Philippe IV représente la monarchie universelle des Habsbourg.
Retour vers
spiritualité des images
Vos
commentaires et réaction