Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français


Spiritualité des images





L’Aurore triomphant de la Nuit, 1755-1756


Fragonard amoureux


galant et libertin

 

1732 - 1806

 

musée du Luxembourg

jusqu’au 24 janvier 2016


 

Gilles Castelnau


29 septembre 2015

C’est une belle exposition que l’on a plaisir à parcourir. Un monde de rêve heureux où tourbillonnent les jolies femmes, les amoureux libertins sous un ciel bleu et parmi les grands arbres de jardins merveilleux.

 

Les Baigneuses, vers 1765-1770

 

Ces amours sont vraiment très libertins. C’est l’époque. On est sous les mauvais rois Louis XV et Louis XVI. Tout va mal en France... sauf à Cour de Versailles, microcosme où l’on s’étourdit avant la catastrophe imminente de la Révolution et... de la guillotine !

 

Le Jeu de la main chaude, 1779-1780

 

Un panneau explique :

Un groupe de jeunes élégants s’est installé au pied de la statue de l’ « Amour menaçant » de Falconet. Un pénitent est agenouillé dans le giron d’une belle dame en rose, son « confesseur », qui s’assure ainsi de son aveuglement. Les pénitent a placé dans son dos sa main ouverte que les autres joueurs viennent claquer, à charge pour lui de les reconnaître à ce simple contact. L’égide de la statue de Falconet souligne l’implication amoureuse du jeu apparemment innocent.

Le temps se passe en fêtes et en divertissements futiles. La bienséance domine dans les salons, l’élégance y est parfaite. Les âmes sont vides. Elles sont vides à Versailles mais les idées nouvelles surgissent à Paris. Les philosophes des Lumières pensent un monde bien différent, humain, fraternel, ouvert. Le malheur règne en province. Les paysans sont affamés et les ouvriers écrasés de misère.

Jean-Jacques Rousseau a déjà publié en 1755 le Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes, où il oppose l'état de nature qui faisait le bonheur de l'humanité, à l'état social, source de l’insatisfaction générale. Il fait paraître Le Contrat socialen 1762 selon lequel c’est le peuple souverain qui organise une vie collective apaisée.
On l’invite dans les salons, comme Voltaire, Diderot et bien d’autres.

On s’étonne, on se grise, on se pâme de ces idées extravagantes. Mais lorsqu’en 1762 Rousseau publie Emile c’en est trop : le Parlement fait brûler le livre en place de Grève et ordonne d’en arrêter l’auteur. Celui-ci qui craint, à juste titre, pour sa vie, s’enfuit en Suisse. Il faut dire que l’Emile contient la Profession de foi d’un Vicaire savoyard où sous couvert du discours d’une prêtre catholique, c’est son protestantisme libéral que Rousseau se permet d’exposer !

Et la pensée unique catholique de l’époque ne le permet pas : les persécutions religieuses perdurent. L’année précédente, en 1761, le protestant Jean Calas avait été roué vif, accusé sans preuves, d’avoir assassiné son propre fils. Les interventions passionnées de Voltaire pour le défendre n’avaient servi à rien.
En 1762, Jean Viala, quarante-neuf ans, originaire d'Anduze, est encore condamné aux galères pour cause de protestantisme. Il y meurt deux ans plus tard. Il sera le dernier condamné : en 1775 Antoine Raille, soixante-dix-sept ans, et Paul Achard, soixante-quatre ans, les deux derniers galériens protestants, sont libérés. Ils avaient été condamnés trente ans plus tôt en 1745.
En 1768, libération des dernières prisonnières protestantes de la terrible tour de Constance à Aigues-Mortes.
En 1773 un Zurichois en voyage écrit ce qu’il y a vu à Nîmes :

Le jour de Noël 1773, je me dirigeai de la ville vers l'endroit où l'Église a l'habitude de s'assembler pour le culte. Par un chemin pierreux, extrêmement pénible, nous sommes arrivés dans la vallée étroite, à une demi-heure de la ville. Les gens étaient pressés les uns contre les autres et étagés comme sur les gradins d'un amphithéâtre. Au pied de la montagne se trouvait une chaire démontable. Le chiffre du peuple réuni se montait à 13 000. Cette assemblée, sans l'ombre même d'un confort, dura trois heures. Le long du chemin on trouvait des gens qui vendaient des livres de piété, des bibles ou des récits de persécution pour affermir la constance.

On sait cela, à la Cour, personne n'ose rien en dire. D'alleurs, à la suite de Nattier, de Boucher et de Chardin, Fragonard nous donne son opium et il est tellement plus sensuel !

 

Le Verrou, 1777-1778

Le cartel précise : C’est sans doute le marquis de Véri, amateur distingué et probablement libertin, qui a souhaité l’association sacrilège du Verrou et de l’Adoration des bergers au sein de sa collection.
En 1778, Voltaire est à Paris, invité dans les salons, spectateur scandalisé des tableaux de Fragonard.

 

Sapho inspirée par l’Amour, vers 1780

 

Le cartel dit : La poétesse Sapho (vers 612 – vers 557 av. JC) fut une figure emblématique des milieux littéraires en France aux 17e et 18e siècles. Fragonard, à qui le graveur Jean Massard offrit en 1773 un recueil des écrits de la poétesse, connaissait son œuvre de première main. Avec cette œuvre, Fragonard développe l’idée de la création littéraire comme métaphore de la rencontre amoureuse.

En 1789, 9 ans après, ces idées sera emportées dans la tourmente que l'on n'a pas voulu voir venir !

 

 

Retour vers spiritualité des images
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.