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Niki de Saint-Phalle

 

1930-2002

 

Grand Palais

jusqu’au 2 février 2015

 

Gilles Castelnau

 

 

29 octobre 2014

C’est une immense et magnifique exposition que le Grand Palais nous offre. Les queues très longues que des milliers de visiteurs acceptent sans rechigner montrent bien le saisissement que l’on éprouve au contact de cette étonnante artiste.

Catherine Marie-Agnès Fal de Saint Phalle est née à Neuilly d’une famille de très ancienne noblesse, d’extraction chevaleresque remontant à 1230 ayant eu les honneurs de la Cour en 1790. Les Saint-Phalle étaient seigneurs de Neuilly, de Pichancourt, de la Ferté-Loupière, de Vaux-Profonde, de Munois, de Cudot, de Villefranche, de Montgoublin.

 

Le rêve de Diane

Niki n’a certainement pas le caractère optimiste et exubérant que l’on pourrait lui attribuer au vu de ses « nanas » aux formes rebondies et colorées qui enchantent tout le monde. Elle était déprimée et angoissée. Mariée à 18 ans son union avec un ami d’enfance ne lui apporta, semble-t-il, guère de lumière. Elle demeura traumatisée toute sa vie par son père qui l’avait violée à l’âge de 11 ans. Elle fut même hospitalisée un temps en hôpital psychiatrique. Elle refusa même d’être décorée de la légion d’honneur, lorsque Jack Lang le lui proposa. Elle quitta son mari à l’âge de 40 ans et épousa en 1971 Jean Tinguely : les machines métalliques aux grincements atroces que celui-ci construisait symbolisent certainement son déchirement intérieur.

Toute sa vie est s’est défoulée dans son art, dans l’immense production infiniment variée qu’elle répandit dans le monde entier avec une incroyable générosité.

 

Le Bateau, 1959

 

Son grand tableau (toutes ses œuvres sont immenses, disproportionnées) le « Bateau », qu’elle peignit à l’âge de 29 ans, aux couleurs pâles presque entièrement écrasé par le gris, manifeste bien la tristesse de sa pensée.

Elle n’avait reçue aucun enseignement artistique, n’a jamais appartenu à aucune académie officielle ; c’est sans aucune règle ni contrainte que son imagination enfiévrée lui ouvrait les voies étonnantes que cette exposition révèle.

Jean Tinguely l’a introduite dans le mouvement du Nouveau Réalisme dont il faisait partie avec Christo, Martial Raysse, Daniel Spoerri, César et d’autres.

 

Le Cheval et la mariée, 1964

 

Elle y a été encouragée dans l’idée que l’on peut se laisser aller librement à représenter par son « art » la vie dans la société moderne actuelle dans tout ce qu’elle peut avoir de déplorable. Révoltée contre ses parents, contre les hommes, contre les mouvements féministes, contre la politique et la société dans son ensemble avec ses injustices, contre l’art lui-même, elle imagine ses fameuses séances de tir au fusil contre la peinture.

 

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Grand tir                                                                                 tir 1961                 

Elle ne pouvait ignorer l’étonnante technique de l’Américain Jackson Pollock qui, quelques années auparavant, faisait égoutter de la peinture au hasard par des trous percés dans des boites, sur de grandes toiles posées par terre. Elle eut l’idée de tirer au fusil sur de petits sachets de peinture liquide disposés sur des cadres de plâtre. L’éclatement jaillissant de la peinture manifestait son agressivité, sa volonté de profanation généralisée. Elle tirait même sur les symboles religieux de son enfance, des statues de saints et des crucifix (jamais sur Dieu lui-même avait-elle fait remarquer !)

Et c’est ensuite qu’elle trouva sans doute sa libération – ou sa profanation suprême ? – dans la confection de ses fameuses « nanas ».

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Bénédicité, 1965 – danseuse noire, 1968

 

Images de femmes surdimensionnées, au corps déformé, dépersonnalisées, aux gestes exubérants, à la joie inexpressive, au dynamisme magnifique, aux couleurs festives. Résurrection ? lumière intérieure jaillissant d’une obscurité déprimante ? agressivité pourtant contre les femmes représentées de manière si vivante et si inhumaine ?

Joie des enfants que leur parents amènent en nombre pour contempler ces images suscitant étonnement joyeux, plaisir de tous : de nombreuses villes exposent ces nanas ou des figures de la même veine sur les places publiques au bonheur de tous.

Ne citons que la grande fontaine voisine du Centre Pompidou à Paris où le gris métallique de quelques machines de Jean Tinguely voisinent avec les couleurs heureuses de Niki !

 

place du Centre Pompidou
(à gauche, machine de Jean Tinguely)

 

 

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