René François Xavier Prinet, Le Balcon, 1905-1906
Paris 1900 - la ville spectacle
Paris, musée du Petit Palais
jusqu’au 17 août 2014
Gilles Castelnau
19 juin 2014
C’est effectivement une très belle exposition qui nous fait revivre tous les aspects de cette belle époque, dynamique, créatrice, heureuse. Aucune ombre à ce tableau magnifique et séduisant.
Henri Gervex, Une soirée au Pré-Catelan, 1909
Les commissaires la présentent excellemment ainsi :
L’exposition « Paris 1900, la Ville spectacle » invite le public à revivre les heures fastes de la capitale française au moment où elle accueille l’Exposition Universelle qui inaugure en fanfare le 20e siècle.
Plus que jamais la ville rayonne aux yeux du monde entier comme la cité du luxe et de l’art de vivre.
Plus de 600 œuvres – peintures, objets d’art, costumes, affiches, photographies, films, meubles, bijoux, sculptures... - plongeront les visiteurs du Petit Palais dans le Paris de la Belle Epoque.
Les innovations techniques, l’effervescence culturelle, l’élégance de la Parisienne seront mis en scène comme autant de mythologies de ce Paris dont la littérature et le cinéma n’ont cessé depuis de véhiculer l’image dans le monde entier.
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Louis-Robert Carrier–Belleuse : Porteurs de farine, scène parisienne : 1885
Mais si les visiteurs tournent le coin de la dernière salle et reviennent vers la sortie en longeant les œuvres des collections permanentes du musée, c’est une tout autre image qui leur sautera au visage.
De très belles toiles – et des statues – montrent avec empathie le petit peuple de Paris dans sa vie quotidienne, dynamique certes, créatrice absolument, courageuse aussi et émouvante. Mais sans « spectacle » ni flonflons et dans une misère émouvante.
Il y a, à Paris, de nombreux tableaux montrant l’envers de la Belle Époque qui pourraient légitimement figurer dans l’exposition et être mentionnés ici (que l’on pense entre autres à la période bleue de Picasso). Mais la concomitance de ces deux réalités présentées au Petit Palais des deux côtés d’un mur ne peut manquer d’être remarquée.

Fernand Pelez, Grimaces et misère - Les Saltimbanques 1888
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