
Johann Heinrich Füssli Le Cauchemar, 1781
L’Ange du bizarre
le romantisme noir de Goya à Max Ernst (1770-1940)
Musée d’Orsay
jusqu’au 9 juin 2013
Gilles Castelnau
18 mars 2013
Le grand « Cauchemar » de Johann Heinrich Füssli (ci-dessus) nous accueille à l’entrée de cette extraordinaire exposition et nous introduit dans le fantasme de cet autre monde parallèle au nôtre, univers inquiétant et malsain générateur de mystère et d’angoisse. Tout ce que l’on nous montre ainsi existe peut-être à notre insu, dans nos songes et nos ignorances…
Angoisse de cette jeune femme dominée, envoûtée par un monstre grimaçant qui va peut-être s’accoupler (délicieusement ?) avec elle et contemplée par un cheval au regard fou qui ensuite la dévorera. Rêve libertin dans un XVIIIe siècle finissant, réalisé dans une Angleterre plutôt puritaine mais déjà friande de fantastique.

Carl Friedrich Lessing, Paysage montagneux avec ruines (1830)
Le romantisme allemand développera ensuite cette capacité d’imagination qui, devant la ruine d’un château ancien, se proposera d’effrayer le spectateur du tableau qui ne pourra manquer de penser que les scènes les plus étranges, extraordinaires et effrayantes ont pu s’y passer.
William Degouve de Nuncques, Nocturne au parc royal de Bruxelles, 1897
C’est dans le même esprit que William Degouve de Nuncques donnera au tranquille parc royal de la ville une atmosphère si irréelle que le visiteur ne pourra qu’appréhender de pénétrer en un tel lieu ou, à l’évidence, n’importe quelle présence menaçante pourrait surgir de la manière la plus inattendue et inquiétante.

Serafino Macchiati, le Visionnaire, 1904
Avec le peintre italien Serafino Macchiati le monde de l’au-delà ne se situe plus dans l’esprit peut-être enfiévré du spectateur mais est réellement représenté. La scène où un fantôme à la silhouette transparente apparait à un homme terrifié, dans une pièce sombre et sans les couleurs de la vie, semble montrer la factualité de cette terrible expérience. Le spiritisme était d’ailleurs à cette époque, plus que de nos jours où il existe aussi, une passion courante dans les milieux intellectuels. En France Allan Kardec, Victor Hugo, George Sand, en Angleterre Arthur Conan Doyle en étaient d’illustres représentants.

Carlos Schwabe, La Mort et le fossoyeur, 1900
Le peintre suisse demeurant à Paris, Carlos Schwabe, lui aussi, entend nous faire participer à sa vision de l’invisible en représentant la mort elle-même.
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