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Spiritualité des images

 



 

Gas, 1940

 

Edward Hopper


New York 1882-1967

 

Paris, Grand Palais

jusqu’au 3 février 2013

 

 

Gilles Castelnau

 

6 novembre 2012

La vie tourbillonnante de l’Amérique, sa circulation automobile infernale, son dynamisme fantastique sont suggérés par la présence de cet employé d’une petite station service tout éclairée, propre et bien repeinte, en ordre, disponible.

Mais elle est sur une route secondaire perdue dans un environnement qui semble désert. Edward Hopper nous montre l’envers de la belle médaille, le vide, la solitude de la réalité quotidienne.

 

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Robert Henri, The Art student, 1906   -   Edward Hopper, Chop Suey, 1929

 

La carrière d’Edward Hopper a commencé alors qu’il était élève de Robert Henri à la New York School of Art. Celui-ci enseignait le réalisme : « Pour trouver la beauté, nous devons être honnêtes et ignorer la crainte. Nous devons avant tout être des hommes ».

La charmante étudiante que Robert Henri peint ici semble, en effet, sortir du cadre du tableau pour nous adresser la parole de manière, sans doute, « réaliste » : pointue, ironique, interpelante. Robert Henri adorait les femmes et aimait les peindre.

Mais Edward Hopper a pris sa liberté et a découvert lui-même une autre manière d’ « être un homme ». Comme son maître il « a ignoré la crainte » et, en effet, il n'a pas craint de représenter la réalité de la vie de ses concitoyens. Mais plus que son maître, peut-être, il a su s’ouvrir à ce que ses prochains vivaient « réellement » dans l'Amérique de son temps.

Les femmes des années 1920 vivaient parfois une existence déchirée entre l’idéalisme qui leur montait au cœur et la réalité d’une société très conservatrice et puritaine. La conversation de ces deux jeunes filles buvant du thé dans le simple cadre d’un café de province semble à la fois tranquille et sans drame mais aussi sans élévation ni plaisir, sans chaleur ni joie de vivre.

 

Nighthawks 1942

 

Quant à ce terrible café ouvert la nuit, propre certes et éclairé a giorno, il respire la fatigue, la fumée de cigarette refroidie et l’attente peut-être d’un train de nuit. La société américaine fonctionne, les trains sont peut-être à l’heure et circulent la nuit, on y trouve toujours une tasse de café servie certainement sans difficulté et à bon marché. Mais l’ambiance de la guerre en 1942 n’est pas de celles qui incitent au sourire. Froid intérieur provoqué par l’inquiétude suscitée par la guerre…

 

Room in New York, 1932

 

Ce couple ne vit pas dans la pauvreté. L’homme a une chemise blanche et une cravate bien nouée. Il travaille sans doute dans un bureau et gagne correctement sa vie. La femme a une belle robe rouge. Leur appartement est convenable. Ils ont un fauteuil, une table ronde et un piano. Des tableaux au mur. Rien de plus.
Pas de fleurs ni de symboles de vie. Une porte fermée qui n’a même pas de poignée donne le ton du blocage qui les sépare. Il lit le journal sans peut-être rien retenir. C’est une attitude qu’il se donne. Elle pianote d’un seul doigt, peut-être pour manifester sa présence.
Le silence règne. Ils ne sont pas fâchés, nulle colère, nul reproche ne les sépare. Le froid de l’ambiance les étreint évidemment et... nous interroge nous aussi dans notre propre existence.

 

Grand Palais

 

La foule se presse à cette exposition. La pluie glacée qui tombe sur Paris et l’heure ou même parfois les deux heures de queue qu’il faut faire pour entrer dans le Grand Palais lorsqu’on n’a pas acheté d’avance son billet ne découragent pas les visiteurs, semblables d’une certaine manière à ces personnages de Hopper persévérant courageusement sous une lumière électrique dans un monde sans soleil. Edward Hopper n’est pas seulement américain et sa peinture dépasse la période du XXe siècle. Elle nous interroge tous sur la lumière qui éclaire notre regard et nos âmes.

 

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