Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Libéralisme théologique

 

 

Réflexion sur le credo


Vérité historique ou mythologique

de la naissance miraculeuse

et de la résurrection

de Jésus ?

 

.

 

Pierre-Jean Ruff

Paris

 

 Le mythe d'une naissance hors du commun, alliance d'une divinité avec une femme, fait partie de la culture ancienne pour arguer de la venue parmi les humains d'une personnalité exceptionnelle.Ainsi, disait-on, pour la conception et la naissance de Platon, d'Alexandre le Grand et des pharaons Hatchepsout et Aménophis III.

 L'affirmation de la naissance miraculeuse de Jésus, chère aux évangélistes Matthieu et Luc, relève de la même démarche. Il s'agit alors de souligner le caractère exceptionnel de cette naissance et surtout de celui qui vient à ce monde ( pour Jésus, l'affirmation est celle de sa divinité, assertion à laquelle, personnellement, je ne souscris pas dans sa conception habituelle.

Pour moi, intrinsèquement, Jésus n'est pas Dieu. Mais sa parole est divine, comme je l'espère de temps à autres la nôtre.

Lors de sa naissance, je ne crois pas qu'il y ait eu un phénomène de parthénogénèse. Mais, même si ç'avait été le cas, cela ne changerait en rien pour moi le visage et l'identité de Jésus, comme la foi que j'ai en lui.

 

Adepte de l'immortalité d'une part de nous-même, qu'on l'appelle « âme » ou autrement, je ne crois pas une seconde à la résurrection corporelle de Jésus, pas plus  qu'à celle d'Élie, de Marie ou de Mahomet. Ce ne sont là que des métaphores pour dire que la mort physique n'est pas le cdernier mot de toute vie.

Dans ces deux types de préoccupations, une naissance ou une mort « miraculeuse », entendez: hors du commun, croire à la matérialité de ces symboles suscite en moi une grande tristesse, comme si la foi avait un besoin absolu de preuves matérielles.

En résumé, je suis totalement respectueux de ceux qui, à titre personnel, prennent au premier degré les assertions relatives à la divinité corporelle de Jésus. Je regrette fortement lorsque cette croyance est indispensable à certains, comme si la foi n'existait pas sans de tels supports. Enfin, je suis très remonté contre ceux des responsables d'Églises qui, pendant des siècles et des millénaires, ont enseigné la nécessité de ces supports matériels pour fonder la foi.

 

.

 

 

Werner Burki

Paris

 

La naissance miraculeuse de Jésus

Pour la naissance miraculeuse de Jésus, je n'ai qu'une réponse très simple. Celle d'une paroissienne qui refusait ma visite pastorale bien que très âgée sous prétexte qu'elle n'avait aucune sorte de croyance ni de spiritualité. Toutefois, dans sa lettre elle poursuit en disant qu'elle croit au beau conte de Noël, une légende admirable.

J'ai décidé de lui répondre que j'avais apprécié sa franchise et que, pour ma part, je considérais le mot « légende » comme tout à fait adapté. Comme sur une carte de géographie, la légende est ce qui doit être lu.

Pour nous, j'ajouterai que Noël représente la volonté de donner un commencement chronologique traditionnel et humain. Théologiquement l'enjeu n'étant pas la naissance mais la nouvelle naissance. Si Noël n'ajoute rien au grand exemple de la croix, il en fournit peut-être le premier bois. Vie et mort sont associées. La vie du ressuscité est voulue et choisie par Dieu. Noël est une ambiguïté à laquelle il faut faire face pour aller plus loin.

 

Le tombeau vide

C'est pour moi un problème de second plan. Je choisis plutôt une position paulinienne car la doctrine d'une chair ressuscitée s'oppose à la doctrine du corps pneumatique de la résurrection. Résurrection du corps oui, résurrection de la chair non. La résurrection du corps étant l'affirmation qu'une continuité subsiste entre l'état individuel d'être créé d'en deçà de la mort et l'état individuel d'être créé au delà de la mort. (Je m'appuie là sur les thèses de Brunner)

 

.

 

Gilles Castelnau

Paris

 

L'évangéliste Luc écrit clairement à son correspondant Théophile que son récit a pour but qu'il reconnaisse la certitude du « catéchisme » qu'il a reçu (Luc 1.4) et Jean termine son texte de manière analogue (Jean 20.31). Leur but n'est pas de faire oeuvre d'historien ou de journaliste rapportant des faits précis mais de transmettre un enseignement religieux.

A l'époque où ces textes ont été écrits, on vivait dans un monde enchanté, on ne faisait pas de différence entre « vérité » historique et « vérité » spirituelle. On a compris aujourd'hui qu'il ne faut pas confondre les genres. Ce serait faire violence aux textes que de leur faire affirmer des « vérités » scientifiques non crédibles et ce serait faire acte d'incompréhension que de les rejeter comme absurdes.

Les vérités spirituelles sont normalement exprimées dans un langage de métaphores qu'il faut décrypter. Ce ne sont pas les images qui sont « vraies », c'est le sens qu'elles désignent : quand le doigt désigne la lune ce n'est pas le doigt qu'il faut regarder !

D'autant que nos connaissances ne nous permettent plus de prendre à la lettre certaines de ces images : à la différence de Luc narrant l'Ascension de Jésus, on sait aujourd'hui que la terre est ronde et qu'un corps qui s'élève verticalement n'arrive pas au paradis mais se satellise en orbite !

 

Les récits de la mort de Jésus sur la croix présentent celle-ci comme un événement dont le sens profond dépend, certes, de la foi de chacun, mais dont tous les passants de Jérusalem pouvaient être témoins.

Les récits de la résurrection de Jésus sont d'un genre différent : les passants n'auraient pu en être témoins. Un journaliste présent lors des apparitions du Ressuscité n'aurait rien pu saisir comme image ou comme son.

La Résurrection du Christ n'est pas moins « vraie » que sa mort ; elle se situe à un autre niveau d'existence.

Nous prendrons néanmoins garde de ne pas commenter ces textes de manière critique et négative alors qu'ils multiplient au contraire les représentations enthousiastes pour témoigner du surgissement créateur de la vie au travers des forces de mort qui nous harcèlent et nous angoissent.

 

Quant à la naissance miraculeuse de Jésus mentionnée par Matthieu et Luc, elle est ignorée par les auteurs les plus anciens du Nouveau Testament (Paul, Marc).

On croyait à l'époque, que le corps féminin était comme un vase destiné à recevoir la semence masculine qui seule, comme une graine d'arbre ou de plante, constituerait le corps de l'enfant. On ignorait les chromosomes et on ne savait pas que c'est l'homme qui fournit les chromosomes XY.

La conception virginale n'aurait pu être constatée, chez Marie, par un gynécologue.

Nous comprenons bien qu'elle désigne à notre foi l'origine réellement divine de Jésus, de son esprit et de son ministère.

 

Nous nous garderons d'en faire un argument polémique que nous prétendrions opposer par exemple aux récits bouddhistes qui sont encore bien plus surnaturels, avec des pluies de fleurs, une musique céleste qui retentit et le nouveau-né qui marche vers la quatre points cardinaux en prononçant des paroles fondamentales ! Comme si leurs récits merveilleux étaient « faux » et les nôtres « vrais ».

 

.

 

Jean Dumas

Dieulefit

 

Voici une compréhension des deux thèmes de la naissance virginale et de la résurrection. Pour être complète, cette compréhension se fait en deux temps : celui de l'analyse historico-critique des textes, et celui de la compréhension pour ma foi d'aujourd'hui.

 

Naissance

Les  deux premiers écrits chrétiens connus, de Paul, précisent que Jésus est né de la chair d'une femme : Romains 1,3 et Galates 4,4. Paul ne sait donc rien d'une naissance prétendue virginale. La naissance de Jésus est racontée différemment selon deux évangiles, ils sont plus tardifs. Là encore, il faut savoir que nombreux sont les récits antiques décrivant les naissances miraculeuses.de héros mythiques. Les deux récits évangéliques, de Matthieu et de Luc, ne peuvent être acceptés dans la lettre des textes, et la naissance virginale n'est plus crédible aujourd'hui. Cependant, contester l'authencité des textes ne peut être que néfaste si on n'en fait pas ressortir la valeur positive qui révèle une affirmation riche. Ils sont riches d'une poésie indéniable qui les rend signifiants pour la foi. Je soutiens avec Paul Ricoeur que « le symbole donne à penser ».

Il me faut donc compléter l'analyse historico-critique des récits de la naissance de Jésus par une lecture symbolique et mystique pour en recueillir le message évangélique. Je souligne alors l'extraordinaire grâce de Dieu dont le Fils naît dans la pauvreté d'une étable, et non dans le luxe d'un palais, d'une mère humble servante du Seigneur et d'un père artisan. Ce Fils de Dieu, dont les évangiles décrivent la condition d'homme exemplaire, n'a de cesse de rendre présent aux hommes le royaume de son Père qui est Père de tous les hommes, par ses gestes guérisseurs, par ses prédications, par sa fidélité à toute épreuve jusqu'à la mort. Les bergers et les anges,  les mages et Hérode, Joseph et Marie campent les personnages symboliques de l'ouverture de l'oratorio évangélique.

 

Résurrection

L'analyse des textes me signale qu'ils ont été écrits en un temps où on croyait aux fantômes et à la possibilité de la résurrection d'un mort. On peut de nos jours légitimement douter de la véracité historique du tombeau découvert vide,  comme des apparitions du ressuscité, à chaque fois différentes selon les évangiles. Celles-ci  mettent en évidence la réalité, d'un tout autre ordre que physique, d'un Jésus mort sur une croix : il est entré dans une vie d'une autre dimension.

C'est à tort qu'aujourd'hui ressusciter désigne le passage de la mort corporelle à la vie après la mort. La résurrection n'aurait donc rien à voir avec ma vie de chair sur la terre ? Je n'aurais accès à la vie ressuscitée qu'après ma mort ? C'est restreindre la bonne nouvelle à l'après-mort ; c'est applatir la dimension de la vie éternelle pour la réduire à la surface  des choses.

Dans le second Testament, un des deux mots grecs  pour dire ressusciter est du vocabulaire courant signifiant se réveiller. Chaque  matin je ressuscite. Et quand je m'éveille à la Vie infinie, j'entre dans la plénitude du monde transfiguré. Par la résurrection  qu'il m'accorde de mon vivant, Dieu m'ouvre les yeux sur cette Vie où Jésus est entré dès son baptême et qui s'est poursuivie  par delà sa mort.

Certes, ma mort subsiste, précédée du cortège des malheurs et des chûtes de mon existence terrestre. Mais Dieu me ressuscite à longueur de vie, parfois en un éclair de temps, parfois par de longues plages de proximité avec Christ. Par la foi, j'accède à la Vie infinie et les êtres comme la création dans son entièreté, comme ma propre vie, s'emplissent d'une clarté de résurrection. Ma mort, lente ou brutale, paisible ou tourmentée, ne sera jamais qu'une étape, la dernière, pour m'ouvrir à l'ampleur définitive de la Vie ressuscitée. S'éveiller à la Vie infinie, dès ici-bas et pour toujours, c'est ressusciter.

Alors, le tombeau vide, les apparitions du ressuscité, ses ultimes gestes et entretiens avec les siens, me sont signes pour désigner l'aujourd'hui de la vie de résurrection.

 

.

 

Claude Peuron

Paris

 

La naissance de Jésus - Récit historique ou mythologique ?

On ne connaît pas avec précision les circonstances de la naissance de Jésus et les récits qui en ont été faits - bien longtemps après - ont un caractère mythologique.

Que voulaient dire ces récits ? Pour ceux qui l'ont rencontré et qui ont cru en lui, Jésus a été la présence de Dieu, ou la révélation de Dieu. En lui Dieu s'est donné à entendre et à voir d'une manière décisive. Ainsi, il a été le Fils de Dieu, c'est-à-dire celui qui se trouve dans une relation unique avec Dieu, en sorte qu'il peut être l'intermédiaire d'une connaissance nouvelle de Dieu. Il est inutile d'insister sur les contradictions entre les « ouvertures » de Matthieu et de Luc (Mt 1-2, Lc 1-2) pour souligner que l'intention de ces textes n'est pas d'apporter une connaissance historique, d'autant qu'il n'y a aucune confirmation dans des textes extérieurs (même le recensement est bien faiblement attesté), mais de désigner et de faire reconnaître Jésus comme digne de foi.

 

Le tombeau vide - Récit historique ou mythologique ?

La réponse est plus difficile. Bien entendu, on ne peut guère parler de récit historique puisque, là aussi, il n'y a pas de confirmation externe. Ce qui peut être considéré comme historique, c'est le fait que, dans  un délai assez bref après sa mort, les disciples de Jésus ont affirmé qu'il était vivant, qu'il s'était donné à voir.

Le récit du tombeau vide n'est pas un récit de résurrection, car le texte est bâti autour d'un vide. Le tombeau est vide mais il y a aussi une lacune dans le temps : entre le vendredi soir et le dimanche matin, le récit est suspendu. Signe d'un vide, d'un manque... qui contient un appel.

Jésus était mort, et il se manifeste, il est reconnu comme vivant. Il est absent et pourtant sa présence est sensible, elle est reconnue. Absence qui n'empêche pas cette présence mystérieuse ; présence qui ne supprime pas l'absence avec laquelle il faut apprendre à vivre.

Le récit du tombeau vide introduit une question plus qu'une explication : comment retrouver, comment rencontrer, comment écouter ce Jésus, l'absent dont la présence peut venir nous surprendre, celui dont la présence promise, présence parfois entrevue, peut nous entraîner sur des chemins nouveaux ?

 

.

 

 

Retour vers la page d'accueil
Retour vers "pasteurs libéraux"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.