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Robert Ageneau, Serge Couderc,
Robert Dumont et Jacques Musset (éd.)

Manifeste
pour un christianisme d’avenir

 

J.S. Spong, J. Moingt, J.M. de Bourqueney...
Journée d’études du 5 octobre 2019


 

Ed. Karthala

182 pages - 21 €

 

Gilles Castelnau

 

 

15 février 2020

L’évêque épiscopalien (anglican) John Spong dans le désir de rendre ses prêtres et ses paroissiens sensibles à la foi chrétienne déconstruisait et reconstruisait toutes les formulations doctrinales habituelles trop souvent considérées de nos jours comme non-crédibles.
Les éditions catholiques Karthala le font connaître en France et une importante journée d’étude et de rencontre a rassemblé à Paris le 5 octobre dernier plus de 140 participants, dont d’importants théologiens et des membres de nombreux cercles de rencontres de toute la France.
Ce livre en fait un compte-rendu complet, incluant les exposés magistraux et les réactions qu’ils ont provoquées.
On remarquera que les interventions ont pratiquement toutes tourné, non pas sur la pensée de John Spong mais sur la mise en question des structures de l’Église catholique.

• Avant-propos de Robert Ageneau, Serge Couderc, Robert Dumont et Jacques Musset.
• Message « à mes amis du pays de France » de John Spong
• Comment John Shelby Spong est arrivé en France et en Europe par Robert Ageneau
• John Shelby Spong, témoin d’un christianisme crédible pour nos contemporains par Jacques Musset
• La contribution de Joseph Moingt à un christianisme d’avenir par Jean-Pol Gallez
• La théologie du Process ou la rénovation du langage théologique par le pasteur Jean-Marie de Bourqueney
• Comment j’ai traduit le dernier livre de Spong par Roger Gautier
• Réflexion sur la réception des ouvrages de Spong par Lucienne Gouguenheim
• Un travail de groupe sur La Résurrection mythe ou réalité ? par Noël Barré et Loïc de Kerimel
• Le protestantisme libéral par le pasteur Jean-Marie de Bourqueney
• Prises de parole
• Postface par Robert Dumont
• Annexe : Retours de la journée du 5 octobre.

En voici quelques passages.


Avant-propos

Notre courant du 5 octobre a réuni des personnes qui ont quitté la foi traditionnelle, s'en éloignent ou s'y trouvent mal à l'aise, à cause des doctrines. des langages, des rites, de positions qui leur sont devenus obsolètes, à eux mais aussi à nos contemporains.
[...]
Le cœur de la crise que nous avons traité le 5 octobre ne se situe pas d'abord au niveau des questions de structure et de discipline (la gouvernance ecclésiastique, le célibat obligatoire, les abus sexuels, les finances du Vatican...). Beaucoup plus en profondeur, il concerne le sens même de l'existence chrétienne et la manière d'exprimer une fidélité vivante à Jésus de Nazareth. Une fidélité à la démarche et au message de cet homme qui, il y a vingt siècles, a donné son nom à notre « ère commune ». A ce niveau profond de la crise, la question de la situation des Eglises n'est évidemment pas absente du débat.


Prises de parole

Clément de Paris
Je voudrais simplement apporter une petite expérience de parent. Je pense que notre génération a été formatée sur la culpabilité et le péché originel. J'ai entendu cela durant toute mon éducation religieuse : le péché, le péché originel, la culpabilité, la confession, etc. Et puis, j'ai découvert par les Écritures, par l'Évangile, que finalement, c'est de l'amour originel dont il faut parler en premier. Et, avec les enfants, j'ai essayé très humblement, de parler de l'amour originel et de l'amour. C'est une expérience qu'ils ont de façon extrêmement concrète, tous les jours, et cela leur parle vraiment ! Et quand vous leur parlez de I'amour, vous pouvez leur dire qu'il y a aussi l'Évangile qui parle de l'amour. Voilà un chemin qui conduit très simplement vers la transmission.


Robert Ageneau
Je voudrais rappeler que ce sont des catholiques qui ont introduit Spong en France. Sans doute parce que c'était plus urgent pour nous que pour nos frères protestants. Nous sommes toujours dans une difficulté catholique considérable depuis la fin du XIXe et le début du XXe siècle avec la crise moderniste qui a stoppé, paralysé, bloqué la recherche en théologie, en philosophie et concernant toutes les questions que nous avons abordées aujourd'hui. Une crise qui a impacté en particulier la formation reçue dans les séminaires.
[...]
Je reviens à l'affaire Spong. Nous avons eu le soutien d'une presse engagée, mais nous avons vécu un blackout total de la part de la grande presse. La presse calholique a été en particulier plus que muette au niveau de ses principaux représentants. Comme plusieurs d'entre vous sans doute, je reste choqué que les deux grands médias catholiques en France, le quotidien La Croix et l'hebdomadaire La Vie, n'aient pas publié une ligne sur les cinq ouvrages de Spong. ll y a sans doute de l'ignorance, une quasi-censure, mais j'y vois surtout cette tradition du catholicisme officiel français qui continue à ne pas tirer les conséquences des énormes acquis de l'exégèse moderne. On ignore aussi l'existence d'une tradition de catholiques français critiques ou libéraux.

Pourquoi ne pas dire tout haut par exemple que Jésus est né comme tous les humains d'une union entre un homme et une femme et qu'il serait peut-être un enfant illégitime selon de nombreux détails épars dans les textes des évangiles ? Pourquoi continuer à parler de conception virginale ? Pourquoi refuser d'ouvrir les dogmes à I'exégèse historico-critique, comme cela est reconnu pour la Bible elle-même ? Est-ce que d'en parler ne rendrait pas le catholicisme plus adulte dans nos sociétés ?


Éric Florin du groupe Légaut de Seine-et-Marne
Je reviens à la question qui était posée par le responsable de la chapelle Saint Bernard sur la réaction des évêques à l'information qui leur a été faite. Je crois que si on touche au dieu théiste tel que le décrit Spong, si on veut passer à un Dieu disons « spirituel », un dieu qui ne vous donne pas ce que vous lui demandez si vous êtes gentils et qui ne vous dit pas si vous avez été méchant' donc si nous quittons ce dieu théiste, nous touchons de façon dramatique, au pouvoir clérical, car qui est-ce qui nous met en lien avec le dieu théiste ? C'est le curé qui nous a baptisés et confirmés, qui nous confesse régulièrement pour tout ce qui n'est pas beau. C'est cela le Dieu théiste ! C'est Lourdes ! C'est Fatima ! Le dieu théiste est là aussi ! Il y a des intérêts de pouvoir et d'argent dramatiques qui se cachent derrière ce dieu théiste. Donc, penser que les évêques qui vont se heurter de plein fouet à ce pouvoir clérical, que le pape François dit qu'il faut réduire, mais qu'ils ne tiennent pas vraiment à réduire... il ne se passera rien du tout ! La hiérarchie cléricale actuelle ne veut pas entendre parler de cela ! N'espérons rien ! Attendons que cette Église meure et le plus vite sera le mieux, comme me l'a dit un prêtre de mes amis

 


Robert Dumont
Un deuxième fait que j'ai ressenti comme symbolique de ce décalage entre l'Église et la culture ambiante. Au retour d'un pèlerinage annuel des étudiants à Chartres, les jeunes m'ont demandé de leur faire une sorte de récapitulatif de tout ce qui s'était balbutié le long de la route dont le thème avail été « La résurrection ». Pas très chaud, je m'y suis mis. Au terme d'un topo d'une heure et plus, très charpenté grâce à St Paul revu et modernisé par Teilhard de Chardin, une étudiante se lève et me lance : « Votre topo, irrécusable dans sa rigueur et sa construction ! Manque de chance, cela ne me touche pas ! » et elle se rassoit. J'ai pris le coup en pleine figure et j'ai compris que toute la dogmatique qui imprégnait le caté de mon enfance et mes sept ans de séminaire n'avait plus aucune prise sur la culture ambiante qui nourrissait les étudiants avec lesquels j'étais pourtant en relation humaine plus que chaleureuse.

 


François Dress
J'ai ressenti à partir du concile que les chrétiens qui n'étaient pas d'accord partaient en général sur la pointe des pieds et que l'on entendait plus reparler de ces gens-là ! Et puis, à partir des années 2000 - je ne sais pas si mon diagnostic est bon -, je me suis aperçu qu'il y avait des gens qui ne partaient pas mais qui exprimaient clairement leur désaccord. C'est nous et puis un certain nombre de gens qui pensent comme nous ! Pour moi, cela a été extraordinaire de découvrir que je n'étais pas tout seul mais je crois qu'aujourd'hui, pour maintenir le flambeau que nous constituons - il me semble que l'urgence c'est - je n'ose pas dire de faire des disciples mais de faire des émules. A propos des questions qui ont été posées tout à l'heure sur la transmission, la génération de nos parents, etc ne regimbaient pas ; la génération de nos enfants ce n'est plus leur problème, il n'y a plus que notre génération et il me semble urgent que nous, un par un, nous tous dans cette salle, nous arrivions à faire des émules, nous arrivions à intéresser un de nos enfants, un ami plus jeune que nous, de façon à ce que ce groupe que nous constituons aujourd'hui, dans quinze ans, il ne soit pas éteint par l'âge. Et moi la mesure que je propose, c'est celle-là ! Il y a un support maintenant qui sont les livres de Spong dont certains sont extraordinaires, que l'on peut adapter aux gens avec lesquels nous essaierons de faire des émules. Faisons chacun des émules ! Il y a peut-être des solutions I plus nobles et plus intelligentes, moi, je propose déjà celle-là !

 

Robert Dumont
Je pense souvent à la remarque de J.-M. Huret, prêtre ouvrier, qui affirmait : « l’Église prétend aporter les réponses avant d’avoir écouté les questions ». Ce à quoi j’ajoute que, ce faisant, elle empêche les questions de se dire à elle-même et qu’ainsi, elle stérilise non seulement toute relation mais la réflexion elle-même.

 


Retour de la journée du 5 octobre

 

En introduction, l’ambiance
Le mot que j’ai le plus entendu dans cette journée a été le mot « déconstruire ». De fait, tous les participant (e)s à ce colloque étaient réunis par une même expérience et un même objectif : avoir dans sa vie arrêté de croire à ce qui était in-croyable dans la proclamation actuelle de l'Église, avoir conservé une foi en Dieu, Jésus et l'Évangile, être convaincu qu'il est nécessaire de déconstruire cette proclamation (et la structure qui l'effectue) avant de reconstruire une autre proclamation et une organisation fidèles au message des origines. J'ai été personnellement très touché par la foi intense qui montait de cette assemblée.

 

 


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