Tu es un Dieu qui te caches,
ô mon Dieu, mais je sais bien
que c'est un jeu.
Je sais que tu m'entends quand je parle et que tu fais semblant de ne
pas être là .
Moi aussi, je fais semblant de croire que tu n'es pas là, et
quand je passe si près de toi que je te touche presque, je
prends l'air indifférent de celui qui ne se doute de rien.
Je joue moi aussi. Je marche comme quelqu'un qui a des choses
importantes à faire, mais je sais bien que tu n'es pas dupe et
que, secrètement, nous sommes de connivence.
Je trouve merveilleux que, sans nous être entendus d'avance,
nous soyons tellement d'accord !
Tu es un Dieu qui te
caches, et je ne sais pas ce que je
dois préférer. Si c'est de te trouver, de voir enfin ta
face, ou si ce n'est pas plutôt de poursuivre ce jeu et de
trouver bon que tu ne te montres pas.
Quoi que ce soit que j'aime, je cherche à le saisir mais toi,
pourquoi n'apprendrais-je pas qu'il est inutile de te
saisir ?
Ton absence a pour moi plus de prix, puisque c'est l'absence de toi,
que la présence de tout le reste, et je suis avec toi comme je
ne suis avec personne.
Cependant, ô Dieu, je te
cherche. Je ne te surprendrai pas,
je le sais, je ne forcerai pas ton secret, mais je te cherche.
Quoi que ce soit que je cherche, d'ordinaire, j'espère le
trouver, mais toi - et c'est pour cela que je te cherche comme
je ne cherche rien d'autre - je sais que je ne te trouverai
pas.
Je te cherche parce que tu te caches. C'est notre jeu. Et je sais
même une chose qui me vient de Jésus, c'est que tu ne te
caches pas loin, mais très près, dans mon prochain et
de préférence dans mon prochain malheureux.
De sorte que je n'interrompt pas ma prière lorsque je cesse de
te chercher et que je semble te laisser pour aller à lui.