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Le dimanche



Laurent Gagnebin

professeur émérite de l'Institut protestant de théologie



  Article paru dans le Bulletin de l’Église protestante unie du Foyer de l’Ame
mars 2023


18 décembre 2023

 

Lundi prochain, une nouvelle semaine commencera. Une semaine de travail sera derrière nous conclue par un dimanche de repos et de loisirs bienvenus, voire de célébration cultuelle. Hélas, les 2 propositions qui ouvrent cet article contiennent une idée qui est fausse. Le dimanche en effet ne marque pas la fin d’une semaine, mais son commencement. Même si le lundi, scolaire ou professionnel, correspond à la reprise du travail et à la fin du week-end.

Mais combien savent-ils que les 4 évangiles parlant du « premier jour de la semaine » désignent en fait ainsi notre dimanche, qui suit le sabbat des Juifs ? Pour éviter toute confusion, la traduction de la Bible « en français courant » rend l’expression originelle grecque du « premier jour de la semaine » par « le dimanche ». Le dimanche ou « premier jour de la semaine » qualifie le jour où eut lieu la résurrection de Jésus. Le dimanche sera ainsi la première et la seule de toutes les fêtes chrétiennes jusqu’au milieu du 2e  siècle : une fête de Pâques hebdomadaire.

C’est bien ainsi qu’elle fut comprise et célébrée. La fête annuelle de Pâques (le dimanche des dimanches, comme on l’a appelée parfois) date de l’année 150 environ. Chose très importante, hebdomadaire ou annuelle, la fête de pâques sera la seule et unique fête du calendrier chrétien pendant 3 siècles au moins. Durant tout ce temps-là, pas de Pentecôte, de Rameaux, de Transfiguration, d’Ascension et encore moins de Noël ; emporté par mon élan, j’allais ajouter pas de dimanche… de la Réformation !

Autre surprise : pendant 3 siècles, les chrétiens ont travaillé le dimanche, comme leurs concitoyens. Ils célébraient habituellement leur culte très tôt le dimanche matin. Les premiers chrétiens n’ont donc pas vu dans le dimanche un nouveau sabbat avec l’interdiction d’y exercer sa profession. C’est l’empereur Constantin qui institua par un décret en 321 le dimanche comme jour chômé dans tout l’empire, précisant bien d’ailleurs que cultivateurs et vignerons ne sauraient être forcés de respecter ce jour de repos.

Aujourd’hui, la liste est longue de toutes celles et de tous ceux que leur profession oblige à travailler le dimanche. A titre indicatif et non exhaustif, on peut citer sans ordre préférentiel, mais avec reconnaissance, le monde des hôpitaux, des transports, de bien des services publics (électricité, centrales atomiques, gaz, pompiers, par exemple), de la police, de l’armée, des prisons, du tourisme, des cafés, hôtels et restaurants,  des spectacles (cinémas, théâtres, concerts, variétés, cirques, fêtes foraines…), des loisirs, des musées, des sports, de l’information (télévision, radios, journaux, imprimeries…), de certains grands magasins (surtout en période de… fêtes, précisément !), de petits commerces de proximité et des boulangeries, du gardiennage, des ecclésiastiques de toutes confessions (dont on sait bien, comme on dit, qu’ils ne travaillent que le dimanche !), des  cultivateurs et éleveurs, des marchés, sans oublier des secteurs en perpétuelle activité dans les grandes usines et dans l’industrie, etc. Il est vraiment indispensable que des pauses spirituelles ou bibliques, comme c’est par exemple le cas au Foyer de l’Âme ou ailleurs, aient lieu pendant la semaine et non le seul dimanche.

Dès les origines du christianisme, le dimanche a été appelé aussi « le huitième jour ». Ne retrouvons-nous pas ainsi, dans une perspective qui nous oriente vers la fin des temps, ce dimanche fin de la semaine ? Mais non pas fin comme un achèvement, une fermeture, mais bien comme un but, un sens, une ouverture possible et un au-delà. Chaque dimanche est ainsi à la fois une fête de Pâques et une fête de  l’espérance.

 


 

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