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Les mages, les bergers,
Siméon et Anne

 

Gilles Castelnau

 

 

17 décembre 2023

 

Les mages

L’évangéliste Matthieu commence son évangile (après une longue généalogie) en décrivant en un récit initiatique les mages qui apportent à l’Enfant Jésus les cadeaux d’or, d’encens et de myrrhe.

  Les mages interrogeaient les étoiles et pratiquaient (efficacement !) la divinisation ce qui était tout à fait interdit par la loi juive. Le Deutéronome la qualifiait même de « pratiques abominables » (Dt 18.10)

Ils n’auraient donc jamais dû être admis en Israël, surtout pas par la famille de Joseph dont la généalogie montre l’ascendance royale. Plus tard Jésus – qui avait reçu à sa naissance les cadeaux des mages, ne craindra pas de fréquenter les personnes impures et « abominables » selon la loi de Dieu.

• Les mages déclarent aussi vouloir « se prosterner » devant le roi des Juifs. Ce terme a un sens fort dans l’Évangile de Matthieu : il y désigne toujours l’attitude de foi et de disponibilité qui est celle des disciples fidèles envers Jésus. Par exemple « Les disciples dans la barque vinrent se prosterner devant Jésus, et dirent : Tu es véritablement le Fils de Dieu. » (Matthieu 14.33).
Et surtout le dernier geste des disciples en présence du Christ ressuscité est de demeurer « prosternés » devant lui. (Matthieu 28.17)

Les mages, pourtant étrangers, païens et– divinement avertis par l’étoile céleste descendue sur terre et « marchant devant eux » - intègrent ainsi le monde des disciples.

• Venus d’Orient, de l’étranger et impurs de par leur profession d’astrologie, ils déclarent vouloir se prosterner devant celui qu’ils appellent le « roi des juifs ». Ils déclarent donc que l’Orient est sous sa domination ou, en d’autres termes, que le roi des Juifs est roi de l’Orient, roi des gens « impurs ».

D’ailleurs Jésus dira plus tard : « Je vous le déclare, beaucoup viendront de l'Orient et de l'Occident, et seront à table avec Abraham, Isaac et Jacob, dans le royaume des cieux. » (Matthieu 8.11) 

Ce récit montre donc, dès le début de l’Évangile, le rôle royal qui sera celui de Jésus, qui n’hésitera pas à dire : « Vous avez appris qu’il a été dit… mais moi je vous dis… », rôle d’ouverture aussi de l’alliance de Dieu avec tous les peuples de la terre sans distinction et pas seulement les Juifs




Matthieu, pour développer ce récit, s’est peut-être laissé inspirer par un événement qui venait de se produire quelques années auparavant et que rapporte l’historien Cassius Dion :

Le roi d’Arménie, un homme nommé Tiridate, vint en Italie avec les fils de trois chefs Parthes. Ces mages venaient d’Orient, dans une procession triomphale. Rome fut décorée pour leur souhaiter la bienvenue. Les gens se pressaient dans les rues et sur les toits pour apercevoir le visiteur royal alors que Tiridate avançait pour rendre hommage à Néron. Ce roi ne repartit pas non plus par le chemin qu’il avait pris en venant, mais s’en alla par un autre chemin. 

 

Les bergers

A la différence de Matthieu pour qui l’ange de l’Annonciation ne parle à Joseph qu’en songe, Luc ne craint pas de dire des bergers qu’« un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d'eux. Ils furent saisis d'une grande frayeur. »

Puis, c’est la multitude de l'armée céleste qui quitte le ciel et vient chanter dans le champ. Le ciel touche à la terre, la frontière entre le monde céleste et celui de la terre est abolie. « Dieu est parmi nous ».

Jésus était pour Matthieu le roi oint par Dieu, il est pour Luc la présence divine de « salut » agissant parmi les hommes.


Siméon et Anne

On dit souvent que les bergers étaient considérés comme impurs et indignes d’une telle faveur. Mais le texte n’en dit rien. Par contre, juste avant ce récit, l’évangéliste Luc nous avait transporté dans le lieu saint qu’était le Temple de Jérusalem, où deux personnages particulièrement pieux et remarquables avaient bénéficié exactement de la même révélation que les bergers dans leur champ : Siméon et Anne.

Tous deux comprennent que l’Enfant Jésus apportera le « salut » au peuple. Leur spiritualité élevée contraste avec l’attitude profane des bergers. Par exemple Luc précise bien qu’Anne passait la nuit « au Temple dans le jeûne et dans la prière. » alors que la nuit les bergers se livrent à l’occupation honorable mais toute profane de garder leurs troupeaux.

l’Évangile de la grâce montre bien que la présence salutaire de Dieu vient également aux gens pieux et aux profanes, aux fidèles et à ceux dont la fidélité ne prête pas à compliment.

 

Le « salut »

Les bergers auxquels l’ange annonçait un « sauveur », n’ont évidemment pas compris en quoi un petit enfant dans une crèche allait changer leur vie. Le « salut » n'est pas de se complaire dans la pauvreté d'une crèche, ni dans la douce chaleur d'un bœuf et d'un âne !
Quand on tourne les pages de l’Évangile, on voit bien que c’est 30 ans plus tard que commence le ministère de salut de Jésus-Christ.
- Lève-toi et marche, crie-t-il alors au paralysé après lui avoir dit que « ses péchés étaient pardonnés » et celui-ci bondit dans le « salut » d’une vie régénérée.
- Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre, dit-il devant la femme adultère menacée de lapidation par les fous intégristes. Et c’est tout le peuple dont les mains laissent tomber les pierres de la mort, et qui entre, ainsi, dans une nouvelle ère de tolérance et de vie.

- Ce qui entre dans la bouche ne souille jamais un homme mais ce qui sort de sa bouche dit-il à propos de l’obligation de manger cacher, libérant l’homme de toute contrainte alimentaire tout en l’orientant vers une parole qui ne « souille » pas l’humanité.
Donnez-leur vous-mêmes à manger dit-il à ses apôtres qui se découvrent alors capables de nourrir la foule fatiguée.
Des paroles que l’on n’avait pas l’habitude d’entendre, Esprit oublié des anciens prophètes.

La parole de Jésus nous « sauve » des contraintes rituelles de la Tora comme de la soumission au Destin aveugle des Dieux gréco-romains, en nous enracinant, malgré toutes les forces mauvaises du monde qui nous détruisent, dans le dynamisme créateur du Dieu de la Vie.
Au 16e siècle Luther proclamait le salut par la grâce
de Dieu de l’angoisse du péché et de la damnation éternelle que propageait la papauté.
Aujourd'hui c’est plutôt de nos sentiments d'angoisse et d'exclusion que nous avons besoin d’être sauvés.
Force et harmonie intérieure, amour fraternel, bienveillance sans exclusive. Souffle de Résurrection.

Les anciens prophètes d’Israël avaient déjà prêché le salut de Dieu. Esaïe chantait au 8e siècle av. J.C. :

S'ouvrent les yeux des aveugles,
S'ouvrent les oreilles des sourds ;
Le boiteux saute comme un cerf,
La langue du muet éclate de joie.
Car des eaux jaillissent dans le désert,
Et des ruisseaux dans la solitude. 
(35,5-6)

Il disait aussi :

Le loup se couche avec l’agneau… (11.6) 

Et Paul résumait pour les Athéniens l’évangile de Jésus-Christ en disant :

Dieu donne à tous la vie, la respiration, et toutes choses. (Ac 17.25)

Le « salut de Dieu » n’est donc pas tellement d’avoir une certaine foi ou d’appartenir à une certaine religion mais il se voit lorsque des hommes se lèvent et marchent, lorsqu’on se libère de l’esprit de condamnation qui pousse à lapider son prochain, lorsqu’on arrête de se préoccuper de rites purificateur et lorsqu’on se sent capable de « nourrir » son prochain.
Vivre pleinement, aimer toujours, avoir le courage d’être tout ce qu’on peut être. 

 

 

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