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Dieu :
le numéro que vous avez demandé
n'est plus attribué

Repenser le christianisme pour le 21e siècle


God Is No Longer a Working Number:
Rethinking Christianity for the Twenty-first Century


Martin Thielen

pasteur de l’Église Unie du Christ
  États-Unis



traduction  Gilles Castelnau

 

 

14 décembre 2022

Pour des millions de gens dans le monde, Dieu (comme on l’a traditionnellement pensé) n’a plus de « numéro » qui lui soit attribué. Non plus que la théologie traditionnelle ou l’Église institutionnelle. Et beaucoup de gens ont abandonné leur religion. Néanmoins nombreux sont ceux qui cherchent toujours une foi qui aide à vivre. Ils posent donc la question fondamentale : « comment puis-je être un chrétien intelligent dans le monde d’aujourd’hui ? »

J’ai le projet d’écrire un livre répondant à cette question mais en attendant je propose trois pistes.



Premièrement, rejeter une foi malsaine (la déconstruction)


• 1 • Le fondamentalisme biblique

Prendre à la lettre tous les textes bibliques est absurde. La terre n’a pas été formée il y a 6000 ans. Elle n’est pas plate. Ève n’a pas été tentée dans le mythique jardin d’Eden par un serpent qui parlait. Le Dieu révélé par Jésus ne ferme pas les yeux sur les génocides, l’esclavage, la polygamie, la domination des femmes ou l’exécution des gay.
La Bible n’a pas été écrite par Dieu mais par des hommes. Et ceux-ci l’ont fait dans le cadre des connaissances scientifiques et théologiques de leur époque. La lecture fondamentaliste implique une foi malsaine.


• 2 • Le sacrifice substitutif.

La théologie substitutive traditionnelle enseigne que Jésus a été substitué à nous dans le châtiment mérité par nos péchés.

On chante ainsi (cantique français correspondant au chant anglais cité par l’auteur) :

Tu vas donc au supplice
T’offrir en sacrifice
Chargé de nos péchés
Ainsi sauveur fidèle
A la mort éternelle
Par toi nous sommes arrachés.

Il faut abandonner aujourd’hui cette théologie du salut substitutif selon laquelle « Jésus est mort pour nos péchés ». C’était une métaphore qui avait du sens à l’époque où on sacrifiait des animaux mais on ne peut plus accepter l’idée d’un Dieu qui exigerait le sacrifice sanglant de son Fils pour pardonner l’humanité. Cela ressemble plus à un abus d’enfant qu’à une divine justice d’amour.


• 3 • l’enfer éternel

La croyance qu’un Dieu d’amour torturerait des gens en les faisant agoniser pour l’éternité dans les flammes n’est que de la théologie pornographique. Il est temps de supprimer l’enfer !


• 4 • Le salut exclusif

30 % de la population du monde est chrétienne, 20 % est sans religion, les autres 50 % sont musulmans, hindous, bouddhistes et juifs. Prétendre que le christianisme est la seule voie vers Dieu et que 70 % de la population de la terre est « perdue » et n’aucune espérance ni dans ce monde ni dans l’autre est une attitude d’une arrogance théologique inacceptable. Il faut aujourd’hui respecter absolument la valeur et la beauté de la diversité religieuse.


D'autres exemples de religion malsaine pourraient être cités, notamment la religion nationaliste, la religion d’auto approbation, la religion anti-LGBTQ, les religions de prospérité, la religion de colère, la religion absolutiste, la religion anti-scientifique, la religion de la fin du monde, la religion du Dieu protecteur des croyants contre tout mal : elles se sont toutes révélées fausses.


Deuxièmement, affirmer une foi essentielle

Il est ensuite essentiel d’affirmer le fondement du christianisme, c’est-à-dire Jésus.

• 1 • La centralité de Jésus.

Un de mes paroissiens fidèles, qui était juif d’origine, m’a demandé un jour « si toutes ces histoires de Jésus étaient vraiment utiles ». Je lui ai répondu : « on est une Église chrétienne et Jésus fait partie des meubles ». Il a ri et compris que, pour nous, Jésus n’était pas négociable.

• 2 • L’histoire de Jésus

Les récits décrivant Jésus, indépendamment de leur vérité historique, nous donnent une orientation, un sens, un but, une espérance. Au cœur de nos efforts théologiques de complexe déconstruction théologique et de reconstruction, il est absolument indispensable que nous conservions ses récits au cœur de notre foi.

• 3 • Les enseignements de Jésus

Quoi que certains en disent, le christianisme n’est pas fondamentalement, une affaire de croyances doctrinales. Peu importent le symbole des Apôtres, celui de Nicée et les autres, l’essentiel est de suivre Jésus, d’admettre son éthique, d’assimiler ses valeurs, de suivre ses enseignements, de vivre de son esprit et de mettre en œuvre ses pratiques. Bref, cela signifie vivre une vie d’amour.

• 4 • La mission de Jésus

Jésus n’entendait pas fonder une nouvelle religion, se faire accepter comme « sauveur et seigneur personnel », amener des gens à l’adorer ni à construire une nouvelle institution religieuse. Sa mission était de promouvoir l’amour de Dieu et du prochain et faire progresser le Royaume de Dieu « sur la terre comme au ciel ». Les croyants individuels et les communautés chrétiennes doivent donc s’engager à promouvoir le Royaume de Dieu dans l’entraide matérielle, la lutte contre le racisme et la recherche de la justice.

 

Troisièmement, admettre une foi ambigüe

Un nombre croissant de fidèles n’admettent plus de nombreux éléments de la doctrine traditionnelle.

• 1 • « Dieu le Père tout-puissant »

Beaucoup de gens ne croient plus vraiment en un Dieu personnel, tout-puissant et aimant, qui s’occupe providentiellement du monde, y intervient surnaturellement, exauce les prières et accomplit des miracles. Comme le dit l’évêque Spong : « le cœur ne peut pas invoquer ce que l’esprit ne peut pas croire. » Certains ont par conséquent abandonné toute foi en Dieu. D’autres ont renoncé un Dieu qui serait une divinité surhumaine et le conçoivent comme la force de la vie, l’énergie aimante animant l’univers. Ils suivent l’idée de Paul Tillich du Fondement de l’Être selon la parole de Paul dans Actes 17 : « en Lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. »

• 2 • « Jésus-Christ son Fils unique, notre Seigneur »

Beaucoup de gens ne croient plus vraiment en un Christ divin qui serait né d’une vierge, aurait marché sur l’eau, guéri des aveugles, serait physiquement ressuscité des morts et monté au ciel. Ils ont appris que les évangiles ont été écrits de 4 à 8 décennies après la mort de Jésus, durant un âge préscientifique marqué par de massifs préjugés surnaturels. Ils pensent que les récits concernant Jésus ont été progressivement exagérés jusqu’à devenir miraculeux et être enchâssés dans les credo du 4e siècle. Leur scepticisme s’exerce à l’encontre du Christ divin mais ils conservent leur relation au Jésus humain : ils croient en son amour, son dévouement, sa compassion, son attitude inclusive, sa grâce, son appel à la justice. Certains d’entre eux demeurent dans l’Église, alors que d’autres suivent l’exemple, l’esprit et l’enseignement de Jésus en dehors des contraintes de toute religion organisée.

• 3 • « La sainte Église catholique »

(Remarque de G.C. : dans le monde anglo-saxon le mot « catholique » signifie « universel » et non pas « romain »)

La foi chrétienne désigne certainement plus un « nous » qu’un « moi ». Le besoin d’une présence communautaire renouvelée se fait fortement sentir dans le monde moderne. Un paroissien m’a demandé récemment : « Où trouvez-vous maintenant l’Église ? » J’ai répondu que je la trouvais dans un groupe de six pasteurs retraités qui se réunissent régulièrement pour discuter honnêtement des questions spirituelles les plus présentes et se soutenir mutuellement.


Depuis le début du christianisme, chaque génération a éprouvé le besoin de repenser et de reconstruire sa foi d’une manière qui donne du sens à sa vie dans les circonstances qui sont les siennes. Pour beaucoup d’entre nous à la période actuelle, cela signifie premièrement rejeter une foi malsaine (la déconstruction), deuxièmement, affirmer une foi essentielle et troisièmement, admettre une foi ambigüe.

Mais le chemin continue !

 

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