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 L'Église d'Écosse et l'esclavage

Jackie Macadam

Article paru dans le mensuel de l’Église d’Écosse Life and Work
d’octobre 2022  (extraits)




23 octobre 2022


traduction  Gilles Castelnau

 

L'Assemblée générale de 2020 de l'Église (protestante réformée) d'Écosse s'est attaquée à la question de l’ancien esclavage et a demandé un rapport pour la prochaine Assemblée.
Le peuple de l’Église doit être motivé, les personnes de couleur vont être consultées ainsi que les églises de la majorité noire d’Écosse.

 


Dans les rues d’Écosse
on rencontre partout des bâtiments, des statues dont les noms désignent des personnes dont la fortune a été faite sur le dos d’esclaves et de la traite d’esclaves. des monuments ou des mémoriaux Dans nos églises même, des inscriptions honorent des personnes impliquées dans le commerce des esclaves et des dirigeants de l'Église étaient eux-mêmes « propriétaires » d'esclaves.

 

Nous avons une dette envers les hommes, les femmes et les enfants qui ont été achetés, vendus et soumis à des horreurs indicibles tout au long du 18e siècle. L'esclavage a été rendu illégal en Écosse en 1778, dans l'Empire britannique en 1807 et dans les plantations des Antilles britanniques en 1834-1838.

 

On lit, par exemple, dans les Archives nationales (National Records for Scotland) :

« En 1756, un esclave du nom de Jamie Montgomery fut amené par Robert Sheddan de Morrishill en Virginie (États-Unis) en Ayrshire (Écosse). Sheddan avait dans l’idée de lui faire acquérir une formation de menuisier puis de le ramener en Virginie et de l’y revendre à un prix élevé.
Jamie avait été baptisé par le Rev. ]ohn Witherspoon (qui signera plus tard la déclaration d'Indépendance américaine). Sheddan l’emmena sur le port de Glasgow et le mis de force dans un bateau en partance pour la Virginie. Mais il réussit à s'en échapper et se réfugia à Édimbourg. Sheddan fit publier une annonce de dénonciation dans la presse de sorte qu’il fut reconnu, arrêté et emprisonné à Édimbourg à la prison de Tolbooth.

Sheddan, qui était obligé de payer son entretien de prisonnier, demanda qu’un jugement intervienne rapidement, mais la santé de Jamie se détériorait rapidement en prison et il y mourut en décembre 1756 avant son jugement.

 

On lit encore dans les Archives nationales la malheureuse histoire d’un autre esclave appelé « Black Tom ». Il avait été amené en Écosse à Methil dans le comté de Fife pour être au service du Dr David Dalrymple. Lorsque son « maître » tomba malade, Tom, toujours en Écosse demanda à être baptisé. Il le fut par le pasteur de l’église de Wemyss et reçut le nom de David Spens.

 

Il devait être renvoyé aux Antilles le lendemain de son baptême, mais il se réfugia chez un fermier voisin, conseiller presbytéral de la paroisse, du nom de John Henderson en proclamant que puisqu’il était désormais chrétien, il était libéré du « joug de la servitude de l’esclavage ».

Dalrymple rétorqua que la conversion de Spens n’était qu’un « une pieuse apparence ». Il revendiqua ses droits sur son esclave, dont il estimait la valeur vénale à « soixante livres » et porta plainte auprès du tribunal. Spens fu arrêté et incarcéré à la prison de Dysart.
Deux avocats d'Édimbourg déposèrent pour sa libération une caution de trente livres. On sait seulement que Dalrymple, le « maître » intraitable mourut peu après et que Spens a retrouva alors sa liberté.

 



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Joseph Clarke avec Tom et Theo
Credit : ref. CSWC33/26/3, Regions Beyond Missionary Union Archives. University of Edinburgh

 

La Rev. Karen Campbell, pasteure à Marchmont St Giles à Édimbourg relève dans le cimetière Grange d’Édimbourg cette inscription sur la tombe d'un jeune esclave :

 « Tom, garçon esclave africain, est mort à Édimbourg le 19 avril 1884 à l'âge de 13 ans. Racheté par le précieux sang du Christ. Érigé par les fidèles de l’église Rosehall »

 

Cette histoire est intrigante, dit-elle, et très triste.

Joseph Clarke était un pasteur missionnaire écossais, né le 1er juillet 1856 près d’Aberdeen, envoyé au Congo en 1879 par la Mission Livingston.

L'esclavage était depuis longtemps interdit en Grande-Bretagne mais existait toujours au Congo. La Mission Livingston se préoccupait activement de faire libérer les jeunes esclaves garçons et filles en les échangeant contre des tissus et d’autres marchandises.

Joseph Clarke avait ainsi fait libérer Tom et un autre enfant appelé Theo. Il les a emmenés avec lui en Écosse et ils l’accompagnaient dans ses tournées de conférences missionnaires.

Tom était placé à dans une institution pour orphelins, Lochrin House qui se trouvait Gilmour Street à Édimbourg. Il y est mort le vendredi 25 avril 1884 et son décès a été rapporté par The Scotsman et par The Dundee Courier qui écrit :
« Mort d’un jeune du Congo à Édimbourg. Black Tom, un petit congolais, a été inhumée mardi au cimetière de la Grange.

Samedi dernier, il avait subi la rupture d’un vaisseau sanguin et en était mort le même soir. Il avait un compagnon nommé Theo, également du Congo.

Les deux garçons avaient été ramenés l'année dernière du Congo par le pasteur Clark de la Livingstone Mission. Il avait acheté lui-même Black Tom qui est mort. L’autre garçon, Théo, était lui aussi esclave appartenant à trois maîtres différents […]

On ne sait pas si Theo est resté à Édimbourg, s’il est retourné au Congo ou s’il a accompagné les Clarke en Amérique où ils étaient partis.

 

 


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