Autrefois, dans les
universités américaines, il
était courant de demander aux professeurs
leur « dernier cours ». Je suis
pasteur et non professeur et au moment de
prendre ma retraite, je publie donc mon
« dernier sermon ». Son titre
est « Ce qui est important » et
le textes est Marc 12.28-31 :
Un scribes
s'approcha, et lui demanda :
- Quel est le premier de tous les
commandements ?
Jésus répondit :
- Voici le premier :
Écoute, Israël, le Seigneur, notre
Dieu, est l'unique Seigneur ; tu
aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout
ton cœur, de toute ton âme, de toute
ta pensée, et de toute ta force.
Voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme
toi-même.
Il n'y a pas d'autre commandement plus
grand que ceux-là.
Un pasteur fut nommé
dans une nouvelle paroisse.
Il y trouva, dans un tiroir une lettre à
laquelle étaient jointes trois
enveloppes numérotées 1, 2 et 3. La
lettre avait été écrite par son
prédécesseur. Elle disait :
-
Bienvenue dans la paroisse. Si tu as des
ennuis, ouvre l’enveloppe numéro 1. Si
tu as vraiment des ennuis, ouvre
l’enveloppe 2. Si les choses tournent
mal, ouvre l’enveloppe 3.
Au
bout d’un an effectivement des ennuis
surgirent. Le pasteur ouvrit l’enveloppe
1. Il y était écrit
- Dis que c’est la faute de ton
prédécesseur.
C’est
ce qu’il fit et les difficultés
s’apaisèrent.
Un an
plus tard d’autres ennuis surgirent. Le
pasteur ouvrir la deuxième enveloppe. Il
y était écrit :
- Dis
que c’est la faute de l’évêque et de
l’administration de l’Église.
Il
s’expliqua et effectivement les gens
l’acceptèrent.
Mais
la troisième année les choses tournèrent
mal. Le pasteur lut la troisième
enveloppe. Il y était écrit :
-
Prépare trois enveloppes pour ton
successeur.
Puisque
je
quitte ma dernière paroisse, je prépare
trois enveloppes et je fais mon
dernier sermon sur le sujet :
« Ce qui est important » et le
textes est Marc 12.28-31où Jésus
dit :
Tu
aimeras le Seigneur, ton Dieu
Le
mot « amour » évoque couramment
aujourd’hui une émotion, mais dans la
Bible il désigne une action concrète. Par
exemple dans I Corinthiens 13 l’amour est
« patient et plein de bonté ».
Dans
la comédie musical « Un violon sur
le toit », Tevye demande à sa femme
Golde si elle l’aime. Elle lui
répond :
- Pendant 25 ans j’ai lavé
tes vêtements, préparé tes repas,
entretenu la maison. J’ai trait la vache
et je t’ai donné des enfants.
Elle ajoute :
- Pendant 25 ans j’ai vécu
avec lui, j’ai lutté avec lui, j’ai eu
faim avec lui. Pendant 25 ans mon lit
était le sien. Si ce n’est pas de
l’amour, qu’est-ce donc ?
Il s’écrie :
- Alors tu m’aimes ?
Elle réplique :
- Je pense que oui !
Et il dit enfin :
- Je pense que moi aussi
je t’aime !
Comme Golde le dit bien à son mari, le
véritable amour est celui dont on peut
reconnaître les effets, celui qui fait une
différence dans la vie. La meilleure façon
d’aimer Dieu est donc de se conduire d’une
manière qui plaît à Dieu.
Celui qui veut aimer Dieu
doit donc mener une vie de vérité et
d’intégrité, de bonté, qui soit utile aux
autres, qui promeuve la justice, où les
autres sont pardonnés, où les pauvres sont
soutenus, où l’environnement est protégé,
où les barrières qui séparent les hommes
sont abattues, où les étrangers sont
bienvenus et où la générosité et la
gratitude règnent.
On montre l’amour que l’on
a pour Dieu par l’amour avec lequel on
vit.
Tu aimeras ton
prochain
Jésus
dit ensuite :
- Tu
aimeras ton prochain.
Faire
des relations avec son prochain le centre
de la vie.
Il
y a quelques années, j’ai lu le
compte-rendu d’une étude sur le
contentement individuel et le sentiment
de bien-être. Cette étude avait suivi,
durant 70 ans, des étudiants de Harvard
de 1930 jusqu’à nos jours : leur
vie au collège, la guerre, la vie
professionnelle, le mariage, le divorce,
les enfants, les petits-enfants, le 3e
âge, la mort. Le directeur de l’étude
conclut finalement : « nous
avons compris que la seule chose qui
compte réellement dans la vie est la
qualité de notre relation
humaine. »
Et
personnellement, j’ai appris moi aussi
durant mes quarante années de ministère,
que les relations humaines sont plus
importantes que tout. Elles sont plus
importantes que l’argent, le succès, le
statut social, la puissance personnelle ou
quoi que ce soit d’autre. C’est bien
pourquoi, au scribe qui lui demandait
quelle devait être la première
préoccupation, Jésus répondit : aime
Dieu et aime les autres.
Aimer
comme soi-même
Jésus
n’enseigne pas l’amour narcissique. Ce
qu’il dit est que nous devons nous aimer
nous-même comme des enfants bien-aimés de
Dieu de grande valeur et dignité.
Je
voudrais terminer avec une histoire que
m’a racontée mon ami le pasteur Fred Craddock. Il avait
rencontré par hasard un vieil homme qui,
apprenant qu’il parlait à un pasteur, lui
a dit un souvenir d’enfance.
Il était né d’une mère
célibataire. On le traitait
d’« enfant illégitime » et
dans le village sa mère et lui étaient
montrés du doigt. Un nouveau pasteur fut
un jour nommé dans l’église et à la
sortie du culte, dans le but de faire
connaissance, il lui demanda de quelle
famille il était, qui était son père.
Il rougit, naturellement,
et pencha la tête.
Le pasteur lui caressa
alors le visage, se pencha vers lui et
lui dit : « tu n’as pas besoin
de rien dire car je vois bien la
ressemblance : il est clair que tu
es un enfant de Dieu ».
Cet enfant se nommait Ben
Hooper et il fut plus tard gouverneur du
Tennessee. Il apprit là qu’il était un
bien-aimé enfant de Dieu de grande valeur et
dignité. Ce jeune pasteur avait, ce
jour-là,obéi au grand commandement de
Jésus.
J’ai
donné à mon dernier sermon ce titre :
« Ce
qui est important »
Premièrement aimer Dieu par notre style de
vie.
Deuxièmement aimer les autres dans les
relations que nous établissons avec eux.
Troisièmement nous aimer nous-même comme
des enfants bien-aimés de Dieu.
C’est
cela qui est important. Tout le reste est
secondaire.
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