Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 


 
Mon dernier sermon
 
« Ce qui est important »

Last sermon


Martin Thielen

pasteur de l’Église Unie du Christ
  États-Unis



traduction  Gilles Castelnau

 

 

12 juillet 2022

Autrefois, dans les universités américaines, il était courant de demander aux professeurs leur « dernier cours ». Je suis pasteur et non professeur et au moment de prendre ma retraite, je publie donc mon « dernier sermon ». Son titre est « Ce qui est important » et le textes est Marc 12.28-31 :

Un  scribes s'approcha, et lui demanda :
- Quel est le premier de tous les commandements ?

Jésus répondit :
- Voici le premier :
Écoute, Israël, le Seigneur, notre Dieu, est l'unique Seigneur ; tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force.

Voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là.


Un pasteur fut nommé dans une nouvelle paroisse. Il y trouva, dans un tiroir une lettre à laquelle étaient jointes trois enveloppes numérotées 1, 2 et 3. La lettre avait été écrite par son prédécesseur. Elle disait :

- Bienvenue dans la paroisse. Si tu as des ennuis, ouvre l’enveloppe numéro 1. Si tu as vraiment des ennuis, ouvre l’enveloppe 2. Si les choses tournent mal, ouvre l’enveloppe 3.

Au bout d’un an effectivement des ennuis surgirent. Le pasteur ouvrit l’enveloppe 1. Il y était écrit
- Dis que c’est la faute de ton prédécesseur.

C’est ce qu’il fit et les difficultés s’apaisèrent.

Un an plus tard d’autres ennuis surgirent. Le pasteur ouvrir la deuxième enveloppe. Il y était écrit :

- Dis que c’est la faute de l’évêque et de l’administration de l’Église.

Il s’expliqua et effectivement les gens l’acceptèrent.

Mais la troisième année les choses tournèrent mal. Le pasteur lut la troisième enveloppe. Il y était écrit :

- Prépare trois enveloppes pour ton successeur.

Puisque je quitte ma dernière paroisse, je prépare trois enveloppes et je fais mon dernier sermon sur le sujet : « Ce qui est important » et le textes est Marc 12.28-31où Jésus dit :


Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu

Le mot « amour » évoque couramment aujourd’hui une émotion, mais dans la Bible il désigne une action concrète. Par exemple dans I Corinthiens 13 l’amour est « patient et plein de bonté ».

Dans la comédie musical « Un violon sur le toit », Tevye demande à sa femme Golde si elle l’aime. Elle lui répond :

- Pendant 25 ans j’ai lavé tes vêtements, préparé tes repas, entretenu la maison. J’ai trait la vache et je t’ai donné des enfants.

Elle ajoute :

- Pendant 25 ans j’ai vécu avec lui, j’ai lutté avec lui, j’ai eu faim avec lui. Pendant 25 ans mon lit était le sien. Si ce n’est pas de l’amour, qu’est-ce donc ?

Il s’écrie :

- Alors tu m’aimes ?

Elle réplique :

- Je pense que oui !

Et il dit enfin :

- Je pense que moi aussi je t’aime !


Comme Golde le dit bien à son mari, le véritable amour est celui dont on peut reconnaître les effets, celui qui fait une différence dans la vie. La meilleure façon d’aimer Dieu est donc de se conduire d’une manière qui plaît à Dieu.

Celui qui veut aimer Dieu doit donc mener une vie de vérité et d’intégrité, de bonté, qui soit utile aux autres, qui promeuve la justice, où les autres sont pardonnés, où les pauvres sont soutenus, où l’environnement est protégé, où les barrières qui séparent les hommes sont abattues, où les étrangers sont bienvenus et où la générosité et la gratitude règnent.

On montre l’amour que l’on a pour Dieu par l’amour avec lequel on vit.


Tu aimeras ton prochain

Jésus dit ensuite :

- Tu aimeras ton prochain.

Faire des relations avec son prochain le centre de la vie.

Il y a quelques années, j’ai lu le compte-rendu d’une étude sur le contentement individuel et le sentiment de bien-être. Cette étude avait suivi, durant 70 ans, des étudiants de Harvard de 1930 jusqu’à nos jours : leur vie au collège, la guerre, la vie professionnelle, le mariage, le divorce, les enfants, les petits-enfants, le 3e âge, la mort. Le directeur de l’étude conclut finalement : « nous avons compris que la seule chose qui compte réellement dans la vie est la qualité de notre relation humaine. »

Et personnellement, j’ai appris moi aussi durant mes quarante années de ministère, que les relations humaines sont plus importantes que tout. Elles sont plus importantes que l’argent, le succès, le statut social, la puissance personnelle ou quoi que ce soit d’autre. C’est bien pourquoi, au scribe qui lui demandait quelle devait être la première préoccupation, Jésus répondit : aime Dieu et aime les autres.


Aimer comme soi-même

Jésus n’enseigne pas l’amour narcissique. Ce qu’il dit est que nous devons nous aimer nous-même comme des enfants bien-aimés de Dieu de grande valeur et dignité.

Je voudrais terminer avec une histoire que m’a racontée mon ami le pasteur Fred Craddock. Il avait rencontré par hasard un vieil homme qui, apprenant qu’il parlait à un pasteur, lui a dit un souvenir d’enfance.

Il était né d’une mère célibataire. On le traitait d’« enfant illégitime » et dans le village sa mère et lui étaient montrés du doigt. Un nouveau pasteur fut un jour nommé dans l’église et à la sortie du culte, dans le but de faire connaissance, il lui demanda de quelle famille il était, qui était son père.

Il rougit, naturellement, et pencha la tête.

Le pasteur lui caressa alors le visage, se pencha vers lui et lui dit : « tu n’as pas besoin de rien dire car je vois bien la ressemblance : il est clair que tu es un enfant de Dieu ».

Cet enfant se nommait Ben Hooper et il fut plus tard gouverneur du Tennessee. Il apprit là qu’il était un bien-aimé enfant de Dieu de grande valeur et dignité. Ce jeune pasteur avait, ce jour-là,  obéi au grand commandement de Jésus.

J’ai donné à mon dernier sermon ce titre : « Ce qui est important »
Premièrement aimer Dieu par notre style de vie.
Deuxièmement aimer les autres dans les relations que nous établissons avec eux.
Troisièmement nous aimer nous-même comme des enfants bien-aimés de Dieu.

C’est cela qui est important. Tout le reste est secondaire.

 



Retour vers Spiritualité

Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.