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Un âne

 


Donkey

 

William Loader

professeur émérite de Nouveau Testament
à la Murdoch University de
Perth, Australie


Traduction Gilles Castelnau



- Tu es un âne ! grommela la vieille vache. C'est vrai, j'étais un âne, un âne, âgé de quelques années seulement. Je me suis recroquevillé dans le coin de la stalle où tous les autres animaux s'abritaient du froid. Les chèvres étaient sympathiques. Il y avait un bébé à une extrémité de notre mangeoire et sa maman et son papa étaient allongés dans l'autre coin. Peut-être n'y avait-il pas assez de place pour eux dans la maison d'hôtes. Les vaches meuglaient. Les moutons et les chèvres bêlaient. Mais quand j‘ai fait « hi-han » tout le monde m’a regardé.

Le bébé s'est réveillé. J'étais embarrassé. Et puis le calme est revenu et on s’est tous endormis – jusqu'à l'arrivée des chameaux !

Ah ! les chameaux ! Ils crachent !
- « Ils n’ont rien à faire ici » a grommelé la vieille vache. Finalement, les chameaux sont restés dehors et ce sont trois hommes qui sont entrés en réveillant tout le monde. On les voyait très bien : une étoile brillait au-dessus d’eux. Ils sentaient le parfum : la myrrhe et l'encens qu’ils l'avaient apporté dans un bol en or. Ils sont repartis comme ils étaient venus et nous nous sommes rendormis .

C'est alors que j'ai fait mon rêve. Je trottais sur une route escarpée avec sur mon dos un Samaritain. Et brusquement, là, au bord de la route, il y avait un homme couché qui m'a semblé mort. Mais en regardant mieux, nous avons bien vu, mon maître et moi qu’il respirait toujours. Mon maître, le Samaritain, est descendu de mon dos, il a pris le malheureux homme, l'a mis sur mon dos et j’ai senti sa chaleur sur moi. Mon maître, le Samaritain m'a regardé et m'a dit :
- « Fais attention qu'il ne tombe pas ! »

Sa gentillesse m'a fait chaud au cœur et quand je me suis réveillé, je la sentais encore.


Tout le monde s’est réveillé. Les vaches ont commencé à manger leur foin. La maman et le papa du bébé l'ont pris dans leurs bras. Ils l’ont changé et l'ont parfumé avec un peu de la myrrhe odorante. Puis, au moment de partir, le père a dit :
- « Il nous faudrait un âne pour porter le bébé. »
Ils m'ont regardé. Je me suis retrouvé avec le bébé sur le dos et nous sommes partis.

Ils m'ont fait presser :
- « Les soldats arrivent, ont-ils dit. Nous devons nous dépêcher et trouver refuge en Égypte ! »
Ils ont réussi à s'enfuir et je suis fier de les y avoir aidés.


La nuit, je dormais comme si j'étais dans un autre monde. Je faisais des rêves. Tous n'étaient pas agréables. Une fois, j'ai rêvé que des soldats nous entouraient et nous faisaient peur. L'un d'eux m'a attrapé mais il m'a finalement laissé. Il s’est tourné et a obligé un homme à porter une grosse poutre de bois. Il avait pourtant de la peine à marcher car il avait été battu. Je l'avais déjà vu dans mes rêves.

Finalement nous sommes arrivés en Égypte et des gens très aimables nous ont accueillis avec ma famille de réfugiés et nous ont donné un endroit où loger. On ne m’a pas donné à manger du foin comme j’en avais l’habitude mais des pommes et des poires.

 

J’ai fait encore un rêve : J'étais dans un verger de pommiers et de poiriers. Il y avait un grand arbre avec un panneau :
- « Celui qui mangera de ce fruit deviendra fort et puissant, il pourra commander à tout le monde. »
Un serpent était accroché dans les branches. Il m’a dit :
- « Si tu en manges tu seras comme un tigre ou un lion et tu feras tout ce que tu voudras ! L’amour ne mène à rien. »
Cela ne m’intéressait pas. D'ailleurs, j’ai toujours eu peur des serpents. Alors j’ai répondu :
- « Je vous remercie mais je préfère rester un âne. »
- « Tu es stupide ! » a dit le serpent.


Nous sommes finalement revenus dans notre pays. Le bébé était devenu un gentil petit garçon et j’aimais bien ma nouvelle famille. J'étais heureux.

Je faisais des rêves heureux ! J’ai rêvé un soir à des petits enfants que leurs mamans et leurs papas amenaient vers l’homme dont j’avais rêvé que les soldats l’obligeaient à porter une grosse poutre. Il revenait sans cesse dans mes rêves. Ses amis disaient aux enfants de le laisser en paix mais il disait :
- « Non, laissez-les venir à moi. »


Il était toujours gentil. Je l'ai entendu, une fois, assis sur une montagne, dire que les gens devaient s’entraider, s'occuper des pauvres, ne pas avoir de mauvaises pensées et emplir le monde d’amour.


Des années plus tard - j’avais changé de propriétaire - quelqu’un est venu frapper à notre porte et a dit :
- « On a besoin de votre âne. »
On m’a emmené. On m’a mis des vêtements sur le dos et j'ai aperçu l'homme de mes rêves. Il s'est assis sur mon dos et j’ai eu de nouveau, une sensation de chaleur sur moi. La foule nous acclamaient et criait :
- « Hosanna ! »
Ils arrachaient des branches aux palmiers et les jetaient sur notre chemin.
Je suis ensuite revenu chez nous et j’ai mangé mon foin.

 

Quelques jours plus tard, sur la route, j’ai vu des soldats. Ils tenaient l'homme de mon rêve. Les soldats l'avaient battu.

Le serpent était dans un palmier :
- « Salut, stupide ! a-t-il sifflé. Je te l’avais bien dit. Il faut combattre ses ennemis. L’amour ne mène à rien. Il est pour les enfants – pour les ânes comme toi ! »
J'ai agité la queue et je suis parti. Je ne voulais pas rester avec tous ces gens. Mais j'ai vu, de loin, ce qui s'est passé. Les soldats ont tué cet homme. Ils se sont moqué de lui en l'appelant roi et en lui mettant sur la tête une couronne d'épines.

- « Tu vois bien : c'est la fin de ces histoires d’amour » a sifflé le serpent.

J'ai pleuré. J'ai fait des « hi han » qui ne pouvaient plus s'arrêter.  L'homme a dû m'entendre parce qu'il a tourné la tête et m'a regardé. Je suis rentré chez nous et je me suis endormi, noyé dans mes larmes.

J’ai fait un autre rêve. Je ne sais pas s’il était rêve ou réalité. Il y avait une grotte. J'ai poussé un gros rocher avec ma tête et avec mes pattes et je l’ai fait rouler. L’homme était là, couvert de lumière comme s'il venait d'un autre monde. Il s’est approché de moi, il est monté sur mon dos et j’ai eu, à nouveau, cette sensation de chaleur douce.
Et nous nous sommes élevés comme si nous avions des ailes, au-dessus de la grotte, haut dans les airs, comme dans un  monde de rêves. Un monde de paix et de bonté. Il y avait des gens de tous les pays, des noirs et et des blancs, des rouges et des jaunes, des vieux et des jeunes. Ils partageaient un festin. L’amour était roi. On m’a donné de l’eau et - surprise - des pommes et des poires.


Je me suis finalement réveillé et il y avait une vache – une autre vache – qui m’a dit :
- « Tu as parlé dans ton sommeil, tu as chanté. Pourtant tu es un âne. » 
Et j’ai souri :
- « Je suis un âne. Mais j'ai appris le secret de la vie. »

 

 

 

 

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