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L'idée de Dieu
n'est plus fonctionnelle

Repenser le christianisme pour le 21e siècle



God Is No Longer a Working Number



Martin Thielen
 

Pasteur de l’Église méthodiste unie
Cookeville, Tennessee, État-Unis


25 novembre 2021

traduction Gilles Castelnau



 

L’idée de Dieu qu'ont, de nos jours, des millions de gens n’est plus fonctionnelle. Ni non plus la théologie traditionnelle de l’Église. Ce qui fait que beaucoup ont abandonné toute religion. Mais nombreux aussi sont ceux qui poursuivent leur recherche spirituelle. Je propose dans cet article trois pistes de réflexion.



Premièrement abandonner une foi malsaine

 

• 1 • La lecture littérale de la Bible

Il est absurde d’imaginer que toutes les affirmations bibliques doivent être prises à la lettre la terre serait plate et âgée de 6000 ans.  Un serpent aurait parlé à Ève dans le mythique jardin d’Eden. Le Dieu révélé en Jésus admet le génocide, l’esclavage, la polygamie, l’oppression des femmes, l’exécution des gays.
Nous devons toujours nous rappeler que ce n’est pas Dieu mais des hommes qui ont écrit la Bible et qu’ils l’ont naturellement fait dans les limites de la science et de la théologie anciennes.
Il faut prendre l’Écriture au sérieux mais la lire à la lettre est une mauvaise pratique théologique.

• 2 • La conception du salut par le sang de la croix

L’idée que « Jésus est mort pour nos péchés » avait du sens au temps des sacrifices d’animaux. Mais dire aujourd’hui que Dieu exige le sacrifice sanglant de son Fils pour pardonner l’humanité est offensant à son égard. Cela n’a rien à voir avec la justice divine et l’amour.

 

• 3 • L’enfer éternel

La croyance selon laquelle un Dieu d’amour torture les gens dans les flammes éternelles d’un enfer est de la pornographie théologique. Qu’un Père aimant condamne ses enfants à un enfer éternel sans aucune espérance est une conception monstrueuse, une croyance barbare qui dépasse toute imagination. On ne peut que la condamner comme une absurdité sadique.

 

• 4 • Le salut exclusif

30 % de la population du monde est chrétienne. 20 % est sans religion. Les autres 50 % sont d’autres religions : musulmans, hindous, bouddhistes, juifs. Prétendre que le christianisme est le seul chemin de Dieu et que les 70 % non-chrétiens sont « perdus » sans aucune espérance en cette vie – ou dans l’autre – est d’une intolérable arrogance théologique. Il faut que les croyants authentiques respectent aujourd’hui la diversité religieuse, la valeur et la beauté qui sont dans les autres croyances et même dans les non-croyances.

 

Il y a bien d’autres exemples de foi malsaine, comme une religion partisane, une religion nationaliste, une religion de propre justice, une religion anti LGBTQ, une religion de la prospérité, une religion de la colère, une religion absolue, une religion anti-scientifique, une religion du Jugement dernier et une religion promettant la protection divine dont la fausseté a d’ailleurs été prouvée.

 

 

Deuxièmement affirmer une foi essentielle

 

La « déconstruction » que représente cette critique et ce rejet d’une foi malsaine n’est que la première partie du renouveau d’une foi authentique valable pour le monde d’aujourd’hui. Il est indispensable de retrouver les fondations essentielles du christianisme. En voici 4 exemples.

 

• 1 • La centralité de Jésus

Le cœur du christianisme est Jésus. La foi doit donc, en notre 21e siècle être Jésus-centrée.

 

• 2 • L’histoire de Jésus

Les récits de Jésus, indépendamment de leur vérité historique, nous procurent orientation de nos pensées, signification de notre existence, but de nos engagements et espérance. Il convient de les conserver au centre de nos efforts de déconstruction et de reconstruction théologiques.

 

• 3 • Les enseignements de Jésus
En dépit d’une idée répandue, le christianisme n’est pas premièrement (ni même secondairement) une question de doctrines. Les symboles des Apôtres ou de Nicée et les autres affirmations théologiques ne sont pas la question. Non plus que l’appartenance à une Église institutionnalisée. Ce qui est central est le chemin de Jésus, son éthique, ses valeurs, son enseignement, de se laisser animer de son esprit et de suivre ses pratiques. En résumé il s’agit de vivre une vie d’amour.

 

• 4 • La mission de Jésus

La mission de Jésus n’était pas d’institutionnaliser une nouvelle religion, d’inviter les gens à l’accepter pour leur « Seigneur et sauveur personnel » et à lui rendre un culte. Elle était de promouvoir l’amour de Dieu et du prochain ainsi que l’avancée du Royaume de Dieu « sur la terre comme au ciel ». Les croyants d’aujourd’hui et les communautés de foi doivent donc s’engager dans la construction du Royaume qui inclut évidemment le souci du monde présent, la lutte contre le racisme institutionnalisé et la recherche de la justice.

 


 

Troisièmement s'engager dans une foi critique 

Un grand nombre de fidèles se détournent désormais d’importants éléments de la tradition chrétienne. Ils ont besoin de développer une grande tolérance à l’égard de la critique théologique. En voici quelques exemples.

 

• 1 • Admettre la critique de la notion d’un « Dieu le Père tout-puissant ».
La plupart des chrétiens du monde affirment toujours leur foi en un Dieu personnel, amour et tout-puissant qui gère le monde dans sa providence, y intervient de manière surnaturelle, exauce les prières et accomplit des miracles. Mais pour de plus en plus de fidèles, cette ancienne conception de Dieu est devenue difficile ou même impossible à croire. Comme l’a dit l’évêque John Spong : « on ne peut adorer avec son cœur ce que l’intelligence ne peut pas croire. »

Certains ont donc perdu toute foi en Dieu. D’autres ont abandonné l’idée d’un Dieu à l’image des hommes au profit d’une conception de Dieu qui est source de vie, de force, d’énergie et d’amour pour tout l’univers. Ceci en relation avec Paul Tillich qui parlait du « Fondement de l’Être » et avec la parole d’Actes 17 : « en lui nous avons la vie, le mouvement et l’être. » Ceux-ci admettent tranquillement la critique des affirmations sur Dieu.

 

• 2 • Admettre la critique de la notion de « Jésus-Christ son Fils unique notre Seigneur. »
La plupart des chrétiens croient en un Christ divin, né d’une vierge, marchant sur l’eau, guérissant les aveugles, ressuscité physiquement des morts et monté au ciel. Mais de plus en plus de fidèles n’y croient plus guère.

Ils ont appris que les évangiles ont été écrits plusieurs décennies après la mort de Jésus en un âge pré-scientifique. Ils se disent que les affirmations miraculeuses attribuées à Jésus ont été exagérées au fil des années et se sont trouvées enchâssées dans les credo du 4e siècle. Ils conservent pourtant leur attachement au Jésus humain. Ils croient en son amour, sa compassion, son ouverture, sa grâce, son désir de justice. Indépendamment de leurs doutes à propos de la christologie orthodoxe, ils trouvent du sens à suivre son exemple et son enseignement et à se laisser imprégner de son esprit. Certains demeurent dans l’Église alors que d’autres vivent leur attachement à Jésus en dehors de toute religion organisée.


• 3 • Admettre la critique de la notion de « la sainte « Église universelle. »

Le fait que la religion institutionnalisée soit en rapide perte de vitesse ne signifie pas que tous les gens qui l’ont quittée se désintéressent des questions spirituelles. Et nombreux sont ceux qui demeurent malgré tout dans l’Église. D’autres pourtant s’efforcent de créer de nouvelles communautés de foi davantage adaptées à la situation actuelle. On trouve toujours de nouvelles manières de participer à la Communauté chrétienne sous une forme ou sous une autre.

 

Depuis le début du christianisme, chaque génération a éprouvé le besoin de repenser sa foi et de la reconstruire d’une manière qui ait du sens dans l’époque particulière qu’elle vivait.
Pour beaucoup d’entre nous, aujourd’hui, cela signifie :


abandonner une foi malsaine
affirmer une foi essentielle

s’engager dans une foi critique


et le chemin va... continuer !

 

 

 

 


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