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Jésus a-t-il bel et bien existé ?


Les sources non chrétiennes

 

Andreas Dettwiler

Université de Genève

 

Extraits d’un article publié dans Jésus de Nazareth, ouvrage collectif
éd. Andreas Dettwiler, Labor et Fides


26 août 2018

Tacite


Le sénateur et historien romain Cornelius Tacitus écrit les « Annales » en 115-118. Il y décrit au livre 15 le grand incendie de Rome survenu en 64 :

Aucun moyen humain, ni les largesses du prince, ni les cérémonies pour apaiser les dieux, ne faisaient céder l'opinion infamante d'après laquelle l'incendie avait été ordonné [par Néron]. En conséquence, pour étouffer la rumeur, Néron produisit comme inculpés et livra aux tourments les plus raffinés des gens, détestés pour leurs turpitudes, que la foule appelait « chrétiens » (Chrestianos).
Ce nom leur vient de Christ, que, sous le principat de Tibère, le procurateur Ponce Pilate avait livré au supplice ; réprimé sur le moment, cette exécrable superstition faisait de nouveau irruption, non seulement en Judée, berceau du mal, mais encore à Rome, où tout ce qu'il y a d'affreux ou de honteux dans le monde converge et se répand.
(Annales 15,44,2-3 ; traduction de Pierre Wuilleumier).

On voit que Tacite n'a aucun intérêt à décrire en détail la vie et le destin tragique de Jésus. Il ne mentionne pas ce nom, mais se sert de l'appellation « Christ » qu'il comprend pourtant comme nom propre et non comme désignation messianique. Il l'évoque uniquement comme fondateur d'un nouveau mouvement obscur ayant vu le jour en Judée et s'étant répandu jusqu'à la capitale de l'Empire romain. De l'existence de Jésus, il ne retient que sa condamnation à mort par Ponce Pilate qui entre 26 et 36 de notre ère avait la responsabilité militaire et juridique de la province impériale de la Judée qui était en train de naître.

 


Suétone

L'avocat romain Gaius Suetonius Tranquillus (env. 70 à 140 apr. J.-C.) est avant tout connu pour son œuvre biographique « Vie des douze Césars », rédigée probablement entre 117 et 122. Dans sa biographie de l'empereur Claude (41-54), Suétone évoque l'attitude de Claude à l'égard de plusieurs groupes ethniques, entre autres des Juifs. À propos des Juifs de Rome, il écrit :

Comme les Juifs se soulevaient continuellement, à l'instigation d'un certain Chrestos, Claude les chassa de Rome.
(Vita Claudii 25,4 ; traduction d'Henri Ailloud).

L'expulsion des Juifs de la capitale romaine dont il est question ici, mieux connue sous le qualificatif d'« édit de Claude », date probablement de l'an 49.
Qui est ce Chrestus ? Le nom latin est une translittération de la forme grecque Chrèstos, un nom bien connu dans le milieu gréco-romain, notamment pour désigner des esclaves (Chrèstos signifie « utile », « serviable »). On a ainsi parfois suggéré d'y voir un agitateur inconnu du nom de Chrestus qui faisait partie de la communauté juive de Rome. Pourtant, ce nom n'est pas attesté en milieu juif de la capitale romaine. Il est donc plus probable que Suétone se référait à la figure du Christ, en confondant Chrestus et Christus.
Le terme Christus, dans un contexte romain, n'était plus compréhensible comme désignation messianique mais comme nom propre.
Si l'hypothèse est juste, Suétone a probablement été de l'avis, erroné, que le Christ aurait été un personnage présent au sein de la communauté juive de Rome.

 


Flavius Josèphe

Historien juif, publie les « Antiquités Juives » en 93-94. Il est issu de l’aristocratie de Jérusalem et participe d’abord à l’insurrection des Juifs en Galilée contre les Romains en 66. Il devient prisonnier de guerre et est libéré deux ans plus tard. Durant la deuxième partie de sa vie, il s’installe à Rome et essaie, par ses écrits, de faire connaître le judaïsme à un public gréco-romain. Il écrit en grec.

 

Passage concernant la lapidation de Jacques

Ayant appris la mort de Festus [procurateur de 60 à 62], César [i.e. Néron] envoya Albinus en Judée comme gouverneur [procurateur de 62 à 64]. Le roi [Agrippa Il] enleva le pontificat à Josèphe et donna la succession de cette charge au fils d'Ananus, nommé Ananus lui aussi [...].
Anne le Jeune qui, nous venons de le dire, avait reçu le souverain pontificat, était de tempérament impétueux et suprêmement audacieux ; il appartenait à la secte des sadducéens qui, lorsqu'ils ont à juger, sont plus durs que tous les [autres] Judéens, comme nous l'avons déjà expliqué. Avec un tel caractère, Anne estima qu'il y avait une occasion propice à saisir du fait que Festus était mort et qu'Albinus était encore en voyage.
Il convoqua les juges du Sanhédrin et traduisit devant eux le frère de Jésus (adelphon) appelé Christ - son nom était Jacques - et quelques autres. Il les accusa d'avoir transgressé la loi et les livra pour qu'ils soient lapidés.
Mais tous ceux des habitants de la ville qui passaient pour les plus équitables et stricts observateurs des lois s'en indignèrent et envoyèrent secrètement demander au roi d'ordonner à Anne de ne plus opérer de la sorte ; en effet, disaient-ils, il n'avait pas agi correctement en cette première circonstance.
Certains d'entre eux allèrent même à la rencontre d'Albinus qui venait d'Alexandrie et l'informèrent qu'Anne n'avait pas le droit de convoquer le Sanhédrin sans son accord. Persuadé par ces propos, Albinus en colère écrivit à Anne en le menaçant de le punir. Quant au roi Agrippa, il lui enleva pour cette raison le souverain pontificat qu'il avait exercé trois mois et il établit [comme grand prêtre] Jésus, fils de Damné.
(Ant 20,200) Traduction, très légèrement modifiée, de Cousin / Lémonon / Massonnet 2004, 119- 1 21).

 

Jésus, « un homme sage »

Vers le même temps survient Jésus, homme sage (sophos), si toutefois il faut le dire homme. Il était en effet faiseur de prodiges (paradoxôn), le maître de ceux qui reçoivent avec plaisir des vérités. Il se gagna beaucoup de Juifs et aussi beaucoup du monde hellénistique.
C'était le messie (le Christ) (Christos).
Et Pilate l'ayant condamné à la croix, selon l'indication des premiers d'entre nous, ceux qui l'avaient d'abord chéri ne cessèrent pas de le faire. Il leur apparut en effet le troisième jour, vivant à nouveau, les divins prophètes ayant prédit ces choses et dix mille merveilles à son sujet. Et jusqu'à présent le groupe des chrétiens, dénommé d'après celui-ci, n'a pas disparu.
(Ant 18,63-64)

Les trois passages en caractères gras constituent, sans doute, des interpolations chrétiennes ultérieures)

 

 

Pline le Jeune

Dans le célèbre échange de lettres de l’an 110, Gaius Plinius Caeciius Secundus, dit Pline le Jeune avec l’empereur Trajan à propos des persécutions de groupes de chrétiens dans la province romaine de Bithynie-Pontus, Pline retranscrit le témoignage de chrétiens qui avaient renoncé à leur foi afin d’échapper à la condamnation à mort

Les chrétiens affirmaient que toute leur faute, ou leur erreur, s'était bornée à avoir l'habitude de se réunir à jour fixe avant le lever du soleil, de chanter entre eux alternativement un hymne au Christ comme à un dieu (Christo), de s'engager par serment non à perpétrer quelque crime mais à ne commettre ni vol, ni brigandage, ni adultère, à ne pas manquer à la parole donnée, à ne pas nier un dépôt réclamé en justice ; ces rites accomplis, ils avaient coutume de se séparer et de se réunir encore pour prendre leur nourriture, qui, quoi qu'on dise, est ordinaire et innocente [...]
(traduction de Marcel Durry).

 

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