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Spiritualité


Sagesse du Mont Athos

 

Jean-Yves Leloup

 

éd. Philippe Rey
224 pages – 9 €

 

recension Gilles Castelnau

4 avril 2018

Jean-Yves Leloup est prêtre orthodoxe. Il a écrit des dizaines de livres de spiritualité mystique. Il a passé du temps parmi les moines du Mont Athos et en rapporte cet important ouvrage.
Dans une première partie il édite des litres de spiritualité adressées à un de ses amis en France.
Ensuite il publie un important glossaire de vocabulaire orthodoxe.
Enfin il nous donne une histoire du Mont Athos.

En voici des passages.

 

1ère partie

Lettres du Mont Athos

 

Garder l'esprit dans l'Ouvert

page 53
Les Églises orthodoxes restent fidèles au christianisme du premier millénaire (celui des sept conciles œcuméniques), elles ne reconnaissent pas les dogmes et conciles d'après 784 (deuxième concile de Nicée) puisque ceux-ci n’expriment plus des paradoxes issus de la confrontation intelligente et cordiale de toutes les Églises ; ils ne sont plus que l'expression d'une Église particulière et de ses différents diocèses répandus à travers le monde.

Les opinions de l'Église de Rome ne relèvent plus alors du dogme, mais du dogmatisme et seront même considérées par les Églises demeurées (orthodoxes) comme haeresis (choix, parti pris) - le filioque, l'infaillibilité pontificale, l'Immaculée Conception, l'Assomption... ne peuvent pas être considérés comme des dogmes « catholiques » appartenant à l'Église universelle, puisque l'Église de Rome a rompu en l054 la communion avec ses Églises sœurs qui confessent toujours dans son intégrité le Credo de Nicée Constantinople sans le filioque et ces ajouts dogmatiques jugés inutiles, inspirés davantage par des contingences mondaines et politiques que par les nécessités de la foi.

Ça, c'est un « orthodoxe » qui te le dit, un catholique romain ne serait sans doute pas d'accord. Alors faudra-t-il de nouveau se faire la guerre, entrer dans des conflits, des discours sans fin, jusqu'à ce qu'un des deux « partis » s'avoue vaincu et que l'autre se réjouisse d'avoir raison ?

Le problème, c’est que tous les deux ont « raison » (par exemple le filioque : des théologiens intelligents peuvent très bien comprendre, si on les resitue dans leur contexte, les arguments des Latins et des Grecs.).

 

 

La prière du coeur

page 75
La beauté sauvera le monder, disait Dostoïevski. Rendre manifeste le pouvoir salvateur de cette divine beauté est l'une des premières fonctions du culte. Quand les envoyés du prince Vladimir de Kiev ont été gagnés à la foi orthodoxe, ce ne sont pas des mots ou des arguments logiques qui les ont convertis, mais bien la beauté de la sainte liturgie à laquelle ils participèrent à Constantinople : « Nous ne pouvons pas oublier cette beauté », dirent-ils lorsqu’ils rentrèrent chez eux.

 

page 82
Concernant la prière « monologique » censée chasser les « pensées » (logismoi), le père Séraphim me proposa dans un premier temps le Kyrie Eleison, qui est la prière commune au Mont Athos : se la répéter sans cesse crée en nous une sorte de « bourdonnement » comme celui des abeilles aux approches de la fleur.

Comme je n aimais pas beaucoup la traduction française de ce Kyrie Eleison, il me dit : « Kyrie Eleison », cela veut dire : "Toi qui es Celui qui est", la Réalité présente et éternelle, toute proche et toujours inaccessible, envoie sur nous ton Pneuma (ton Saint-Esprit), renouvelle-nous par ton Souffle, éveille-nous à la vraie connaissance et à l'amour sans lesquels l'homme ne peut vivre. »
« Kyrie Eleison...
« J'étouffe : au cœur de mon étouffement j'appelle du Souffle, de l'Air, de l'Espace...
« Kyrie Eleison, c'est un appel d'air, tu t'ouvres à un Souffle plus vaste que le tien, à un Espace plus vaste que celui qui te contient, tu entres dans l'Ouvert. Mais d'abord calme ton mental ; si de folles pensées te submergent, si de mauvaises humeurs t'angoissent, reviens dans la Conscience d'être là, c'est-à-dire dans ton corps présent, dans ton corps qui respire, mais aussi dans ton corps qui pense distraitement. Si la conscience du souffle ne suffit pas à calmer tes pensées, donne à tes pensées une pensée plus haute, une pensée orientée vers le silence ou vers une plus pure Présence.

 

2e partie

Index historique, théologique et anecdotique

 

page 136
Geste de bénédiction dans les icônes
Chaque geste, chaque couleur dans les icônes ont du sens et sont susceptibles d'une interprétation non seulement subjective mais aussi selon la tradition.
Par exemple : une main qui bénit est une main qui parle, littéralement « qui dit une bonne parole » (bene dicere), avec une « bonne diction ». En hébreu, main se dit yad, semblable en cela au yod, première lettre du tétragramme sacré YHWH. En outre, yada signifie « je connais ». Sur l'icône « Celui qui est l'Être qu’Il est » se fait connaître : il nous donne la main. Il s'agit de la connaissance inséparable de l'amour et de l'expérience sensible, comme lorsqu'il est dit qu'« Adam connut Ève et qu’ils enfantèrent ». Demander sa main à quelqu'un, c'est lui demander de nous connaître, de nous toucher et de nous féconder. La main du Pantokrator nous apaise, nous rend intelligents ; elle nous « dit bien » ce qu'est l'Incarnation. Elle bénit à la façon des prêtres orthodoxes : les deux doigts dressés symbolisent les deux natures du Christ, unies sans confusion et sans séparation; les trois autres symbolisent l'Uni-Trinité. La position de l'ensemble des doigts dessine généralement le monogramme grec qui désigne le Christ : IC-XC. Ainsi, comme le précise un manuel du Mont Athos : « Par la divine providence du Créateur, les doigts de la main de l'homme, qu'ils soient plus ou moins longs, sont disposés de manière à pouvoir figurer le nom du Christ. »

 

page 174
Pantokrator
Littéralement créateur de Tout (pan), traduit généralement par « Tout-Puissant ». On peut également traduire par « Plénitude de celui qui remplit tout en tout ». D'un point de vue iconographique, Pantokrator renvoie à la représentation du Christ tenant le livre et bénissant, qu’on retrouve dans les coupoles des églises de l'Athos. Certaines représentations sont parfois plus proches d'une représentation du pouvoir impérial (le Christ comme empereur byzantin) que de la symbolisation de la Toute-Puissance d'Amour et de Miséricorde qui devrait régner sur le monde. Certaines icônes pourtant témoignent de la possibilité de représenter la grandeur et la souveraineté du Christ sans oublier sa douceur et sa tendresse (« Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur et vous trouverez le repos pour vos âmes », littéralement, vos « psychés »).

 

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