Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

 



Le musicien des anges


contes pour Noël et Pâques

 

Daniel Marguerat
professeur honoraire de Nouveau Testament
à l'université de Lausanne

 

Ed. Cabedita

104 pages - 16 €

 

Recension Gilles Castelnau

 

25 novembre 2017

Daniel Marguerat est professeur de théologie protestante. Il est aussi un excellent conteur qui sait dire aux petits (et aux grands) des histoires dont la spiritualité émane vraiment du message de l’Évangile.
Dans ce livre il nous propose 7 histoire de Noël et 6 de Pâques, très joliment illustrées.

En voici des extraits :

 

Histoire de Noël

 


Ludovic et le clochard

[...]
Il avait élu domicile dans une cabane construite par les enfants, dans un parc à la limite de la ville, sous un gros arbre. Il vivait là, depuis on ne savait plus très bien quand. Les enfants, d'abord, avaient été furieux qu'il ait squatté leur maison. Ils lui avaient jeté des cailloux, de loin, car ils n'osaient pas approcher. Il n'était pas parti, mais s'était tourné vers eux en grognant comme grognent les cochons.
[...]
Dans sa mémoire traînaient des lambeaux de souvenirs : une famille aisée, une maison confortable, une femme et des enfants. Et puis, tout était allé de travers : il se rappelait vaguement de beuveries tard le soir, de cris, de coups, de la femme qui criait, des enfants qui pleuraient, et puis plus rien. Le trou noir. Et cette cabane dans un parc.
[...]
Un jour, je ne sais plus combien de temps plus tard, un petit garçon s'est approché de la cabane. Il devait avoir huit ou neuf ans. Il avançait à pas prudents, tenant dans sa main un petit paquet qu'il déposa devant la porte de la cabane. Justement, le clochard était dehors, parce qu'il faisait chaud et qu'il faisait bon se réchauffer au soleil. L’enfant déposa le paquet et recula d'un pas. Comme le clochard ne réagissait pas, il s'approcha à nouveau et ouvrit le paquet. À l'intérieur, il y avait un gâteau rond comme on en fait pour un anniversaire. Un gâteau épais garni de fraises et de crème fouettée.
- Tu veux le manger avec moi ? demanda l'enfant.
Et comme le clochard le regardait, mais sans rien dire, l'enfant continua.
- Ma maman l'a préparé pour mon anniversaire. J'avais invité mes amis, mais aucun n'est venu. Alain devait partir avec sa maman. Steeve m'a dit qu'il voulait faire ses leçons. Vanessa avait invité une copine. Michel se sentait un peu malade. Tous ceux que j'avais invités avaient autre chose à faire, et je suis tout seul pour ma fête. Comme si... comme s'ils avaient fait exprès. Tu veux bien manger le gâteau avec moi, dis, tu veux bien ?

À ce moment, il sembla qu'une larme pointait au coin de l'œil du clochard. Ou était-ce un reflet du soleil ? En tout cas, chose incroyable, le clochard a souri. Il a fait signe au gamin, qui est venu s'asseoir près de lui sans craindre sa mauvaise odeur. Sans craindre non plus de prendre ses poux, comme l'avait mis en garde sa maman. Le clochard a tiré de sa poche un vieux couteau rouillé et a coupé le gâteau. Ils ont mangé tous les deux, et le gâteau était tellement bon qu'ils l'ont entièrement dévoré.

[...]

Depuis, chaque année à son anniversaire, Ludovic revient au pied du grand arbre. Et il y trouve, soigneusement emballé, un gâteau aux fraises et à la crème fouettée qu'il partage avec ceux qui se promènent dans le parc. C'est même devenu un rendez- vous rituel, que les enfants de la ville ne voudraient pas manquer.

Mais qui prépare et dépose ce délicieux gâteau au pied de l'arbre ? Certains disent : c'est la maman de Ludovic. D'autres pensent que Ludovic l'a cuisiné lui-même. Moi, je vais vous dire : c’est le clochard, qui n'est plus clochard, qui l'apporte en secret chaque matin d'anniversaire.

 

 

Histoire de Pâques

 

Le chat de la princesse Liz

[...]
L'empereur était vieux et triste. Triste, non parce qu'il était vieux, mais parce que sa fille unique n'était pas mariée. Elle venait d'avoir vingt-cinq ans et n'avait pas d'époux.
[...]
Non, Liz n'était ni laide, ni sotte, mais elle était capricieuse. Plus que ça. Son père l'avait tant gâtée qu'elle estimait que tout lui était dû et qu'elle, la fille de l'empereur, ne devait rien à personne. Elle se fâchait très vite avec tous ceux qui l'approchaient, dès qu'ils ne faisaient pas exactement ce qu'elle voulait ou ne devinaient pas ses désirs pour les satisfaire. Bref, la fille de l'empereur de Chine était une vilaine enfant gâtée.

Liz avait refusé tous ses prétendants. Les uns étaient trop gros, les autres trop minces, ou trop laids, ou trop riches, ou trop pauvres, ou trop distingués, ou alors vieux alors qu'elle désirait un jeune époux, ou jeune quand elle prétendait vouloir un plus âgé...

Le vieil empereur, de tristesse, tomba malade. Toute la cour fut très inquiète, croyant qu'il allait mourir. Sa fille vint à son chevet.

- Quel mal vous ronge, père, dites-moi ? Et pourquoi pleurez-vous ?
Son père lui avoua la cause de son chagrin :
- Je crains de mourir sans avoir assisté à ton mariage, qui assurera la pérennité de notre dynastie.
Emue, Liz lui dit :
- Si c'est cela qui vous rend malade, père, ne vous attristez plus. J'épouserai l'homme qui m'apportera un chat vert.
- Un chat vert, ma fille ?
- Oui, un chat vert comme sont vertes les feuilles des bouleaux au printemps.

[...]

Lentement, très lentement, l'homme enleva sa besace qu'il posa aux pieds de la princesse. Avec des gestes toujours aussi lents, il défit l'attache. Il plongea la main au fond de la besace et en sortit un petit chaton qu'il posa entre les mains de la princesse.
Stupeur. Le chat était joli, certes, mais gris. Complètement gris. Du bout de ses oreilles à l'extrémité de sa queue, le chaton était gris.
- Mais qu'est-ce que ?... commença le roi.
Le jeune musicien l'interrompit.
- Voici votre chat vert, princesse, le voyez-vous ?
- Mais je... voulut dire la princesse.
- Regardez bien ce chat qui est entre vos mains, princesse. Le vert ne lui appartient pas, mais il existe dans votre regard. C'est vous qui pouvez le voir vert. Comme c'est vous qui le verrez mignon, charmant, attendrissant. Le vert, la tendresse, ne sont nulle part ailleurs que dans votre regard. C'est comme la colère ou l'amour : quand vous regardez quelqu'un, c'est votre regard qui le voit beau, aimable, désirable, ou méprisable. Dites-moi, princesse, que voyez-vous entre vos mains ?
[...]
À la surprise générale, ceux qui guettaient la crispation du visage et l'explosion de rage virent un sourire se dessiner sur le visage de la jeune fille. Tout le monde au palais l'avait vue rire ou gronder, mais sourire, personne ne s'en souvenait. Et voilà qu'un homme de rien du tout, inconnu à la cour, un musicien des rues, lui avait fait découvrir que tout dépendait de son regard. Que le monde soit beau ou mauvais, son regard en détenait la clef.
[...]
On chercha partout le musicien des rues. Il avait disparu...

 

 

Retour
Retour vers Daniel Marguerat
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.