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Prier pour le monde ?

 

 

 

Gilles Castelnau

 

 

3 septembre 2014

Dans les prières d’intercession à la fin des cultes (à la fin des messes on dit que ce sont des prières universelles), on se laisse aller à une grande déprime et on dit à Dieu tout ce qui ne va pas. On lui demande de bien vouloir enfin intervenir sur tous les sujets où manifestement il lui reste tant à faire : il est clair que c’est de lui que dépend la guérison des malades, la fin des guerres que nous menons, la découverte des vaccins sauveurs pour le virus Ebola et les autres, le partage équitable de l’eau potable dans les pays arides et une nourriture suffisante pour les populations africaines affamées.
On recommence fidèlement et patiemment dimanche après dimanche car on n’a jamais l’impression que Dieu ait le moins du monde arrangé les choses comme il pourrait si facilement le faire dans sa toute puissance manifestement demeurée inactive.
On ne lui fait, certes, aucun reproche direct, mais il est clair que lorsqu’on considère tout ce qui va mal dans le monde, nos prières donnent l’impression que l’on parle à un mur. Jamais le moindre progrès dans le monde, jamais le plus petit exaucement, Dieu semble ne rien voir de toutes ces insuffisances du monde qui nous aveuglent pourtant. Nous lui parlons comme de petits enfants dépendant de leurs parents et qui attendent évidemment tout de leur intervention bienveillante.
Nos prières d’intercession-universelles semblent adressées à un « Père tout-puissant créateur du ciel et de la terre » qui pourrait tant faire et qui fait si peu, qui pourrait tout voir et qui regarde si mal, auquel il faudrait constamment rappeler ce dont nous avons pourtant si évidemment un urgent besoin.

Dieu est en nous, sa présence agit par nous. Il est plus que nous mais il n’agit pas sans nous. Les théologiens disent qu’il est le Saint Esprit : le Souffle qui se mêle à notre propre souffle pour que nos poumons se gonflent de la force et du courage que Dieu crée en nous, pour affronter les forces maléfiques destructrices d’espérance et de vie, pour que les paroles que nous prononçons soient porteuses du dynamisme divin et de sa créativité. Dieu est aussi comme le Fondement divin dans lequel nous sommes enracinés comme des plantes dans un terreau nourricier.
Dieu est le créateur et le garant de la vie qui nous anime comme elle anime tous les hommes, chacun selon sa nature et sa culture, tous les animaux et les plantes. Les minéraux peut-être aussi, qui sait ?
Il est la Parole qui s’exprime en nous en se mélangeant à nos propres paroles en un incognito permanent. Que nous en soyons conscients ou non, sourdement, il réoriente notre esprit dans une direction positive, il nous suggère ce que l’on peut penser et dire dans les circonstances qui sont les nôtres. Il fait venir en nous des pensées de paix et de fraternité lorsque l’amertume et l’agressivité débordent dans nos cœurs, des attitudes créatrices pour imaginer et mettre en œuvre, à notre niveau et dans notre milieu, avec les autres hommes de bonne volonté, les mouvements novateur d’un monde meilleur ici, maintenant et pour l’avenir.

On ne peut pas voir Dieu, tout le monde le sait bien. Mais on ne peut pas non plus l’entendre et on ne peut pas décider que notre parole est sa Parole. C’est après coup que l’on peut reconnaître que c’était bien Lui qui était là.
Lorsqu’un élan fraternel nous a ouvert à un prochain, c’est lui qui était dans les mots que nous avons prononcés et le geste que nous avons fait.
Lorsque malgré tout ce qui nous attendait, nous avons réussi à nous lever et à marcher sur un chemin pourtant bien noir, c’est sa force qui a affermi la nôtre.
Lorsque nous avons trouvé le mot juste et le sourire amical pour notre prochain en mal de vivre, c’est lui qui nous l’a soufflé.
Lorsque les médecins ont trouvé les thérapies qui améliorent désormais tellement le traitement des enfants leucémiques, d’autres cancers, du sida et de quantités de maladies également terribles, c’est lui qui a mis en eux la ténacité et l’intelligence de réussir.
Lorsque les techniciens ont conçu les IRM, scanner, doppler et autres explorations médicales qui participent à augmenter considérablement notre espérance de vie, c’est lui qui leur a suggéré la maîtrise de leur science.
Lorsque les hommes politiques conçoivent des lois protégeant les plus faibles : RSA, arrêt des expulsions en hiver, gratuité des soins dans les hôpitaux, lorsqu’ils s’associent avec les responsables d’autres pays pour tenter de limiter les catastrophes financières en Grèce ou ailleurs, les exactions de Boko Aram ou les menaces de Poutine, c’est Dieu qui joint dans la mesure du possible son Esprit d’amour universel à l’esprit des hommes de bonne volonté.

C’est pourquoi il est injuste et immérité de prétendre suggérer à Dieu dans nos prières qu’il ferait bien de s’occuper davantage des points qui nous paraissent pourtant urgent et de lui laisser penser que nous le rendons seul responsable du mal et des souffrances de notre monde. Il nous répondrait à juste titre que nous ne devons pas lui attribuer des tâches et des responsabilités qui nous incombent et dont, d’ailleurs, il nous a rendus capables.
La prière renonce dès lors à ses cascades de demandes et se fait plutôt méditation : attitude de calme, suscitée peut-être par une lecture biblique, où l’on prend conscience de la force de vie cosmique qui nous anime, nous rend participant à toutes les autres vies du monde, proches et lointaines et renouvelle en nos cœurs  l'amour et la créativité dynamique que Jésus-Christ nous a fait connaître. Volonté de Dieu que chacun, comme dit le prophète, puisse demeurer « sous sa vigne, sous son figuier et boire l’eau de sa propre citerne » (Esaïe 36.17)

 

 

 

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