Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Hébreu biblique

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Roger Parmentier

Articles

La Bible « actualisée »

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 

JULIAN MELLADO

Textos en español

Textes en français

 

Giacomo Tessaro

Testi italiani

Textes en français

Croire aujourd'hui

 

 

Vous avez dit « culpabilité »

 

 

Gilles Castelnau

           

 

27 août 2014

Genèse 6. 5-13
L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre, et que toutes les pensées de leur cœur se portaient chaque jour vers le mal.
L'Éternel regretta d'avoir fait l'homme sur la terre, et il s’en affligea.
Et l'Éternel dit : J'exterminerai de la face de la terre l'homme que j'ai créé, depuis l'homme jusqu'au bétail, aux reptiles, et aux oiseaux du ciel ; car je regrette de les avoir faits.
[...]
La terre était détruite devant Dieu, la terre était pleine de violence.
Dieu regarda la terre, et voici, elle était détruite; car toute chair avait détruit sa voie sur la terre.
Alors Dieu dit à Noé: La fin de toute chair est arrêtée par devers moi; car ils ont rempli la terre de violence; voici, je vais les détruire avec la terre.

Genèse 8.20
Noé bâtit un autel à l'Eternel ; il prit de toutes les bêtes pures et de tous les oiseaux purs, et il offrit des holocaustes sur l'autel. L'Éternel sentit une odeur apaisante, et il se dit en lui-même :
Certes, le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse, mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait. Tant que la terre durera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver, le jour et la nuit ne cesseront pas.

Genèse 9.12
Et Dieu dit : Voici le signe de l'alliance que j'établis entre moi et vous, et tous les êtres vivants qui sont avec vous, pour toutes les générations à toujours : j'ai placé mon arc-en-ciel dans la nuée pour qu’il serve de signe d'alliance entre moi et la terre. Quand je ferai apparaître des nuages au-dessus de la terre et qu’on verra l’arc-en-ciel dans la nuée, je me souviendrai de mon alliance entre moi et vous, et tous les êtres vivants, de toute chair, et les eaux ne deviendront plus un déluge pour détruire toute chair. L' arc-en-ciel sera dans la nuée et je le regarderai pour me souvenir de l'alliance perpétuelle entre Dieu et tous les êtres vivants, de toute chair qui sont sur la terre.

 

Les pensées du cœur de l'homme sont mauvaises dès sa jeunesse


Nous sommes en 587 av. J.C., le féroce Nabuchodonosor, roi de Babylone
vient d’envahir Israël. On a égorgé les deux fils du roi Sédécias sous ses yeux puis on lui a crevé les yeux. Israël a été déporté à Babylone et ce fut l’horreur.
Les Juifs, arrivés entre le Tigre et l’Euphrate sous la loi babylonienne étaient bouleversés et déstabilisés : comment Dieu permettait-il un tel mal ?
Et d’ailleurs comment peut-on comprendre que tous ces Babyloniens vivent dans le péché comme ils le font : ils sont citoyens d’une société de violence et d’impérialisme sans respect humain. Ils ne mangent pas cacher, ne font pas shabbat, ne disent pas les prières…

- On chantait le Psaume 137 : Ah ! Babylone, heureux celui qui fracassera tes enfants sur les rochers 
- On racontait à Babylone l’Épopée de Gilgamesh : les Dieux avaient, dans des temps très anciens, voulu détruire les hommes et avaient fait le Déluge. Une variante du récit, celle dite d'Atrahasis, expliquait qu'Ils ne supportaient plus le bruit des hommes qui les dérangeait dans leur tranquillité. Ils n’avaient épargné qu’un homme, que l’on nommait Uta-Napishtim.
Ce récit a été retrouvé au 19e siècle dans la bibliothèque du roi assyrien Assurbanipal et se trouve au British Muséum.
-  Les rabbins hébreux ont été choqués par la manière dont l’Épopée de Gilgamesh présentait les choses et ils ont réécrit l’histoire (Genèse 6 à 9) : D’abord il n’y a qu’un Dieu qui est Yahvé. Ensuite ce n’est pas le bruit que font les hommes qui a provoqué le Déluge mais leur violence, le mal qu’ils font sans cesse.

La terre était pleine de violence…
L'Éternel vit que la méchanceté des hommes était grande sur la terre
et que les pensées de leur cœur se portaient chaque jour vers le mal...

Certes il y a la violence et l'impiété des Babyloniens. Mais il n'y a pas les « méchants » et les « gentils ». D'ailleurs nous-mêmes, les Juifs, ne méritons pas mieux. Certains disaient même que nous avions été abandonnés par Dieu et déportés à Babylone à cause de notre culpabilité.
Le prophète Amos n'avait-il pas déjà critiqué notre façon de vivre :

Nous diminuerons la mesure, nous augmenterons le prix,
Nous falsifierons les balances pour tromper
Nous achèterons les misérables pour de l'argent,
le pauvre pour une paire de sandales (Amos 8)

Tout va mal. Tous pourris. A jeter à la poubelle !

L'Éternel regretta d'avoir fait l'homme.

Le mot hébreu employé est justement chakhat : tout pourri, bon pour la poubelle.

La terre était pleine de violence, elle était. chakhat devant Dieu.
Dieu regarda la terre, et voici, elle était chakhat
car toute chair avait chakhat sa voie sur la terre.
Alors Dieu dit à Noé :
J’ai décidé la fin de toute chair car ils ont rempli la terre de violence ;
Voici, je vais les chakhat avec la terre.
Certes, le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse

Aujourd’hui aussi nous entendons dire :

« Tous pourris, tout va mal »
« Quand on voit ce qu’on voit et qu’on sait ce qu’on sait, on a raison de penser ce qu’on pense ! »

Il est impossible de vivre, ne serait-ce une journée, en évitant tout conflit, tout mal.

A l’école si on ne veut pas être souffre-douleur dans la cour de la récréation il ne faut pas se laisser faire, il faut entrer dans la bagarre

Dans la vie active on assume quantités de petites violences, de dominations sourdes, d’injustices que l’on subit et que l’on commet. On est bien obligé de se défendre pour réussir dans sa profession.

On achète des vêtements, des jouets bon marchés à des pays qui font travailler et maltraitent des enfants. Nous sommes citoyens de pays qui vendent des armes de guerre.

On participe qu’on le veuille ou non à une société  qui pollue l’air, la terre et les océans et qui provoque un réchauffement climatique qui va produire des effets désastreux.

Nous participons à une société qui laisse trop de gens sur le bord de la route. Il y a trop de défavorisés qui n’y arrivent plus et qui vont aux Restaurants du cœur. Il y a trop de monde dans nos prisons.

Dans la vie sentimentale on est parfois obligé de faire couler des larmes lorsqu’on sent qu’on doit se refuser à une histoire d’amour qui ne mènerait à rien.

On trouve quelque fois, et à juste titre, les églises agaçantes d’être constamment focalisées sur la dénonciation du mal, les interdictions multiples et leur sempiternelle confession des péchés !

Mais ce ne sont pas seulement les églises : le journal télévisé souligne quotidiennement les drames et les malheurs que le mal universel provoque. 
Les gens en rajoutent :

il y a trop de divorcés,
les adolescents sont insupportables,
les couples ne se marient plus et
ce sont les homosexuels qui veulent se marier,
la drogue envahit tout,
les gens fraudent le fisc,
les députés sont tous pourris,
les financiers jouent avec l’argent et le dévoient,
les patrons délocalisent et créent du chômage.

J’ai demandé à un groupe de 10 jeunes d’une quinzaine d’années quel était leur avis sur le mal dont ils pouvaient se rendre coupables.

Tous les dix ont été d’accord pour dire que le plus grave était le racisme et l’antisémitisme.
6 ont dit que c’était être égoïste, mentir et voler.

Le moins grave pour 7 d’entre eux était la pollution automobile ou de l’industrie.
Pour 5, être négatif et pessimiste dans ses propos.    
Pour 4 il n’était pas non plus très grave de ne pas bien travailler
Et pour 3 de se droguer, d’être alcoolique, de fumer trop, de négliger ses dons de créativité.

Et pourtant ces « fautes » qu’ils minimisent ne sont pas sans gravité !

Ceci étant, nous cherchons bien évidemment à vivre avec tout cela :

On n’y peut rien, c’est ainsi la vie, Julie !
Tout le monde fait cela. Les autres sont pires que moi
Et puis de toutes façons il est naturel d’écouter ses désirs, de se faire plaisir.
D’ailleurs on compense le mal avec du bien comme Noé offrait des sacrifices de bonne odeur : on fait des lois sociales, le RSA, les Restaurants du Cœur, la Cimade, les services d’entraide.

Les églises n’ont peut-être tout de même pas tort de rappeler la Loi d’amour fraternel de Dieu !

 

Et malgré tout cela, dit le texte, Dieu sourit quand même à l’humanité.
         
Dieu sait ce que nous sommes :

Le cœur de l’homme est porté au mal dès sa jeunesse,
 mais plus jamais je ne frapperai tous les vivants comme je l’ai fait.
Tant que la terre durera, les semailles et la moisson, le froid et la chaleur, l'été et l'hiver,
 le jour et la nuit ne cesseront pas.

Saint Paul disait :

C'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi.
Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu.
(Éphésiens 2.8)

Le théologien Paul Tillich aimait cette formule : 

« Il nous faut accepter d'être acceptés tout étant sans doute inacceptables. »

On peut arrêter de se démoraliser à cause de l’état lamentable du monde et accepter la réalité des choses.

Méditer le monde avec le regard de Dieu qui n’est justement pas culpabilisant mais souriant :
Quand la pluie du Déluge menace car « tout est chakhat », « tous pourris », quand le mal environne, domine, angoisse, révolte, sachons voir l’« arc-en-ciel » que Dieu a mis dans la nuée et qu’il regarde dans sa grâce.

 

Le pasteur Michel Wagner a dit :

Au chevet des malades et des agonisants, je prie ;
avec tous les opprimés et les torturés, je crie.
avec tous les passionnés, je cherche et les lutteurs je milite.
car il vient, celui qui désarme les résignations et suscite les responsabilités.

Le pasteur William Booth, fondateur en 1865 de l’Armée du Salut :

Tant que des femmes pleureront, je me battrai,
Tant que des enfants auront faim et soif, je me battrai,
Tant qu'il y aura un alcoolique, je me battrai,
Tant qu'il y aura dans la rue une fille qui se vend, je me battrai.
Tant qu'il y aura des hommes en prison,
et qui n'en sortent que pour y retourner, je me battrai,
Tant qu'il y aura des victimes d'attentats aveugles, je me battrai.
Tant qu'il y a aura un fanatique qui blasphème le nom de Dieu, je me battrai.
Tant qu'il y aura un être humain ou un peuple humilié sur terre, je me battrai.
Tant qu'il y aura un être humain privé de la lumière de Dieu, je me battrai.

Vivons donc en paix, tels que nous sommes, sourions donc à la vie, dans ce monde que Dieu a tant aimé et faisons paisiblement et courageusement le bien sous l’arc-en-ciel qui est dans la nuée.

 

 

Retour vers "croire aujourd'hui"
Retour vers "Pâques"
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.