Que peut-on croire aujourd'hui ?
Vous avez dit « athéisme »
Gilles
Castelnau
- « Vous avez
raison : moins on a de religion mieux on
vit et plus on est sympathique ».
Je me suis surpris à lâcher cette phrase à un
voisin musulman attablé devant une bière au café
du coin.
A ma remarque souriante au sujet de cette
bière, il avait répliqué :
- « Mais je n’ai pas de
religion ».
Mon « apostasie » mettait-elle en
question mes décennies de ministère pastoral
pourtant convaincu ?
Peut-être pas.
Les salafistes qui tuent et fouettent pour
plaire à Dieu, les évangéliques fondamentalistes
et les catholiques intégristes qui enseignent
que Dieu voue à l’enfer ceux qui sortent des
rails officiels ne seraient-ils pas plus humains
et fraternels s’ils avaient moins de
« religion » ?
L’« athéisme » souriant d’André
Comte-Sponville, le dévouement des bénévoles du
Secours Populaire, de la Cimade ou d’Amnesty
International dont l’humanisme et l’accueil sans
condition de ceux qui souffrent ne
participent-ils pas davantage que bien des
« croyants » radicaux à l’incarnation
du Royaume de Dieu que Jésus nous a fait
connaître ?
Les Pays-Bas, le Royaume Uni et d’autres pays
du nord admettent dans l’armée, les prisons et
les hôpitaux des aumôniers
« humanistes » (on ne dit pas
« athées ») dont les relations avec
les aumôniers catholiques ou protestants sont
fraternelles et détendues. N’ont-ils pas
raison ?
Et ne devrions-nous pas penser à redistribuer
les cartes de nos Églises et institutions
religieuses en constatant qu’en vérité, ce n’est
pas en disant « Dieu »,
« foi », Jésus-Christ, Adonaï ou
Mohamed, « athéisme » ou
« agnosticisme » que l’on définit une
spiritualité mais en prenant conscience de notre
dynamisme créateur, de notre esprit de
fraternité, de notre humanisme.