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Qui est et qui était

Jésus-Christ

 

 

Dietrich Bonhoeffer

cours de christoloigie à Berlin - 1933

 

5 octobre 2013

4e de couverture

A l’âge de 27 ans, Dietrich Bonhoeffer donna un cours sur Jésus-Christ à la Faculté de théologie de Berlin qui rassembla plus de deux cents auditeurs. Traduit pour la première fois sur la base des cahiers originaux d'étudiants, Ce cours représente une introduction magistrale du futur grand théologien à une christologie radicale.
Tout au long des thèses théologiques qui la construisent, Dietrich Bonhoeffer traque les innombrables compromissions qui tentent de chercher la nature ou la substance divine du Christ ailleurs que dans la réalité de l'homme abaissé et élevé. Il ne s’agit pas de savoir comment la personne du Christ unit l'humanité et la divinité, mais qui est Jésus-Christ pour moi.
Formé à l'école de Harnack et de Barth, le Bonhoeffer de cette christologie est peu connu du lecteur francophone de Résistance et soumission ou De la vie communautaire. Ce livre permet de rencontrer ainsi un penseur dans les premières phases d'un parcours qui fera de lui une figure marquante de la théologie allemande et de la résistance jusqu'à la mort au nazisme.

 

Dietrich Bonhoeffer est né en 1906 à Breslau. Docteur en théologie à l'âge de 21 ans, il manifeste dès le printemps 1933 son opposition aux mesures antisémites du régime nazi. Interdit d'enseignement et de prédication, il est arrêté par la Gestapo en 1943, puis exécuté au camp de concentration de Flossenbürg le 9 avril 1945.
Dietrich Bonhoeffer est l'auteur de plusieurs ouvrages majeurs, dont Résistance et soumission (Labor et Fides 2006) et Vivre en disciple (Labor et Fides, 2009)

Traduit de l'allemand par Jean-MarcTétaz
Préface : Henry Mottu
Postface : Jean-Marc Tétaz

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Ce livre est difficile d’accès au lecteur peu habitué à lire de la théologie allemande ; en voici un grand passage qui donnera une idée de l’ensemble. (G.C.)

 

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page 100

Christologie positive

 

Celui - qui - e s t - devenu-homme

Qui est ce Dieu ? Il est Celui-qui-est-devenu-homme comme nous sommes devenus hommes. Il est totalement homme. C'est pourquoi rien de ce qui est humain ne lui fut étranger. L'homme que je suis, Jésus-Christ l'a aussi été. De cet homme Jésus-Christ nous disons qu'il est Dieu. Cela ne signifie pas que nous sachions déjà auparavant qui est Dieu. Cela ne signifie pas non plus que l'énoncé « cet homme est Dieu » ajoutât quelque chose à son humanité. Dieu et l'homme ne sont pas pensés ensemble à l'aide d'un concept de nature. L'énoncé « cet homme est Dieu » a un tout autre sens. L'être-Dieu de cet homme n'est pas quelque chose qui vient en plus de l'être-homme de Jésus-Christ. Ce n'est pas un continuum dans lequel Jésus-Christ trouve encore tout juste sa place ; cet énoncé « cet homme est Dieu » est la verticale venue d'en haut (die Vertikale von oben), l'énoncé atteignant l'homme Jésus-Christ, un énoncé qui n'enlève ni n'ajoute rien, mais qui qualifie comme Dieu l'homme tout entier. C'est le jugement de Dieu sur cet homme ! C'est la Parole de Dieu qui qualifie cet homme Jésus-Christ comme Dieu. Mais la différence essentielle est que, ici, c'est la Parole de Dieu venue d'en haut qui est elle-même en Jésus-Christ. Parce que Jésus est le jugement de Dieu sur soi, il fait signe en même temps vers soi et vers Dieu.

Ainsi, la tentative d'unir ensemble deux données (Gegebenheiten) isolées préexistantes est définitivement repoussée. Jésus, l'homme, est cru comme Dieu, justement en tant que celui qui est homme, et non malgré son humanité ou par-delà son humanité. C'est sur l'homme Jésus-Christ que s'enflamme la foi. Jésus-Christ est Dieu non dans une nature divine, il est au contraire Dieu seulement dans la foi, il ne l'est donc plus d'une manière qu'on trouverait au préalable (vorfindlich), descriptible. S'il faut décrire Jésus-Christ comme Dieu, on ne doit pas parler de sa toute-puissance et de son omni-science, mais de sa crèche et de sa croix. Il n'y a pas une « essence Divine » comme la toute-puissance ou l'omniprésence.

On trouve l'un à côté de l'autre les récits sur la naissance et sur le baptême. Dans le récit de la naissance, tout se concentre sur Jésus lui-même, dans le récit du baptême, tout se concentre sur le Saint-Esprit qui vient de Dieu. La difficulté à penser ensemble les récits de la naissance et du baptême est due à la doctrine des deux natures. Si on la laisse de côté, il est question une fois de l'être de la Parole de Dieu en Christ et une fois de la venue de la Parole de Dieu en Christ. L'enfant dans la crèche est Dieu. La vocation au moment du baptême est la confirmation de ce qui s'est produit d'abord. S'il faut parler de l'homme Jésus-Christ comme de Dieu, on ne doit alors pas parler de lui comme du représentant d'une Idée de Dieu, c'est-à-dire dans sa propriété comme l'omniscience, la toute-puissance, mais de sa faiblesse et de sa crèche.

On ne doit pas parler du devenir-homme de Dieu, mais de Celui- qui-est-devenu-homme. Car l'autre est une question « comment » Celle-ci se trouve surtout dans l'ancienne doctrine dogmatique de la naissance virginale. Le témoignage biblique sur la naissance virginale est incertain. Si le témoignage biblique devait vraiment restituer le fait (Faktum), le manque de clarté dogmatique sur ce point n'aurait pas d'importance. Mais la doctrine de la naissance virginale doit donner son expression au devenir-homme divin. Ne passe-t-on pas ici à côté du point décisif du devenir-homme, à savoir que Jésus est devenu comme nous ? Cette question reste ouverte parce qu'elle est ouverte dans la Bible.

Le Dieu devenu homme est le [Dieu] glorieux. Dieu se glorifie dans l'homme. C'est le dernier secret de la Trinité. « Dès maintenant et jusque dans l'éternité », Dieu se voit comme Celui-qui-est- devenu-homme. La glorification de Dieu dans l'homme est en même temps la glorification de l'homme lui-même, qui doit avoir la vie dans l'éternité avec le Dieu trinitaire. Il n'est donc pas juste de considérer le devenir-homme de Dieu comme le jugement sur l'homme. Dieu reste en effet homme après le jugement. Le devenir- homme de Dieu est le message de Dieu portant sur la glorification de Dieu qui trouve son honneur à être dans la figure d'un homme.

Le devenir-homme signifie d'abord seulement la révélation du Créateur dans la créature. Il est faux de dériver le devenir-homme de Dieu à partir d'une Idée, par exemple à partir de l'Idée trinitaire. Si nous parlons du devenir-homme de Dieu comme de la glorification, ce n'est pas de l'Idée spéculative de Dieu qu'il s'agit. Toute Idée de Dieu dans laquelle la doctrine du devenir-homme est fondée spéculativement est impossible parce que la relation du Créateur à la créature est pensée comme une relation nécessaire.

Pourquoi est-ce que cela sonne de façon si invraisemblable et étrange à nos oreilles ? Parce que le devenir-homme de Dieu en Jésus-Christ n'est pas la glorification visible de Dieu, parce que Celui-qui-est-devenu-homme est le Crucifié.

 

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