Protestants dans la Ville

Page d'accueil    Liens    

 

Gilles Castelnau

Images et spiritualité

Libres opinions

Spiritualité

Dialogue interreligieux

Généalogie

 

Claudine Castelnau

Nouvelles

Articles

Émissions de radio

Généalogie

 

Libéralisme théologique

Des pasteurs

Des laïcs

 

Réseau libéral anglophone

Renseignements

John S. Spong

 


Introduction à l'Ancien Testament

Introduction au Nouveau Testament

 

 

 

Années 100-110

 

Épîtres de Jean


 

31 août 2012

L’épître commence par un prologue qui rappelle celui de l’Évangile de Jean :

1 Jn 1.1-4
Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie, car la vie a été manifestée, et nous l'avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée, ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ. Et nous écrivons ces choses, afin que notre joie soit parfaite. La nouvelle que nous avons apprise de lui, et que nous vous annonçons, c'est que Dieu est lumière, et qu'il n'y a point en lui de ténèbres.

Jn 1.1-4
Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. Elle était au commencement avec Dieu. Toutes choses ont été faites par elle, et rien de ce qui a été fait n'a été fait sans elle. En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes. 

Mais le commencement n’est pas le même. Dans l’évangile il désignait le commencement du monde alors que dans l’épître il s’agit du commencement du ministère de Jésus.
La Parole (en grec le Logos), était dans l’Évangile le Souffle créateur du monde alors que dans l’épître elle représente le message de la vie.
La lumière était dans l’Évangile la parole incarnée alors que dans l’épître la lumière est Dieu.
Quant au conflit qui est dénoncé dans le corps de l’épître il est le fait d’opposants à l’intérieur même de l’Église alors que dans l’Évangile il provient des Juifs.

Il est clair que l’épître a été écrit largement après l’évangile, sans doute entre 100 et 110.

 

 

Les opposants

 

Certes l’Évangile de Jean avait tendance à diviniser le Christ :

Jean 10.30-33
Moi et le Père nous sommes un.
Alors les Juifs prirent de nouveau des pierres pour le lapider.
Jésus leur dit : Je vous ai fait voir plusieurs bonnes œuvres venant de mon Père : pour laquelle me lapidez-vous ?
Les Juifs lui répondirent : Ce n'est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, mais pour un blasphème, et parce que toi, qui es un homme, tu te fais Dieu.

Mais il soulignait très fortement l’humanité de Jésus :

Jean 1.14
Et la parole a été faite chair

Jean 4.6
Jésus, fatigué du voyage, était assis au bord du puits.

Jean 11. 35-36
Jésus pleura (sur la mort de son ami Lazare). Sur quoi les Juifs dirent : Voyez comme il l'aimait.

 

 Par contre les opposants mentinnés dans l'épître divinisent le Christ à la manière du gnosticisme ( 1 ) au point de ne plus voir en lui le Fils ou l'homme Jésus :

1 Jn 2.22-23
 Qui est menteur, sinon celui qui nie que Jésus est le Christ ? Celui-là est l'antéchrist, qui nie le Père et le Fils. Quiconque nie le Fils n'a pas non plus le Père ; quiconque confesse le Fils a aussi le Père.

1 Jn 4.2-3
Reconnaissez à ceci l'Esprit de Dieu : tout esprit qui confesse Jésus-Christ venu en chair est de Dieu ; 3 et tout esprit qui ne confesse pas Jésus n'est pas de Dieu, c'est celui de l'antéchrist, dont vous avez appris la venue, et qui maintenant est déjà dans le monde.

L’épître recadre une lecture déviante de l’Évangile. Son auteur y rappelle notamment, contre les gnostiques, la grande idée de l’évangéliste Jean que le sang du Christ ôte le péché du monde :

1 Jn 1. 7-10
Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché.
Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n'est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n'avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n'est point en nous.

1 Jn 2.1-2
Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père, Jésus-Christ le juste. Il est lui-même une victime expiatoire pour nos péchés, non seulement pour les nôtres, mais aussi pour ceux du monde entier.

 

Le conflit semble avoir été dramatique : l’auteur de l’épître ne plaisante pas avec l’orthodoxie de la pensée :

1 Jn 2.18-19
Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c'est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres ; car s'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu'il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres.

 

 

L’amour

Cette virulence de la polémique et l’exclusion violente de ceux qui sont  présentés comme de véritables antéchrists fait contraste avec les magnifiques paroles d’amour de l’épître :

 

1 Jn 4.7-21
 Bien-aimés, aimons nous les uns les autres ; car l'amour est de Dieu, et quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu, car Dieu est amour. [...]
Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. Bien-aimés, si Dieu nous a ainsi aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Personne n'a jamais vu Dieu ; si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, et son amour est parfait en nous. [...]
Et nous, nous avons connu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru. Dieu est amour ; et celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui. [...]
La crainte n'est pas dans l'amour, mais l'amour parfait bannit la crainte ; car la crainte suppose un châtiment, et celui qui craint n'est pas parfait dans l'amour. Pour nous, nous l'aimons, parce qu'il nous a aimés le premier. Si quelqu'un dit : J'aime Dieu, et qu'il haïsse son frère, c'est un menteur ; car celui qui n'aime pas son frère qu'il voit, comment peut-il aimer Dieu qu'il ne voit pas ? Et nous avons de lui ce commandement : que celui qui aime Dieu aime aussi son frère.

 

 

.

 

2e et 3e épîtres de Jean

 

 

Ces deux petites épîtres se situent dans la même ligne théologique et reflète la même lutte contre les « opposants » :

2 Jn 5-7
Ce que je te demande, Kyria, non comme te prescrivant un commandement nouveau, mais celui que nous avons eu dès le commencement, c'est que nous nous aimions les uns les autres. Et l'amour consiste à marcher selon ses commandements. C'est là le commandement dans lequel vous devez marcher, comme vous l'avez appris dès le commencement.
Plusieurs séducteurs sont entrés dans le monde, qui ne confessent point que Jésus-Christ est venu en chair. Celui qui est tel, c'est le séducteur et l'antéchrist.

 

Les opposants étaient effectivement présents dans la première épître, en relation de polémique avec la communauté et l’auteur développait contre eux des arguments théologiques :

1 Jn 2.18-19
 Petits enfants, c'est la dernière heure, et comme vous avez appris qu'un antéchrist vient, il y a maintenant plusieurs antéchrists : par là nous connaissons que c'est la dernière heure. Ils sont sortis du milieu de nous, mais ils n'étaient pas des nôtres ; car s'ils avaient été des nôtres, ils seraient demeurés avec nous, mais cela est arrivé afin qu'il soit manifeste que tous ne sont pas des nôtres.

Par contre la 2e épître montre ces opposants en train d’arriver et l’auteur se borne à dire qu’il ne faut pas les laisser pénétrer la communauté :

2 Jn 10-11
Si quelqu'un vient à vous et n'apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison, et ne lui dites pas : Salut ! car celui qui lui dit : Salut ! participe à ses mauvaises œuvres.

 

.

 

Dans la 3e épître la situation est inversée. C’est un certain Diotrèphe qui interdit l’accès de sa communauté à d’excellents prédicateurs johanniques comme Démétrius malgré les instructions de l’auteur qui en appelle à Gaïus :

L'ancien, à Gaïus, le bien-aimé, que j'aime dans la vérité [...]
Nous devons donc accueillir ces hommes, afin d'être ouvriers avec eux pour la vérité. J'ai écrit quelques mots à l'Église mais Diotrèphe, qui aime à être le premier [...] ne reçoit pas les frères, et ceux qui voudraient le faire, il les en empêche et les chasse de l'Église. […] Pourtant tous, et la vérité elle-même, rendent un bon témoignage à Démétrius ; nous aussi, nous lui rendons témoignage, et tu sais que notre témoignage est vrai.

 

Dans ces deux épîtres, on n’est donc plus dans le cadre d’une réflexion théologique mais dans celui de l’excommunication d’hérétiques venant perturber une saine orthodoxie.

Il est difficile de savoir si l’une de ces deux petites épîtres a été écrite avant ou après l’autre.

__________

 

( 1 )   Le gnosticisme était un mouvement né précisément au 1er siècle de notre ère dans des milieux spiritualistes enseignant que le salut vient de la « connaissance » (gnose signifie connaissance) de la divinité malheureusement emprisonnée en l'homme dont la chair physique est comme la gangue entourant l'or d'une pépite. L'homme est « sauvé » lorsqu'il prend conscience qu'il appartient au monde d'en haut, de la lumière, de la pureté, de la vérité que le Christ est précisément venu nous révéler.

 

 

Retour
Retour vers Introduction au Nouveau Testament
Vos commentaires et réactions

 

haut de la page

 

a conversio  

 

Les internautes qui souhaitent être directement informés des nouveautés publiées sur ce site
peuvent envoyer un e-mail à l'adresse que voici : Gilles Castelnau
Ils recevront alors, deux fois par mois, le lien « nouveautés »
Ce service est gratuit. Les adresses e-mail ne seront jamais communiquées à quiconque.